l6 MANETTE SALOMON rit, on se monte. Tout le monde dit des mots drôles. L'autre jour, en sortant, je reconduisais Magimel le lithographe. Il me dit « Ah! comme j'ai vieilli! Autrefois, les rues étaient trop étroites. je battais les deux murs. Maintenant c'est à peine si j'accroche un volet! » Quel homme du monde ça fait, ce Coriolis Il va chez Boissard, excusez! fit Anatole. Mais tu t'es trompé d'atelier, mon vieux. tu au- rais dû. entrer chez Ingres. Vous savez, ils sont bons, les ingres ils se demandent de leurs nou- velles! Plus que ça de genre! Pour réponse, le grand Coriolis prit avec sa main forte et nerveuse la tête d'Anatole, et fit, en jouant, la menace de la lui coucher dans son assiette. Qui est-ce qui a vu le Premier baiser de Chloé, de Brinchard, qui est exposé chez Durand Ruel? demanda Garnotelîe. Moi. C'est d'un réussi. dit Anatole. Ça m'a rappelé le baiser d'Houdon. Oh un baiser! lança Chassagnol. Ça, un baiser! cette machine en bois! Un baiser, ça? Un baiser de ces poupées antiques qu'on voit dans une armoire au Vatican, je ne dis pas. Mais un baiser vivant, cela? Jamais! non, jamais! Rien de frémissant. rien qui montre ce courant électrique sur les grands et les petits foyers sensi- bles. rien qui annonce la répercussion de l'em- brassement dans' tout l'être. Non, il faut que le