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13-

le grand nombre de mauvais ouvrages que nous avons
sur les origines, prouve assez la difficulté qu'il y a d'en
faire un bon leurs auteurs n'ont pas manque de pati-
ence dans les recherches] mais de justesse dans les résul-
tats qui exigent la logique la plus austère.

L'esprit de système pris dans un sens défavorable, con-
consiste à vouloir expliquer beaucoup, d'après un nombre
de faits qui ne suffit pas à l'explication. Un histo-
rien atteint de ce travers, ne reconnoit plus ni la teneur,
ni la valeur de chaque témoignage, c'est un juge passionné
ou prévenu, qui, sur les mêmes dépositions vote tout autre-
ment que le reste de la chambre. Si cet historien se trouve
a portée d'une grande Bibliothèque il se perd tout-a fait;
Car ayant sous sa main toutes les sources historiques il
les verse à plein sceaux dans les filtres d'un critérium,
faussé qui n'en laisse passer que les parties homogènes au
système. Aussi les savants qui voyagent, sont ils moins
sujets à cette maladie de l'esprit ils font forcés à plus
de méditation, et la vue des lieux et des choses les ra-
mené sans cesse à la vérité par des impressions immédia-
tes sur les sens. Cette observation peut s'appliquer au
Géologues aussi bien qu'aux historiens.

Observez que les auteurs systématiques ont tous fait
quelque découverte, dont ils ont ensuite trop étend a les
conséquences. Delà vient que chaque syslème présente
au premier coup d'oeil un grand nombre de vérités qui
se perdent ensuite dans les fausses applications. Par ex.
Court de Gébelin avoit réellement découvert l'affinité que
les langues Européennes ont entre elles, et avec quelques
langues de l'Asie puis il a voulu étendre cette ressem-
blance à toutes les langues du monde.
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