SAINT BRIEUC.
I.
May.
Crci cft d-
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May.
Sji.nt SicB
gueri. Cette merveille accredita d'autant
plus faint Brieuc qu'il fit un bien qu'on
ne penfoit pas même à lui demander, & le
mît en fi grande confideracion j qu'on ac-
couroit lui de toutes parts & qu'en toutes
choies principalement en celles du ialut
on ne prtnoit confiance qu'en lui.
RivaHon fut lui-même du nombre de
ceux-là ce Prince après avoir cedé à
faint Brieucfa maifon du Champ du Rou-
vre, s'étoit retire j felon la colle£rion de
l'Eglife de Nantes à la maifon d'Helion,
ou Hilion qui avoit auparavant porté le
nom de T'hi.U-ctable ou Coz-crau. Etant
dans un âge fort avancé Se fe fentant très-
mal, ii protefb qu'il ne vouloit recevoir
le faint Viatique que des mains de Brieuc,
&: dît à ceux qui le preffoient de fe mu-
nir des derniers Sacremens qu'il fe pro-
mettoit de la tnifericoede. de J. C. qu'il
ne mourroit pas qu'il n'eût reçu i'abloiu-
tion Se la communion par le miniitere du
Saint qu'il envoïa prier de le venir voir.
Brieuc le mir en clfarette pour l'aller trou-
ver parce que fon extrême vieilleffe ne
lui permettoit plus de voïager d'une autre
manière. Il écoit entouré d'une troupe de fes
Religieux qui le fuivoienc Se qui chan-
toient avec lui des pfeaumes Si des hym-
nes à la louange de Dieu tout le long du
chemin. On ajoute que Dieu fic entendre
au Saint une muiique celefte qui répondoit
à la iienne en figne de quoi iaint Brieuc
s'arrêta pour faire planter une Croix qui
confervât la mémoire dj cette faveur. Ar-
rivé chez RivaHon il l'aida par (es Plie-
res, par les exhortations Se par fes bons
confeils à faire une bonne fin en recon-
noiflance dz quoi cc Prince lui donna fou
château le domaine cultivé par fes colons
& la Seigneurie de toute la parolfTs.
Le bon vieillard ne lui furvêcut pas de
beaucoup. Averti du tems de fa mort, il le
recommanda plus particulièrement aux priè-
res de fes Religieux Si auiïi-tôt qu'une
tievre légère qui le faifit lui eut fait con-
noître que fa fin approchoit il reçût le fain:
Viatique exhorta fes enfans leur donna
fa derniere bénédiction 8c mourut tranquil-
lement vers l'an joie, âgé de plus de qua-
tre-vingt-dix ans.
Sa légende ajoute qu'au moment de fa
mort toute la chambre où il expira fut
remplie d'une odeur délicieufe & qu'il fut
enterré dans l'Eglife de ion monaftere où
une infinité de miracles rendirent témoigna-
ge de fa gloire Se de la continuation de fa
charité. Elle ajoute j qu'au moment même
de fon bienheureux trépas il apparut à deux
de tes diiciplcs qui étoient reliez au mona-
îc du vieux
Bieviaiic de
dcS.Eùcuc
C
wm.Fcll~u:.
flere de Grande Lande l'un defquels nom-
mé Marcan vit fon aine en forme de co-
lombe, portée au Ciel par des Anges, dont
les ailes toutes de feu marquoient fa grande
charité. L'autre nommé Siviau, ou Sicu le C
vit en fonge tout brillant de lumière mon-
ter par une échelle qui atteignoit jufqu'ati
Ciel environné d'une troupe d'Anges. Ce-
lui-ci s'embarqua dès qu'il fut jour pour
venir au monaftere des Vaux s'informer
de ce qui étoit arrivé. Il penfa être fuffoqué
pendant le forniiieil, la premiere nuit de ion
voïag- mais il fut délivré par l'invocation
de faint Brieuc dont il implora le fecours.
Arrivé au monaftere il apprit des Reli-
gieux la mon de leur père commun Èe il
leur apprit réciproquement la vifion qu'il
avoit eue Se la péril dont il avoit été déli-
vré ce qui les combla tous de joïe & les
porta à rendre graces à Dieu des témoigna-
ges qu'il leur donnoit de la gloire de leur
maicre. C'efl apparemment de ce même
foiitaire que l'Eglife paroi/îîale de Lan-
Sieu auprès de faine jagu porte le nom.
Le fiience étonnant de la légende & de
l'abrégé de la légende de faint Brieuc qui
ne diknt pas un mot de fon Epifcopat £c
qui ne racontent rien d'cil nous puiffions
inférer qu'il ait été Evcque joint a ce
qu'il n'a eu aucun fucceffeur jufqu'uu tems
de Notninoé qui érigea le monaftere de
faint Brieuc en Evcché tout cela enfèm-
bL peuToit nous induire à croire que faint
Brieuc n'auroit point été Evêque fi ic
maibre trouvé l'an i no. dans fa chalïë
ne lui donwit formellement cette qualité
ce qui eft confirmé par l'opinion commu-
ne, Se par une légende que cite Pierre le
Baud. Il y a lieu de croire qu'ilfut fii.f Evê.
que dans ton païs par les Prélats à qui il
demandoit des miniftres pour les nouvelles
Eglifes qu'il y fonda, lorfqu'il convertit fes
compatriotes mais qu'il ne tut ordonné f:
qu'Evêque regionnaire fans titre particu-
lier, & fins liège.
Les Reliques de faint Brieuc demeurè-
rent dans l'Eglife de faint Etienne qu'il avoic
bâtie, jufqu'au temsqueles Normans com-
mencèrent d'infefter les côtes de Bretagne.
Elles furent mifes dans un fac de cuir de
cerf & tranfportées à l'Abbaïe de faint
Serge d'Angers par Erifpoé Duc de Bre-
tagne, comme il a été dit dans l'hiiîoire
générale de la province. Depuis c'eft-à-
dire l'an mo. Pierre Evêque de S. Brieuc
ayant à fon entrée appris de fon clergé
que les Pveliques du patron de l'Evêché re-
pofoient dans l'Eglife de faint Serge refo-
lut de travailler efficacement à obtenir une
partie de ces précieufes Se vénérables dé-
Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, FOL-LN20-35(A)