MANETTE SALOMON 4-5 3. manquait jamais de faire la charité d'habitude avec les vieux modèles, ce qu'on ap iîe « un cornet », une feuille d@ papier tournée ,.1. un des nouveaux, qui circule, et où chacun met le fond de sa poche. La femme, le corps de la femme, les modes diverses et contraires de sa beauté, Anatole les ap- prit sur ces corps les corps des troix Marix, le trio de Juives dont l'une a sa superbe nudité peinte dans la Renommée de l'Hémicycle de Delaroche; le corps de Julie Waill, aux formes pleines, à la tête de Junon, à la grande bouche romaine, aux grands beaux yeux énormes de la Tegée de Pom- per, le corps de madame Legois, le type du mo- dèle pour le dessin classique du ventre et des jambes; le corps mince, nerveux, distingué dans la mai- greur, de Marie Poitou, une nature de sainte, de martyre, de mystique; le corps androgyne de Caro- line l'Allemande, qui a posé les bras du Saint-Sym- phorien de M. Ingres, ennemi des modèles d'hom- mes, et disant « qu'ils puaient » le corps de Georgette, à la taille d'anguille, aux reins serpentins, l'idéal dans un type égyptiaque de la ligne de beauté profcssée par Hogarth; le corps à la Ru- bens, la poitrine exubérante, les jambes magnifiques de Juliette; le corps de Caroline Alibert, le corps d'une Ourania du Primatice, allongé, effilé, avec des extrémités si souples qu'elle faisait, d'un mouve- ment, passer tous les doigts d'une de ses mains l'un sous l'autre; le corps fluet, maigriot, élance