SAINT BRIEUC. pleveYitnt, ~J. 1. MaV. I. M A Y. Br
tum infulam
opiniene rn~
Coiiftantiut
E. 1. vùt S
Germuni. c.
au nord defquels font le païs de Gloceftre
8c celui de Cambrie. La feconde maniere
dont on peut expliquer cette idolâtrie des
parens de faint Brieuc eft de dire qu'à
la verité toute la Bretagne infulaire étoit
Chrétienne mais qu'on y gardoit encore
plufieurs coûmmes qui fe fentoient de l'ido-
lâtrie, Se fur tout la fête diflôluë du pre-
mier jour de Janvier qu'on a bien eu de
la peine à fupprimer dans tout le Chriftia-
nifme, & qu'on celebroit encore dans l'I-
talie au tems de faint Germain d'Auxerre
par des débauches Se des mafcarades, té-
moin le fermon de faint Pierre Chryfolo-
gue contre ce dérèglement ce qui auroit
donné lieu au Legendaire d'appeller idolâtres
les parensde faint Brieuc, en ne ditlinguant
point entre célébrer des fêtes de Païens
& être Païen de profeffion. La premiere
manière d'entendre le texte de la legende
femble cependant la plus vraie. Et certaine-
ment, s'il y avoit encore des idolâtres en
Italie au tems de faint Benoît quelle 'dif-
ficulté de reconnokre qu'il y en avoit en-
core en le païs de Gloceftre Se dans la
Cambrie dans ce tems-cy ?
Ce qu'on trouve dans la même légende,
d'un Ange qui apparut à Eldrude encore
infidéle lui commanda de brifer toutes fes
idoles l'exhorta à fe dévouer uniquement
au vrai Dieu & faire trois baguettes ou
verges deux d'argent pour fon époux Se
pour elle Se une d'or pour le fils qu'elle
auroit Se plufieurs autres femblables con-
tes tout cela n'eft que pure vifion de Le-
gendaire, peu conforme à l'efprit de la foi
Chrétienne se qui renferme même des
contradictions. Auflî le Breviaire nouveau
de faint Brieuc l'a t-il fagement retranché
de fon hifloire & l'on n'en trouve rien
dans l'abrégé de la collection manufcrite de
l'Eglife de Nantes. Laifîant donc à p art
toutes ces magnifiques chimeres nous nous
contenterons de dire qu'il paroît que faine
Brieuc nacquit vers l'an 410. comme le ve-
rifiera la fuite de fon hiftoire. Il fut élevé
dans la maifon paternelle avec beaucoup
de foin 5 jufqu'à l'âge de vingt ans & il y
apprit tout ce que des gens puiffans Se qua-
lifiez pouvoient faire enfeigner en ce païs-
là à un jeune homme de fon rang.
Saint Germain d'Auxerre & faint Loup
de Troïes pafferent dans i'ifle de Bretagne
l'aa 419. ou:4 o. &e leur reputation fut bien-
'̃' tôt répandue dans toute Tille." Brieuc vint
comme une infinité d'autres voir des Pre-
lats fi fameux. Car comme dit le Prêtre
Confiance on y accourait de toutes pans,
& les hommes les femmes les enfans
tous y venoient par tcoupss far tout lorf-
qu'on eut appris qu'ils dévoient difputer
publiquement contre les Pelagiens dans la
ville de faint Albans ou de Verulam.
Ce fut alors que faint Brieuc âgé de
vingt ans ou environ, fut offert par fes
parens ou plutôt fe préfenta lui-même
à faint Germain qui remarquant en ce
jeune homme un riche fond de bon natu-
rel, une douceur admirable une modeftie
& une honnêteté charmante un efprit aifé
& docile une heureufe éducation & plu-
fieurs autres bonnes qualitez, le reçeut avec
joie &: prédit dès-lors aux Clercs qui
l'accompagnoient qu'il efperoit beaucoup
de lui. L'auteur de la legende dit qu'un
petit oifeau de la forme d'une colombe pa-
rut en cette occafion fur la tête de S. Brieuc;
mais c'eft une pieufe invention du Legen-
daire, dont l'expreffion même eft extrava-
gante. Car que peut fignifier un petit oifeau
de la forme d'une colombe ? La colombe n'eft
point un petit oifeau.
Saint Germain revenant de la Bretagne
infulaire en France, vers la fin de l'an 430.
ou au commencement de 431. amenafon
nouveau difciple avec lui auïïl bien que le
fameux Hiltut ce qui fut un avantage ré-
ciproque à tous les deux qui eurent encore, >
l'un & l'autre 3 le bonheur de trouver faint
Patrice à Auxerre oit ils vécurent quel-
que tems enfemble.
Il eft vrai que la legende manufcrire de
faint Serge auffi bien que le vieux & le
nouveau Breviaire du diocefe de S. Brieuc
difent uès-pofitivemcnt que ce fut l'autre
faint Germain qui fut fon ma.ître Se que
les parens de Brieuc le lui envolèrent à
Paris à l'âge de dix ans. Cette confidera-
tion feroit affurément plus forte que tous
les raifonnemens contraires Se obligeroic
necefTairement de renvoïer faint Brieuc à
fix ou fept vingt ans plû-tard qu'on ne le
met ici fi cette legende ne fe détruifbic
pas elle même premierement en fuppo-
fant que Germain maître de faint Brieuc
fut Evêque plus de 25. ans ce qui ne peut
convenir à Germain de Paris qui ne l'a
été que 20. ou ai. c'eft à fçavoir depuis
555. jufqu'en 57 f. Se en fecond lieu en
difant que faint Patrice & faint Hiltuc
étoient avec Brieuc fous la difeipline de
Germain. Car Patrice & Hiltut n'ont pu
être difciples de faint Germain de Paris y
beaucoup pofterieur au tems ou ils ont vécu;
Se ont été difciples tous deux, de faine
Germain d'Auxerre d'où il s'enfuit que
c'eft de faint Germain d'Auxerre que l'au-
teur de la légende a voulu parler quoi-
qu'il ait mis par un faux préjugé faine
Germain Evcque de Paris 8c peutécre mê-
Avicpila qui-
dam înffecit
cdiimit.