SAINT AMAND. i- JANV. Se 6- Nov. 2. I. SEPTEMB. se If. }«,; Rom. iow furer que ce n'eft pas de lui que porte le nom uns paroiffe de l'Evêché de Quimper appelles Loc-Amand. ~-–i–<––––––––.–––.–~t- SAINT MEL AINE Evêque de Rennes %) Confejfeun VI. SIECLE. SAINT Melaine nacquit dans le dio- cefe de Vannes vers la fin du V. fié- cle, à Platz fur le bord de la riviere de Vilaine ou Vinaine' à peu près dans le lieu que l'on appelle aujourd'hui Brain. Ses parens étoient des perfonnes de la premie- re diftinftion mais les vertus dont la grace Divine le combla, le rendirent encore plus illuftre que cette haute naiffance. De grands Prélats eurent foin de ls former à la pieté dès fa plus tendre jeuneffe se les progrès qu'il fit fous leur difcipline les furprirent d'autant plus que ces progrès ne furent pas bornez à la connoifiance parfaite des lettres faccées on le vit, avec étonnement, animé d'une foi fi vive qu'elle alla dans un âge fi peu avancé > jufqu'à faire des rai» racles. Cette foi vive, fe fortifiant avec les années lui fit méprifer ce que le monde a de plus flateur. Il l'abandonna genereufe- ment dans le rems qu'il n'efb que trop ordinaire qu'on s'y attache le plus & pour rendre avec moins d'obftacles au fouve- rsin Roi l'obéïffance parfaite qu'il exige, il embraffa la profeilîon Religieufe. Il étoit d'une figure agréable il avoit des manieres engageantes, une douce affa- bilité, une prudence rare une tempérance qui faifoit l'admiration de tous ceux qui le connoiffoienr. Son cœur étoit dévoré de zele Se fa chair domptée de bonne heure par l'aufterité devint obéïfïante à l'efpnt. Il étoit dans les exercices d'une vie toute Angélique s lorfque faint Amand Evêque de Rennes accablé d'une maladie qui de- voit finir fes travaux, Fenvoïa prier de fe rendre auprès de lui. Melaine obéit & S. Amand emploïa les derniers momens de fa vie à lui recommander fon troupeau. Enfin ce faint Prélat aïant fait raflembler au tour de lui les principaux du Clergé & du peu- ple, leur déclara que le Seigneur avoit dai- gné lui apprendre que Melaine feroit leur pafteur après lui. Cette nouvelle toute confolante qu'elle étoit ne les empêcha pas de reflentir avec une vive douleur la perte qu'ils firent de ce faint Evêque lorf- que Dieu i'appella pour lui donner la ce- lefle patrie 3 la couronne qui lui étoit pre* 6. Janv. 6. Noy, parée. Auffitôt qu'on eut célébré fes obfe- ques, les principaux habitans de l'un & de l'autre fexe accompagnez des Ecciefiafli- ques, allèrent trouver faint Melaine, j'en" levèrent malgré fa refiftance Se l'élurent d'un commun confentement pour leur. Evêque. Les premiers fentimens que cette éleva- tion fit naître dans fon cœur furent d'ê- tre fortement perfuadé qu'il étoit dans une plus étroite obligation de redoubler fes jeû- nes, fes veilles fes macérations Se fes prieres & que ne travaillant plus pour lui feul j mais pour un peuple nombreux dont il étoit devenu le pere il leur devoit & de grands foins & de grands exemples. Il s'appliqua donc, avec une attention nou- velle, à l'étude de la loi divine 8e des: oracles facrez dont il étoit l'interprète. Il redoubla fa vigilance, & l'efpnt fans ceffe occupé de la préfence de Dieu il n'entre- prenoit rien qu'après l'avoir confulté. Convaincu de l'obligation indifpenfable oit eft un bon pafteur de connoître toutes fes Ouailles il vifitoit frequemment toutes les Eglifes de fon diocefe s Se animé de l'ef- prit apoflolique, ildétruifokiafuperftition, lortifioit la foi > reformoit les moeurs se cultivoit les vertus avec un fuccez qui pouvoit faire dire de lui ce que le Prophctè Ifaïe Se faint Paul après ce grand Pro- phete ont dit de ces pafteurs laborieux & vigilans dont les utiles travaux augmentent le Roïaume de Dieu qu ils Jont beaux fur les montagnes lespieis de celai qui annonce la paix qui établit le bien qui prêche le falut éi" qui dit à Sion ton Diiu régnera fe regardant auffi comme le médecin fpiri- tuel des ames qui étoient fous fa conduites s. il appliquoic à chaque efpcce de maladie les remedes convenables avec d'autant plus de fruit que fa vie toute fainte achevoic de convaincre ceux que fes pieux difcours avoient commencé de ramener à lrur de- voir. Et le moïen de ne fe pas rendre aux exhortations d'un homme qui n'exigcoic des autres que la moindre partie de ce qu'il pratiquoit lui même ? Tout dévoué à l'ag- grandiffement du Roïaume de Dieu il paf- foit les nuits à prier & les jours dans le continuel exercice des bonnes oeuvres fes jeûnes étoient frequens & pour les ren- dre plus utiles il les accompagnoit de l'au- mône, afin que pendant qu'il fe privoit du neceffaire pour remédier à l'indigence des pauvres les prières de ceux qu'il affiftok rendiffent fes abftinences plus dignes d'être préfentées devant le trône de celui dont il actendok la couronne de juftice. Mais s'il l'attendoit avec une ferme efperance avec quelle