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MANETTE SALOMON 5l

Oui, j'aï besoin de changer d'air. Ici, je sens

que je ne peux rien faire. J'aime trop Paris, vois-
tu. Ce gueux de Paris, c'est si charmant, si pre-
nant, si tentant Je me connais ^rje me fais peur
Paris finirait par me manger. Il me faut quelque
chose qui me change. du mouvement. Je suis
ennuyé de moi, de ma peinture, de l'atelier, de ce
qu'on nous serine ici. Il me semble que je suis fait
pour autre chose. Après ça, on, croit toujours ça.
Enfin, là-bas, je me figure. je verrai bien si De-
camps et Marilhat ont tout pris, n'ont rien laissé
aux autres. Il y a peut-être encore à voir après
eux. Et puis, je serai seul. c'est bon pour se re-
connaître et se trouver. Les distractions, absence
totale. Plus de dîners de Boissard, plus de sou-
pers, plus de nuits au champagne. Rien! je serai
bien forcé de travailler. Mon brave homme d'oncle
fait les choses très-proprement. Il est enchanté,
tu comprends, de me voir quitter le boulevard. Et
dire que toutes ces idées raisonnables-là, c'est une
femme qui me les a données! mon Dieu, oui.
en me ffanquant à la poxte Ah ça tu m'écriras,
hein? parce qu'une fois là. j'y resterai quelque
temps. Je voudrais revenir avec de quoi étaler,.
devenir quelqu'un quand je remettrai les pieds à
Paris. Tu sais, quand on voit son talent quelque
part. On m'a dit souvent que j'avais un tempé-
rament de coloriste. Nous verrons bien

Et devant l'avenir, la séparation, les deux amis,
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