2 M. 15. La Science des recherches, finie de sa nature, est cependant infinie par rapport à nos forces et au tems que chaque individu y peut employer. En effet toute la connoissance de l'antiquité est renfermée dans un nombre déterminé d'auteurs auxquels il faut nécessairement joindre les écri- vains du moyen âge, qui ont eu sous les yeux beaucoup d'ouvrages que nous n'avons plus. Et le tout ensemble ne va pas à plus de cent volumes in-fol. Je n'examinerai point, s'il est possible qu'un homme puisse acquérir une connoissance intime et parfaite du contenu de ces cent volumes; le fait est, que la chose n'eft encore jamais arrivée et que les meilleurs ouvrages que nous avons sur l'antiquité laissent encore beaucoup à désirer. La grande difficulté vient de ce que l'étude d'un objet, entraine celle de mille autres. Ainsi l'on ne peut rechercher l'histoire primitive d'un peu- ple, sans rechercher en même tems celle de tous les au- tres. L'on ne peut étudier l'histoire d'un art^ si l'on n'em- brasse en même tems celle de tous les arts qui en dépen- dent en un mot chaque objet particulier, nécessite la connoissance générale de toute l'antiquité cette connois- sance intime est aussi indispensable pour le plus petit ou- vrage que pour le plus grand, si on ne l'a pas, il ne faut pas écrire sur les antiquités, et si on l'a, on ne peut écrire qu'un se ul ouvrage. La durée de l'homme ne comporte rien au delà. Tout au plus quelques développements du même sujet. Chercher les origines, est un vain mot inventé par la va- nité des humains, qui ont toujours a la bouche je sais ou je veux savoir. Mais dans le passé ils n'ai rivent qu'à la premiere mention historique. Et comment des notions si reculées seraient elles parvenues jusques à nous? Si les