Home Plain text
Text mode Audio mode
page 18 (screen 52 of 632)
Next page Previous page  
  Last page First page


SAINT BRIEUC.

i.

MAY.

I.

FttvHtnpûY

dt ctrvici.

pouilles. Il fe rendit à Angers & ayant
raflemblé dans l' Eglife de S. Serge l'Evê-
que de la ville l'Abbé du lieu avec fes
moines Se tout ce qu'il y avoit de per-
fonnes de diftinclion dans le païs il fit va-
loir heureufement dans le difcours qu'il
leur fit fur l'Ecriture Sainte, le talent de la
parole qu'il poffedoit & emploïa, à la fatis-
faetion dw l'affcmblce une éloquence infi-
niiante nourrie du fuc des belles lettres.
Dieu étoit avec lui Si fit tant d'impref-
fîon fur les cœurs des Religieux que fi
l'Evêque leur avoit demandé une partie
confiderable de leur monaftere ils auraient
eu peine à la lui refufer. Mais cc n'étoient
pas des biens temporels qui faifoient l'objet
des vœux de TEvêque de faint Brieuc il
déclara qu'il ne demandoit qu'une partie du
corps du bienheureux patron de fon Eglife
que c'étoit l'unique fujetde fonvoïage, Se
que fi le vénérable Abbé vouloit bien ne
pas rejetter fa priere l'Eglife de faint Brieuc
ic fentiroit redevable à celle de faint Serge,
& lui offrirait avec fa reconnoiflance tout
le fecours qu'on peut attendre d'une alliance
inféparable. A cette condition l'Abbé de
flint Serge demeura d'accord de fatisfaire
l'Evêque Breton mais pour éviter d'être
traverfez dans le partage par quelque efprit
difficile Se chagrin t'onchoifitle tems que
les Religieux fe retiroient pour repofer
après l'office de la nuit. Quand ils furent
retirez l'Abbé prenant de nouvelles aflu-
rances de ce que l'Evêque lui avoit promis,
les lui fit confirmer en préfence de quel-
ques témoins choifis qui av oient déjà afll-
fté à fes premiers engagemens. L'Abbé fit
ouvrir par un orfèvre la chaffe de faint
Brieuc. On y trouva les os du faint Pré-
lat enfermez dans un lac de cuir de cerf
avec une plaque de marbre oùétoient gra-
vez ces mots C'y gifl le e-orp du très-heu-
Yeux Confejfeur Brieuc Evêque de Bretagne
lequel fut apporté par Tlifpod/us Roy des Ere-
tons à cette Sajtlique qui ctoit alors fit Cha.
pelle. A la lecture de cette infeription, tous
les affiftans peu infirmes de l'hiftoire, fu-
rent fur pris d'entendre nommer un Roi qui
leur étoit inconnu dont le Royaume ce-
pendant ajoutent les memoires anciens
d'où nous rirons ceci s'étendoit jufqu'au
Vendômois. On ne dira rien de la bonne
odeur qui frappa les afilftans à l'ouverture
du fac de cuir étoient les faintes Relir
ques c'eft une circonstance qu'aucun Lé-
gendaire n'a jamais oublié. L'Abbé fit pré-
tent à l'Evêque Breton de deux côtes d'un
bras &e d'une partie de la tête, ou du cou
de faint Brieuc ce que l'Evêque ramafla
dans un vafe précieux comme un tré/or

May.

incomparable, &le donna à garder au Tré-
forier de l' Eglife d'Angers fon ami particu-
lier jufqu'à ion départ. Quand il fottit de
la ville avec ce précieux dépôt l'Evêque
d'Angers l'accompagna jufques hors de la
ville avec tout fon clergé qui celebroit
par des hymnes &C des cantiques melodieux
la gloire du faint Evêque des Bretons. Il
n'eft pas étonnant que l'Evêque Pierre
joïeux d'emporter de fi riches dépouilles
fût occupé la nuit pendant fon fommeil,
de ce qui l'occupoit fi agréablement le jour
il s'imagina voir faint Brieuc qui lui di-
foit « hâte-toi j mon fils & fais en forte «.
que cette partie de mon corps que tu em- «
portes foit reçue dans mon Eglife avec «
l'honneur qui lui eft dû. «L'Evêque envoïa
incontinent en Bretagne avertir tout le cler-
Se le peuple de fon Diocefe de fon re-
tour &e marqua le 18. d'Octobre jour
de faint Luc pour la réception des Reli-
ques de leur faint Patron. L'on ne manqua
point au jour marqué ds venir à ren-
contre avec toute la pompe Se la folennité
qui fe peut imaginer. Alain I. Comte de
Penthiévre de Goello 3Guingamp Avau-
gour, &c. fils de Henri Comte de Pen-
thiévre & de Mathide de Vendôme, affi-
lia à la cérémonie fe profterna jufqu'i
terre pour adorer les Reliques les reçût
entre fes bras, & voulut les porter lui-même
jufques dans l'Eglife Cathedrale. On dit
qu'au moment qu'elles y entrèrent on les
entendit fe remuer comme fi elles euffent
été animées Si qu'elles eu lient fait effort
pour fortir du vafe elles étoient. On re-
garda ce prodige comme une marque de
la joïe que vouloit bien témoigner faine
B rien c de voi une partie de fon corps ren-
trer dans un lieu qui lui avoit été cher au-
trefois il avoit reçu tant de grâces du
Ciel Si la préfence de Dieu s'étoitfait
fentir par tant d'erFets merveilleux accorde^
à la foi des peuples &c aux prières de kut:
patron.

Cinquante-quatre ans avant cette tranfla-
tion particulière il s'en étoit fait une de
toutes les Reliques en prefenec de Henri.
11. Roy d'Angleterre, l'an 1 166. un Di-
manche dernier jour de Juillet. Ce fut alors
apparemment que les Reliques de faine
Brieuc furent pofées dans la chaffe les
trouva depuis Pierre Evêque de faint Brieuc,
Se qui ne put être ouverte qu'avec le fe-
cours d'un orfévre. La cérémonie qui fe fit
en 1 1 66. fur très-eelebre. Elle fut faite par
Guillaume Evêque d'Angers affilié de
Guillaume Abbé de faint Serge, Guillaume
Abbé de faint Aubin Hugues Abbé de
faint Nicolas Si Guillaume Abbé de fcinc
Text mode Audio mode
page 18 (screen 52 of 632)
Next page Previous page  
  Last page First page
Home Plain text