que l'esprit soit forcé, s'il s'élève au-dessus de la quantité divisible et finie de la quantité imagi- naire, d'accorder à l'étendue les caractères de l'Éternité et de l'Infinité. Quant à l'imperfection que vous lui reprochez, elle suit de sa nature, donc elle ne saurait l'altérer. » C'est ici qu'avec une originalité merveilleuse, Leibniz lui oppose le plus subtil travail de sa métaphysique sur la matière et sur l'étendue. Spinoza met en Dieu l'étendue Ce n'est pas, nous dit Leibniz, qu'il veuille faire son Dieu corporel. Nullement, il veut seulement qu'il en- veloppe la substance étendue; etilfait de cette dernière un attribut infini de Dieu Mais, d'abord, l'étenduen'est pas une substance; l'é- tendue seule est quelque chose d'incomplet, une pure puissance, ce qu'Aristote appelle tPwafuxèv itfceloti, rfaBifliicèr itçûolav ce que moi
j'appelle Matière première.
Est-ce là ce dont Spinoza entend faire un at-
tribut infini de Dieu? a Je réponds que l'éten-
1 Voir Schol. de la Prop. XV et Lettre 72, où il avoue 'qu'il
n'a pas encore pu mettre en ordre ses pensées sur ce sujet, et cela
en 1676, une année avant sa mort.