Telles sont les fortes paroles par lesquelles Leibniz conclut sa critique des attributs hété- rogènes mis en Dieu pour être l'expression de sa nature. Dieu, suivant Spinoza, avait deux attri- buts qui l'expriment. L'un est tombé, l'autre demeure. La pensée a encore une fois triomphé de l'étendue. Spinoza, cependant, ne renonce pas à composer le monde et si vous lui demandez La création est-elle possible, il vous répondra qu'elle est nécessaire. Si l'on cherche quelle est la tendance philosophique de Spinoza au sujet de la création, c'est évidemment de reléguer parmi les fictions l'idée d'une création tirée du néant, en vertu du principe Exuihilo nihil. Le fameux Scholie de la Proposition XV, qui en dernière analyse, a pour but de prouver que l'essence de la matière enveloppe son existence, prend une forme polémique insultante qui ne revient que dans les momens décisifs, et trahit, en même temps que les préoccupations du Kab- baliste, le secret et l'effort du Logicien. Voici dans quelle alternative se trouvait Spi- noza. Le principe ex nihilo nihil est un principe