D2 MANETTE SALOMON revenant au passé, se mirent à causer de leur liai- son, du collége, retrouvant dans leurs souvenirs l'enfance de leur amitié. Il était trois heures du matin quand Coriolis dit à Anatole Ainsi, c'est convenu, tu m'embarques mer- credi. Oui, je viendrai avec Garnotelle. X On était à la fin du déjeuner d'adieu donné par Coriolis à Anatole et à Garndtelle. Le repas avait été triste et gai, cordial et ému. On y avait bu ce coup de l'étrier qui remue le coeur de celui qui part et de ceux qui restent. Dans le petit atelier, de grandes malles noires, pareilles aux malles d'An- glais qui vont au bout du monde, des caisses, des sacs de nuit, des couvertures serrées dans des courroies, même une petite tente de campagne, dont la grosse toile faisait rêver, ainsi qu'une voile au repos, de nuits lointaines et d'autres cieux, toutes sortes de choses de voyage attendaient, prêtes à être chargées sur le fiacre avancé et arrêté déjà devant la porté de la maison. A ce moment la porte s'ouvrit, et il parut sur le seuil une femme poussant devant elle une petite