SAINT THELIAU.
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4. Sept1*
n.
Theliau. L'oraifon la prédication, la pcni-
tence, & la charité étoient comme les
feules occupations de fa vie fans qu'il re-
lâchât jamais de fa ferveur 8c defon zele.
De Con tems la Cambrie fat cruellement
agitée d'une pefte qu'on nomma la pefte
jaune ou la jaunifle empeftée en Breton
y gall parce que tous ceux qui en
étoient frappez mouroient teints de cette
couleur. Une nuée fort baffe, &C qui fem-
bloit presque traîner fur terre comme un
brouillard épais &c puant, l'engendra dans le
païs. Les hommes Si les beftiaux en.étoient
également faifis fie tous ceux qu'elle atta-
quoit en mouroient infailliblement. The-
liau d.ms cette occafion s'acquitta fidel-
Icment de tous les devoirs d'un bon pafteur.
Mais quoiqu'il ne ménageât ni fa vie, ni
tes biens qu'il diftribuoit libéralement à
tous les neceffiteux qui étoient attaquez de
ce mal la contagion le refpecla toujours,
& l'on auroit dit que le mauvais air te fuïoit.
Un jour qu'il s'offroit au Seigneur comme
une victime pour fon peuple un Ange lui
commanda de quitter le païs avec ceux de
fon troupeau qui le voudroient fuivre &
de les avertir qu'il n'y auroit que la fuite
qui pût leur faire éviter la mort. Il obeïc
auffuôt avec une partie de ceux que la
contagion avoit épargnez. Ils fe réfugièrent
tous enfembls dans l'Armorique, d'où quel-
ques-uns entrèrent plus avant dans le pais,
Theliau vint d'abord voir fon beaufrere
Budic Comte de Cornouaille Se fa feeur
la Comteffe Anaumed Se féjourna quel-
ques mois chez eux mais préférant la com-
pagnie des Saints à celle des Grands il fut
trouver à Dol fon ami faint Samfon & de-
meura fept ans Se fept mois avec lui. On
dit qu'il porta ce faint à planter le bois qui
occupoit autrefois toute la vallée de Dol,
Se qui avoit trois lieuës de longs & fut à
caufe de lui nommé le bois faint Theliau.
Après que la pefte eut ce lié dans la Cam-
bric, faint Theiiau y retourna, & y ramena
fon peuple. Il y fut peu de tems après
honoré de la dignité de Metropolitain à
la place de faint David, à qui la pefte avoic
empêché de donner plûtôt un fuccefïcur.
On ne dit point combien de tems le Saint
vécut après fon retour. On marque feule-
ment qu'il eut un très-grand foin de faire
revenir fon peuple difperie de toutes parts,
&e que confommé en fainteté & en merite,
il mourut, après avoir auffi dignement
rempli l'office de Métropolitain, que celui
d'Evcque.
On conte qu'après fa mort qui arriva
dans fon monaltercde Lan-ddlo-Vawi près
de Kaer-marden trois Eglifes diCDL1térem
)N 0 y
à qui auroit l'honneur de pofTeder fori corps;
celle de Landaff dont il étoit Evêque j îs
celle de Lan-deilo-Vawi où il étoitdécedé
̃Se où il avoit long -tems fait fa refidence
ordinaire s &: celle de Penn.ilun dans h
Comté de Pembroex, où fes ancêtres étoient
enterrez j & l'on ajoûte qu'au. matin il
parut trois corps tout-femblables du mê-
me Saint, > &: que le Clergé de chacune dt
fcs Eglifes en prit un de forte qu'il fut en-.
terré dans ces trois lieux. On voit par cet
exemple, combien on a été ingénieux à fs
tromper. Il eft à croire que pendant la
nuit quelque vcillard avifé le même qui
vint dire aux peuples qu'il y avoit trois
corps avoit fait faire trois cercuëils de mê-
me poids & de même figure qu'on fit
défenfe d'ouvrir ce qui étoit le moïen de
terminer le procez au gré de tous les inte-
reffez j &: avoit mis trois différentes par-
ties de ce faint corps en chacun de ces trois
cercueils ce qui a donné l:eu à la fable
des trois corps ou du même corps multi-
plié. Les iniracles néanmoins fe firent pria-
cipalement au tombeau de Land.tff.
On trouve le nom de ce faint écrit de
bien des manières différentes Tdiam Te~
lia-vus » ihdiantts Tcleanui Thtiius che-
liiznus iheillanus Tcyllianus » Tzllnu
Tcilow Teylo Zc Deito !e dernier dcC-
quels fu balte dans le nom deLan-deilo- Vawi»
ce qui fignilk EgHfe du çrand Çxint Deilo.
Le P. Philippe Ferrarius dans le nouveau
catalogue des faints qu'il a drefie pour fer-
virdefupplément au Martyrologe Romain
de Baronius cnaïque à L.md.iff en An-
gleterre h fête de faint Telean Evêque a
le 2.5. de Novembre. Mais à la qualité
d'Evêque il ajoute celle de Martyr j ce qui
donne lieu de douter, fi c'eft de notre S.
Theliau dont il cft question.
SAINT PERR.EV X
*AWe.
V I. SIECLE.
SAINT Perreux étoit fils d'un des
petits Rois delà Cambrie. Il étoit d'un
fi heureux naturel, Se d'une humeur fi dou-
ce & fi complaifante qu'il avoit le bon-
heur de plaire à tout te monde. Sa mode-
ftie fon humilité fa pieté fa libéralité
lui gagnoient tous les cœurs s Se quand fon
pere mourut l'aftc&ion que lui portoiene
fes fujets, plus que fon droit de fuccdïîon,
l'cût placé tur le trône s'il n'avoit été fer-
me dans la réfoludon qu'il avoit prile ds
Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, FOL-LN20-35(A)