essentiellement matérialiste. On pourrait faire l'histoire de son origine, de ses développemens et de ses conséquences. C'est le principe em- ployé par Lucrèce et toute l'antiquité païenne pour démontrer la nécessité de la matière et l'é- ternité du monde. Par ses conséquences il de- vait plaire à Spinoza, mais par ses origines il semble qu'il lui fut interdit de s'en servir. Ce principe, en effet est tiré de la loi môme qui règle les générations dans l'ordre de la na- ture, où il est très-certain que rien ne se fait de rien, en ce sens que chaque chose a son germe. C'est donc un principe fourni par le spectacle des causes particulières et finies, et qui, jusqu'à preuve du contraire, ne vaut que pour les êtres finis et contingents, un principe qui d'ailleurs ne nous dit rien des âmes, et que Leibniz met au défi d'expliquer les modes de la substance, explication devenue cependant bien nécessaire dans un système qui ne voit partout que de tels modes. Mais comment Spinoza, qui rejette dédai- gneusement le secours de l'expérience et ne veut pas de la considération des causes secon-