SAINT BRIEUC. î. May. 1 & 1VI ~s « pouvoîc participer à cette fête des démons < fans renoncer au vrai Dieu qu'il adoroit; Se que le baptême Chrétien qu'il avoit « reçu ne lui permettoit pas de le fouiller a de leurs fuperftitions impies. Prenant de- là fujet de leur prêcher la pureté de la reli. gion Chrétienne 8c lafainteté de fon culte, en comparant l'une Se l'autre à la brutalité & à la vanité de leur idolâtrie dont les ridicules cérémonies les transformoient en beces peu s'en falloit qu'il ne leur perfua- dât de quitter tout pour fe faire Chrétiens. Mais l'efpric de débauche & de diflbhition dont ils étoient animez empêcha Brieuc de triompher de la tkannie de la coutume pat la feule force de fon difcours. 11 ne fal- loit pas moins que des miracles pour lui donner cette viaoire 8e l'on prétend que Dieu lui donna l'occafion & la grace d'en faire dans cette rencontre» On afïun; qu'il guérit d'une manière furnacurelle un jeune homme de condition, qui folâtrant avec les plus emportez de la troupe étoit tombé fi rudement 5 qu'il étoit refté demi-mort fur la place Se avoir eu une cuiffe: caffée Se la main droite démife. La vûë de ce prodige ravit les afïiftans &c les obligea de protefter qu'ils ne vouloient plus adorer d'autre Dieu que celui que Brieuc leur prêchoit, & qu'ils renonçoiem pour jamais au culte de leurs faufTes divini- tez, dont aucune n'avoit jamais eu la puif- fance de rien faire de pareil. Saint Brieuc profita de cette favorable difpofition des principaux de fon pais que plu fleurs autres miracles confirmèrent dans leur réfolution. 11 les catechifa foigneufement en public Se en particulier & quand il les eut fuffifam- ment inftruits & préparez il il leur donna le baptême èc fit élever plusieurs Eglifes en differens cantons. Ne pouvant fuffire à toutes il fit venir des Prêtres pour les fer- vir & s'il a jamais été ordonné Evcque ce que fa légende ne dit point ce fut fans doute en cette occafion. Car on le repré* fente faifant tout office de Paftair Se d'E- vêque dans cette nouvelle Eglife dont il étoit l'Apôtre. Il eut fur tout une applica- tion particulière à l'inftruftion de fon père & de fa mère qui par un faint retour devinrent l'un Se l'autre les enfans fpirituels de leur fils. Ce fut principalement d'eux qu'il reçût le fecours neceffaire pour bâtir une Eglife dans un lieu défère nommé Grande-Lande s où il aflembla en fort peu de tems un grand nombre de difciples qu'il forma fur la règle qu'il avoir apprife de fon maître faint Grmain &c que celui-ci lui avoit fait pratiquer. On raconte divers miracles que fit faint Brieuc > lorfqu'on travaillôic au bâtiment de fon Eglife, comme d'avoir rétabli le pouce d'un charpentier qui fe l'étoit coupé tout net d'avoir diflîpé plufieurs fpecîres &: plufieurs vifions horribles par lefquelles le demon tâchoit d'épouvanter Se de dé- tourner fes ouvriers d'avoir multiplié les provifions du monaftere dans une grande famine enforte qu'elles fufHrent à fes Re>- ligieux & à une infinité de perfonnes qu'il nourrie liberalement jufqu'à .ta nouvelle moiffon 5 & plufieurs autres merveilles fem* blables qui lui acquirent une grande repu» tation » 8c le rendirent le refuge commutl de tous les affligez. Il y avoit fort long-tems qu'il deitteutoîê en ce monaftere Se fe fanûifioit tous les jours par les pratiques de la vie Rxligieufe la plus parfaite & par toutes les œuvres de charité & de zele que fon état lui pci> menoit j lorfqu'une nuit ds la Pentecôte j s'étani légèrement endormi dans le ciiocur â où il avoit paffé toute la nuit en prières » Se chanté avec fa communauté les Matines du jour, il vit dit-on un Angc qui lui commanda d'aller inceffammenr. dans l'Ai> morique où Dieu l'envoïoît pour le faluê d'un grand nombre de perfonnes. Il fe mit inconiinenc en devoir d'obéïr 3 & s'era- barquant avec cent foixante de tes difciples, 3 il vint détendre à un port que l'abrégé de fa vie nomme Achm que l'on eftima être un de ceux du païs d'Achk dans ÏE* Vcché de Lcon d'où il s'avança par terre jufqu'i la rivière de jaudy dans le païs de Treguier où l'on dit qu'il convertit à la foy Chrétienne le Comte du païs nommé Conan & qu'il bâtit par fon fecours 8C par celui des fidèles de ce canton » un m®-» naiîere fur fes terres, en la vallée de Trecor, qu'il gouverna julqu'à ce que les Coriti- ciens qu'il avoir quittez dans l'ifle â affligez d'une cruelle pelle* dont ils furent frappes quelque tems après qu'il fut fort! de leur piïs vinrent le fupplier de retourner dans leur ifle pour les délivrer de ce fléau. On ad* joûte qu'il retourna effectivement avec eux 3 Se qu'ayant par fa préfence & par fes prie* res purifié l'air, dillipé les influences ma- lignes qui le corrompoient $ rétabli la fan té &é la fureté par tout il revint en fon mo- naftere de Trecor j où il demeura encore quelque tems 5 mais que s'étant apperçû que fa préfence y étoit à charge à quelques Religieux imparfaits que l'éclat de fes ver* tus ébkmifioit il iaifla pour Abbé de cette maifon fon neveu Tugduaî j Se vint par mer avec quatre-vingt moines qui le voit* lurent fuivre rangeant toujours la c6te t de l'occident à l'orient au part que for*