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26 MANETTE SALOMON

sembla qu'elle avait devant elle un pfficier qui dé-
chirait son uniforme, et tout l'orgueil de son âge
mûr s'écroula.

De la troisième jusqu'à la rhétorique, le col-

légien eut à chaque sortie à batailler avec elle.
A la fin, comme il s'arrangeait toujours pour être
le dernier en mathématiques, la mère, faible
comme une veuve qui n'a qu'un fils, céda et se
résigna en gémissant. Seulement, pour préserver
autant que possible l'innocence d'Anatole, dans
une carrière qui la faisait trembler d'avance par
ses périls de toutes sortes, elle demanda à un vieil
ami de chercher dans ses connaissances, et de lui
indiquer un atelier les moeurs de son fils seraient
respectées.

A quelques jours de là, le vieil ami menait le

jeune homme chez un élève de David qui s'appelait
d'un nom fameux en l'an IX, Peyron, et qui
consentait à recevoir Anatole sur le bien qu'on lui
en disait.

Il y avait bien un embarras l'atelier de
M. Peyron était un atelier de femmes, mais d'âge
si vénérable, sans aucune exception, qu'Anatole
put y faire son e, trée sans intimider personne. Il
se trouva même à la fin du troisième jour occuper
si peu ces respectables demoiselles, qu'il se sentit
humilié dans sa qualité d'homme, et déclara pé-
remptoirement le soir à sa mère qu'il ne voulait
plus retourner dans une pareille pension de Parques-
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