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48 MANETTE SALOMON

venue. L'on revenait. Sur la route on trouva une

cour ouverte, et dans la cour, des blanchisseuses.

Aussitôt, l'on eut l'idée d'un bal, et l'on organisa,

en plein vent, la salle et la danse avec des chandelles

achetées chez un épicier, et que tenaient dans leurs

mains ceux qui ne dansaient pas. Le modèle avait

apporté un violon ce fut la musique. Mais, au

milieu du quadrille, les garçons du village se ruaient

sur les messieurs qui dansaient. La bataille s'enga~

geait, une bataille sauvage, au milieu de laquelle

Coriolis se jetant, les manches retroussées, couchait

avec son échalas deux des paysans par terre. A la

fin, les garçons battus se sauvaient pour aller cher-

cher du renfort dans le pays. Il n'y avait plus qu'à

partir.

Mais Coriolis s'entêtait à rester. Il traita ses ca-

marades de lâches. Il ramassa des pierres qu'il jeta

dans le cabaret dont il venait de sortir. Il voulait se

battre. Il fallut que ses camarades l'entraînassent

de force. Tous étaient étonnés de sa rage, de ce be-
soin fou qu'il avait des coups.

Comment! tu n'es pas content? lui dit Ana-

tole, ,u n'as rien reçu et tu en as descendu

deux! Ah! tu y allais bien. Moi, j'ai donné Un

joli coup de pied à hauteur d'estomac dans un

grand serin qui m'ennuyait. Mais deux, c'est

très-gentil.

Non, non, répéta Coriolis, des lâches,

les amis! Nous aurions leur donner une tripotée
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