SAINT HILTUT.
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arts libéraux Se y profita fi bien qu'a-
près qu'il y eut ajoûté la fcience de l'Ecri-
ture Sainte &c de la Théologie il fe trou-
va très-capable d'enfeigner auxautres, non-
feulement les humanitez la poëïie Se la
Rethorique mais même la philofophie
& les mathématiques &£ d'expliquer ce
que la Religion 8c les livres facrez ont de
plus fublime 8c de plus divin.
Il eft dit dans la vie de faint Samfon »
que deux freres neveux d'Hiltut qui ef-
peroicnt pofredcr par droit de lucceffion le
monaftere de leur oncle donnèrent du
poifon à Samfon parce qu'ils apprehen-
doient qu'Hilcut ne le nommât fon fuccef-
leur à leur préjudice dans le gouverne-
ment du monaftere. Cela donne lieu de
croire que cette maifon Religieufe fut bâtie
par faint Hikut fur fon propre fond &
qu'il la dota de tout fon héritage. S. Dubrice
Evcque de Landaff l'aida beaucoup à con-
fommer l'exécution de ce grand dellcin
pour lequel il obtint le confentement de
Merchiau lurnommé le fou ou l'infenfé
Roi ou Seigneur du païs. Ce fut en un lieu
auffi nommé Merchiau que ce monafte-
re fut bâti & l'auteur de la vie de faint
Samfon qui dit y avoir été rend témoi-
gnage que s'étoic une maifon magnifique.
Hiltut y acquît bien-tôt une fi grande
reputation par la fainteté de fes mœurs >
&c par le talent particulier qu'il avoit pour
l'inrlru&ion Si l'éducation de la jeunefte 3
que la plupart des Seigneurs Bretons lui
confioient celle de leurs enfans & qu'on
l'efcimoit le plus faint Se le plus fçavant Ec-
clefiaflique de toute la Bretagne. Quicon-
que fera réflexion aux grands hommes qui
font fortis de fon école reconnokra bien-
tôt, par la beauté des fruits la bonté de
l'arbre Se qu'il falloit qu'Hiltut fût un
excellent maître puifqu'il a formé d'auffi
parfaits difciples que l'ont été Samfon
Paul Gildas Magloirc David & plu-
fieurs autres Sts qui ont fleuri dans l'une &e
dans l'autre Bretagne. L'un des dons du
Ciel qui parut en Hiltut avec le plus d'éclat
fut celui de prophétie & il en donna
dit on des marques fingulieres au mo-
ment même de fa mort en prédifan: à
deux Abbez qui l'aiïiftoient qu'ils le fui-
vroient bien-tôt l'un appellé Atrocile j >
le même jour Se l'autre nommé Ifan »
quarante jours après ce qui arriva.
Il y a des auteurs qui difent qu'Hiltun
vint fur la fin de fa vie à Dol & qu'y
aïant vécu quelque rems avec fes difciples,
& fait plufieurs miracles il y mourut fort
vieux le 6. jour de Novembre 8c y fut
inhumé on ne feait en quelle année. Ce
©
partage deçà là mer ce féjour s Si cette
fepulture à Dol n'ont aucune apparence
de verité fans compter que tout cela ne
s'accorde pis aîfément avec l'hiftoire de la.
prophetie d'Hiltut agonifant, affifté de deux
Abbcz qui n'étoient point de ta province
ds l'Armorique. Ajoutez àcela, outre l'é-
loigije.menc des tems qu'il n'y a dans le
païs aucun veftige ni aucune memoire de
ce prétendu féjour à Dol dont quelque hi-
ftorien auroit affurément parlé fi c'étoic
un fait veritable. Les Anglois prétendent
au contraire qu'aïant emploie les nom-
breufes armées de Ça vie au charitable s
mais pénible emploi de rinftru&ion de la
jeuneffe il fe retira, mourut & fut enterré
au fameux farictuaire de Glaftembury. L'ori
voit tint d'afFc&ation dans ces auteurs de
faire de cette celebre Abbaïe le tombeau
commun de tous les Saints dont on ne
connoît point de fepulture particulière, qu'on
a peine à croire ccqu'ilsdifenc fans preuves,
&e qu'on juge plus probable qu'Hiltut mou-
rut &; un inhumé à Lanrait ou à Lan^
Elthie. L'ancien Bréviaire de Leon fait la
fête de (aint Hiltut le 7. de Novembre
avec office à neuf leçons.
S A I NT COLLEDOC
Enjsque (djr Confefjeur.
V. SIECLE.
NOUS S ne femmes point affez per-
fuadez que cc Maurice Vicaire de la
paroiffe de Cleder qui au rapport du P,
Albert le Grand a compofé en La ci 11 la
vie de faint Colledoc qu'il confond avec
faint Ké ait eu d'autres memoires que le
Roman de Lancelot du Lac avec une ima-
gination hardie & feconde; pour ofer nous
en fier à lui 3 Si rapporter fur fa parole
toutes les fables grofTiercs dont il lui a plu
de faire un tiffu qui n'a pas la moindre
ombre de vrai- femblance. Nous entre-
voïons feulement à travers tant de fauf-
fetez, que faint Colledoc a pu naître dans
la Cambrie y avoir été élevé à l'Epifco-
pat, avoir renoncé à fa dignité pour ce re-
tirer dans le lieu de Rof-ené eue paffé
en Bretagne à la fin du V. fiécle comme
tant d'autres Saints de Fille y avoir de-
meuré quelques années à Cleder y avoic
enterré fon condifciple.i'Ermite S. Kerian)
y être mort lui-même un premier Samedi
d'Octobre 8c y avoir été mis en terre
dans le cimetiere d'où il aura depuis été
levé pour être placé dans un Heu plus hà-.
Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, FOL-LN20-35(A)