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des Saints faifoit une partie effentielle de la liturgie Gallicane,
afin que le facrifice du corps de J. C. fût accompagné de la
v bonne odeur de leur mémoire, & du parfum de leur lainteté.
Cette pratique a cette dans nos Eglifes mais la pieté ne s'efl:
point relâchée de l'attention qu'elle a toûjours euë à recueillir,
avec emprefïement tout ce qui pouvoit fervir à perpétuer le fou-
venir de ces amis de Dieu, afin que nous appriflions à le deve-
nir comme eux, en imitant ce que nous honorons.

C'eft pour nous conformer à cet efprit de l'Eglife, que nous
donnons Thiftoire des Saints de la province de Bretagne, hono-
rez d'un culte public. Nous l'avons tirée des actes & des me-
moires les plus fidéles que nous avons pu trouver. Nous ne fom-
mes pas les premiers qui foïons entrez dans cette carrière mais
au moins avons-nous eu en vue de nous diftinguer de ceux qui
nous ont précédez, par le choix des faits, & par le retranche-
ment de toutes les fables &C de toutes les puerilitez dont on
avoit défiguré l'hiftoire de nos Saints.

Il y a deux écuëils à éviter dans ce genre d'écrire la crédulité
trop facile, &S la critique trop rigoureufe. La première a peine
à Ce départir des fables que la {impie antiquité a trop facilement
admifes £c la féconde rejette imperieufement tout ce qui paroîc
contre le cours ordinaire de la nature. Elle fait grace aux mi*
racles rapportez dans les livres Saints parce qu'elle n'ofe les
contredire j mais pour tous les autres qui n'ont pas un pareil
appui de la révélation Se de l'infaillibilité elle les met tous ou
la plus grande partie, au nombre des fauifetez.il y a de l'excès
de l'un &L de l'autre côté/ il ne faut ni croire tout, ni tout re-
jetter, de ce qui paraît merveilleux. Qu'un Ecrivain d'un tems
fort pofterieur au Saint dont il donne les actes nous raconte
des miracles &C des faits furprenans qu'il aura copiez ou imi-
tez d'une autre Légende &C qu'il les avance fans garants èc fans4
preuves; un homme fage ne doit faire aucun compte de fa nar-
ration. Mais on ne peut refufer équitablement d'accorder quelque
croïance à une personne du tems qui a écrit ce qu'elle a à
un homme qui aura prêté ion affiflance ou fon miniftere à une
action dont l'événement aura été miraculeux a un acte juridi-
que revêtu de toutes les formalitez neceifairesj à un témoignage
autentique rendu par ceux même en qui les merveilles ont été
opérées. Nous n'avons pas crû devoir fupprimer les miracles ap-
puïcz de ces fortes de preuves car on ne peut les rejetter j fans fup-
pofer, à la honte de l'humanité, qu'il n'y a dans le monde au-
cune certitude morale, ÔC qu'on foit convenu par une confpira-
cion générale de faire fervir par un abus criminel à la propa-
gation de l'erreur ôc du menfonge, tout ce que la nature & les
loix
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