Home Plain text
Text mode Audio mode
page XI (screen 20 of 196)
Next page Previous page  
  Last page First page


et si délicate de l'étendue quand on en retran-
che toutes les déterminations, ce qui reste c'est
quelque chose de très-vil et d'incomplet, une
pure abstraction et non pas l'Infini.

Or, Spinoza est forcé d'en retrancher toutes
les déterminations pour en faire un attribut de
Dieu, car dans sa philosophie, toute détermina-
tion est purement négative, et l'attribut, au
contraire, doit être une affirmation absolue.
Maintient-il la distinction de la pensée et de l'é-
tendue, il détermine aussitôt l'étendue à une
certaine manière d'être in certo eniis génère
consislit: alors il est Cartésien, mais il doit l'être
jusqu'au bout et ne pas mettre en Dieu l'étendue.
Veut-il, au contraire, à force d'indétermina-
tion, faire entrer l'étendue dans la notion de la
substance avec la pensée, cette indétermination
même la fait évanouir alors il n'est plus Carté-
sien, mais ce qu'il met en Dieu ou rien, c'est la
même chose.

Que Spinoza renonce donc, enfin, à cet attri-
but qui n'exprime rien; un étendu infini n'est
rien que d'imaginaire; im être pensant, infini,
c'est Dieu lui-même.
Text mode Audio mode
page XI (screen 20 of 196)
Next page Previous page  
  Last page First page
Home Plain text