MANETTE SALOMON 6r T. J, 4 y a toujours de l'eau, quand ce n'est pas une boue infecte, et que les femmes sont obligées de marcher sur des patins, et qu'il y a de grosses pierres jetées pour traverser. Tu permets? je lâêhe ma phrase elle s'embourbe dans le paysage. Donc, il y a toujours de l'eau, et dans cette eau, tu com- prends, tout ce carnaval se reflète, et toutes les couleurs tremblent, dansent c'est absolument comme un feu d'artifice tiré sur la Seine que tu verrais dans le ciel et dans la rivière. Et des ba- raques des auvents des boutiques un remuement de kaléidoscope, sans compter ce qui grouille là- dedans, le personnel du pays, des gens qui sont turquoise ou vermillon, des femmes turques, de vrais fantômes avec des bottes jaunes, des femmes grecques avec de larges pantalons, des chemises flottantes, un voile foncé qui leur cache la moitié de la figure, des mendiants. ah! mon cher, des mendiants à leur donner tout ce qu'on a pour les regarder! et puis des bonshommes farces, bar-, dés, bossués, chargés, hérissés de pistolets, de poi- gnards, de yatagans, avec des fusils trois fois grands comme les nôtres (ça me fait penser à la ceinture de l'Albanais qui me sert d'escorte, écoute l'inventaire deux pistolets, un yatagan, deux car- touchières, une machine à enfoncer les balles, un couteau, plus une blague et un mouchoir), un coup de jour là-dessus, et crac! ils prennent feu ils font la traînée de poudre, ils éclairent, avec leur