SAINT BRIEUC. te DnacG~a. ~gduel. Mat. r 112RY~; 1~,cm regran. ACtes de 5t. t. me l'embouchure de la rivière de Govat > 1 où étant defcendu il fut reconnu Se ravo- r rablemînt accueilli par le Comte Rigual i êc s établit dans la vallée qui à cauiè de t lui s'eft depuis nommée faint Brieuc des i Vaux. C'eft ce que difent l'abrégé de la le- i gende Se les memoires manufents du P. < du Paz. J On ne doute nullement qucfaintBrieuc j ¡ ne l'oit retourné dans Tifle après qu'il eut < demeuré quelque tems dans le premier mo- < naftere qu'il avoit bâti deça la mer î Se l'on < peut. croire qu'il délivra les Coriticiens fes 1 compatriotes de la contagion qui les défo* < loir. Mais il n'eft point vrai que fon pre- mier monaftere dans l'Armorique fût celui de Tregucr ni qu'il en ait laiffé la con- duite à Ion neveu faint Tugdual. Car ces faits ne peuvent en aucune maniere s'accor- der ni pour le fond de l'hiftoire ni pour la cronobgie avec ce que difent les legen- des de faint Tugdual qui font incompara- j blemcnt plus croïables fur cet article que toute autre. Saint Tugdual ne vint dans l'Armori- que qu'après la mort de Rigual ou Ri- vallon, à qui fon fils Deroch avoit fuccc- dé, il y avoit déjà quelque tems enforte que fainte Pompaie mere de faint Tagdiial & feeur de Rivallon n'eut point la con- folation de voir fon frere. Il eft donc à croire que ces circonftances particulières qu'on a judicieufeenent fupprimées dans le nouveau Breviaire defaint Brieuc ne font aucunement vraies Se que ce ne font que des additions inférées mal-à -propos dans la vie de ce Saint par un efprit d'émulation de quelque Briocien qui, jaloux de ia gloi- re de fon pais, aura cru lui rendre un grand fervice en faifant ceux de Treguer rede- vables à faint Brieucde la fondation de leur Eglife fans prendre garde qu'en ce fii- fant il ôtoit à la fienne l'honneur de Fan- tiquité au defliis de celle de Treguer qui lui eft inconteftablement acquis puifque celle de faint Brieuc eft bâtie dès le tems de Rivallon & que celle de Treguer ne l'a été que du cems du Comte Deroch fon fucceflour Si ton fils. Il faut donc dire que faint Brieuc quitta fa maifon de Grande-Lande dans l'ifle à l'âge d'environ foixante-dix ans Se vint dans l'Armorique vers l'an 480. ou plûtôt, fi l'on veut; qu'il y bâtit un monaftere, par l'afllfbance des Bretons venus & établis de nouveau dans ce pa5s-là. On accordera volontiers encore 3_ qu'un Comte nommé Conan lui en donna le fonds. & lui fit de grands biens pourvû qu'on ne difc point que ce Seigneur Breton ait §cé converti à la foy Chrétienne par faint Brieuc. Car on ne nous perfuadera jamais qu'aucun Comte' idolâtre foit venu de l'ifle s'établir deçà la mer. Du refle on ignore absolument où étoie cette premiere maifon de faint Brieuc, & l'on n'en peut rien dire qu'au hazard finon qu'elle ctoic fur la. côte feptentrionale de la Bretagne Armoricaine. Pour le Comte Ri- gual dont il eft parlé dans la légende qui demeuroit dans un château voifin du port de Léguez à l'emboucheure de la. riviere qui felon la collection de Nantes portoit le nom de Sang c'eft-à dire de Gouat qui eft la même chofe e:i Breton c'eft indubi- tablement le fameux Rhral ou Rwailon Prince de la Domnonée Se ce ne peut être aucun autre que lui. Le double W de Ri-> wallon fe prenonce fouvent comme le G de forte que c cft même chofe que SivuaU dm & Rtgualdus ou Regalis. Et en efrec l'abrégé manuferit de la colle&Ion de l'E. glifc de Nantes nomme ce Prince indifa. remment Rivuœllonui se Rigolait!. Ce Prin- ce ayant reconnu faint Brieuc pour fon pa- rent, lui donna la maifon Si la terre du Champ du Rouvre» Aulam exmfi Roboris avec toutes fes dépendances. Saint Brieuc fe choifit un emplacement dans un lieu ap. pellé tti vallée double pour lors fort om- bragé de bois, ât y bâtit un monaftere &c une Eglife qui fut enfuite dédiée à faint Etienne. Saint Brieuc vécut dans cette nouvelle maifon d'une maniere admirable. 1 Se donna fcs foins à rinftruftion de tous les peuples voifins jufques vers l'an 5 00. qu'il étoit âgé de plus de quatre-vingt-dix ans fans que cette grande vieilltfle diminuât rien de fon zèle & de fes auilreritez j au contraire plus il vicilliflok plus les jeûnes Se les autres exercices de pénitence fembloient redoubler en lui fa ferveur. On affure qu'il fit plu- fieurs miracles en ce pais là entre lef- ~A quels la gnerifond'un pauvre paralytique qu'on étoit obligé de tranfporter fur un br,m- cart j & que le pur hazard ou pour mieux dire, la providence, conduifit en fa mai- ton fit beaucoup d'éclat dans toute la con. trée. Deux perfonnes portoient le paralyti- que chez eux mais égarez dans les bois, à l'entrée de la nuit ils arrivèrent à là porte du monaftere & y demandèrent l'hôpitalitc. Brieuc pour faire ceiler l'in- quiétude de leurs familles les renvoïadans leurs maifons après leur avoir enieigni le chemin il ne retint que le pauvre malade, pour la guerifon duquel il paua toute la nuit en prières i & le lendemain les deux hommes étant venus le chercher, ils eurent la confoUcLon fis le trouver païkiœmenc guéri