SAINT PATRICE. Tychitîe 17- M AU. S. Fysits. fofculintis. I7. ploi Se fa folitude par une application con- tinuelle à l'orailon qu'il fuifbit régulière- ment cent fois par jour & prefque auffi couvent la nuit toujours avec beaucoup de ferveur par des jeûnes volontaires qu'il ajoûtoit à toutes les miferes defon état & par une obéïfïance fidéle à tous les com- mandemensde fon maître, quelques rudes qu'ils fuflent à quoi il joignoit une dou- ccur qui porta ceux de lamaifon à lui don- ner le furnom de Kothmigi ou Cothirge 5 qui fignifioit en leur langue un ferviteur doux & faifible. Après [ix ans d'efclavage & defervicc, < il eut dit-on la vifion d'un Ange qui prenoit un foin particulier de lui Se qui i lui apparoiffoit fouvent fous la figure d'un 1 jeune homme brillant de lumiere, & fous ls nom de Victor qui lui commanda de prendre la fuite &: l'avertit qu'il trouve- toit une navire prêt à faire voile. Le faint jeune homme obéïflant ait commande- ] ment de l'Ange fe mit en chemin dénué Î de tout Se trouvant effectivement un bâ- ] timent prêt à partir au lieu que lui avoit marqué l'Ange il pria qu'on lui fit la fa- veur de le paner à l'iile de Bretagne & s'embarqua quand on leluieut permis. Ou- tre les matelots il y avoit fur le bord plufieurs paflagers tous idolâtres qui après trois jours de navigation prirent terre avec lui à une côte que les courfes ordinai- res des Scots & des Pietés avoient renduë déferre & inhabitée. Ils s'y égarèrent &: y feroient tous péris de laflitude & de faim fi Patrice qui n'avoir point laiiTc paflfer d'occafîon de leur parler des veritez de la foy, ne leur avoir miraculeufemenr fourni des vivres qu'il n'avoir demandez au Sei- gneur, que pour tacher de convertir ces malheureux compagnons de fon voïage. Mais les voiant obftinez malgré cette fa- veur (urnaturelle il fe fépara d'eux fans avoir goûté aux alimcns qu'il leur avoit obtenus parce qu'ils les avoient d'abord offerts à leurs idoles. Après quelques jours de marche il fe rendit enfin chez fes pa- rens, qui eurent une joïe extrême de le revoir. Il eft certain qu'il fut encore au moins une fois depuis pris Se emmené captif 5 mais on ignore s'il le fut plus d'une fois 3 comme l'a cru un des écrivains de fon hi- floire. Il y a pourtant beaucoup d'apparence qu'il ne fut que deux fuis efclave car l'hi- ftoire d'une troifiéme captivité paroît avoir été forgée fur celle de la première à à quel- ques circonftanccs près qu'on a peutetre prifes de l'hiftoire de la feconde & qui ne s'accordent même gueres avec l'état gene- iffie.S.Pgt/i- i- ùï BJit. ta- rif. US. Hugo Kiker- ftedirts auSttr ̃vils, triparti- ~M~~f'~î- ti Hibernus, &C Mars. rai des affaires de ce tems-là. Suppofant donc avec l'auteur de fa confeflïon quel qu'il foit, qu'il n'eft tombé dans l'efdava- ge que deux differentes fois il faut dire qu'à la derniere il ne fut que foixante jours en captivité comme l'Ange du Seigneur le lui avoit prédit la nuit même du jour qu'il ivoic été pris. Mais néanmoins on a fujec de croire de la maniere dont on fait parler ce Saint dans fa confeilion qu'il ne retour- na en fon païs, que quatte ans après qu'il eut recouvré fa liberté. Il eft très-vrai-femblable que Probus qui feul de tous les hiftoriens de faim Patrice ï'eft imaginé une troifiéme captivité ne l'a rait que pour avoir trouvé dans quelque livre l'hiftoire des deux premieres conflife & mêlée dans un feul recit & comme il îft vrai que Patrice fut vendu à Milcon qu'il le fervir long-tems que l'Ange lui dit de s'enfuir 8e qu'il trouva une barque pour paffer en fon païs ( ce qui eft tiré de ['hiftoire de fon premier efciavage & rap- porté comme une partie du u'oifiéme ) il eft veritable auffi, felon toutes les apparences 3 que dans la feconde captivité les Pietés qui l'avoient pris le vendirent peu de tems après à des Gaulois qui le menerent à Bourdeaux & l'ayant conduit plus avant dans le païs, le mirent enfin en liberté au bout de deux mois après quoi il alla trou- ver S. Martin fon grand oncle ce que le même Probus rapporte à un troifiéme enlè- vement qui ne fut jamais. Saint Martin trouvant de très-heureufes difpofitions dans Patrice jugea que c'é- toit un vaiffeau d'élection pour de grandes chofes lui donna la tonfure & l'habit Re- ligieux dans fa fainte retraite de Marmon- tier, l'initmifit Se l'éleva très-foigneufè- nient dans la vertu pendant l'efpacc de quatre ans. Ce féjour de {aint Patrice au- près de faint Martin eft allure par tous ies hiftoriens. L'efpace de quatre ans eft mar- que de même très-formellement Se ton retour dans l'ifle de Bretagne, par le con- c feil du même faint Martin n'eft pas afflué moins expreiTement par les mêmes auteurs j, qui fuppofent tous que faint Martin vivoit "• encore, iorfque Patrice quitta Marmontier. *t Il doit donc paffer pour certain que Pa- c trice a eu le bonheur d'être l'élevé du grand faint Martin Se Religieux de Marmonner, quoiqu'en dife Bollandus qui explique le mot de S. Alart'mçpe. Patrice vint trouver, par le monajlcre de S. Martin de Marnion* tier Se veut perfuader que lorfque les hi- ftoriens ont dit que Patrice fut fait Moine Si Clerc par ce grand Saint cela veut dire, que l'Abbé fucceileur de faint Martin dans