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S-AINT BRIEUC.

t.

M a y.

x.

Mat,

Vigornî

ne fu c érige

qu'en 680. au

rems du Roy

AtheUcde»

vu ces titres 8c s'il avoit -mieux feu l'hi- r
ftoire particuliere de la province de Breta- i
gne. il n'auroit pas dit qu'on peut fuppo- t
fer avec raifon deux differens fyftêmes de
la vie de faint Brieuc le premier en le a
faifant difciple de faint Germain d'Auxerre; } c
le fecond. en le faifant élevé de faint Ger- i
main de Paris. Car il femble que le fecond t
eft infoûtenable & qu'il n'y a que le pre- <
mier qu'on puiffe reduire à la veritable hi- 1
ftoire j Se c'eft ce que l'on va tâcher de i
faire. 1
Brieuc, Briomagle, ou Vriomacle; en la- 1
tin Erkcus Brioccius & Briomaclus, étoit fils <
d'un Seigneur de grande diftinction nom- e
cerpus. Sa mère s'appelloit Eldrude. Bol- t
fondus a cru que ce nom d'Eldrude étoit
indubitablement Saxon Se il prétend qu'on (
en peut tirer une forte conjecture que le c
Saint ne vint au monde, qu'allez long-tems 1
après l'arrivée des Saxons puifque fa mere <
étoit Saxonne. Cela favoriferoit beaucoup 1
le fentiment de ceux qui le placent au tems c
de faint Germain de Paris vers l'an 550. 1
Mais comme le nom d'Eldrudeft auffi Bre.
ton j compofé de la prépofmon reduplica- i
tive Ell, Se de drud qui fignifie illufire ou 1
bien- aimé on n'y voit rien qui ne fait de
la langue Bretonne. On a beaucoup plus
de peine à décider quel étoit le pais de faint <
Brieuc j car on ne connoît point cette Co- 1
rïtuiana regio, dont il eft dit par tout qu'il 1
étoit natif. Les uns veulent que ce foit le '<̃
païs des Ceretes à l'occident de la Cam- 1
brie vers l'Irlande, qui ie nomme en latin (
Caetica yOnCireticanaregio SienAnglois <
Cardigan- foire Se leur fondement eft, ou- 1
tre le rapport des noms que le Saint étoic J
parent des Princes Bretons fortis pour la J
plû-part, de la Cambrie. D'autres vou- •>
droient le faire originaire du païs des ancien'S ]
Coretans, ou Coriraves fituez fur le fleuve
de Trente quihabifoientlepaïsoùibntà j i
prefent les Comtez de Stafford & de Dam- J
bye Se ils fe fondent fur ce que S. Germain, a
d'Auxerre n'a jamais été connu des Ceretes, i
mais ieulemeni de ces Coritans. Quelques- <
uns ont prétendu que c'étoit le païs de
Cork en Irlande qui étoit marqué par
cette contrée des Coriticiens 8e que faint
Brieuc y avoic peutêtre eu pour maître quel-
̃j'qu'un des Saints du nom de Gormain qui
,.py ont été celebres dont on a fait mal-à-
propos un faint Germain. Enfin il s'en eft
trouvé qui ont voulu faire naître St. Brieuc
dans la Cornouaille infulaire j Se c'efl; le
parti qu'ont fuivi le P. Albert Si Ber'tran
d'Argentré. Nous ne prétendons pas pro-
noncer définitivement fur ce different fi
ce n'eft pour exclure l'Irlande, dont on n'a

nulle raifon de faire la patrie de faint Brieuc.
Au refte comme on trouve en Ptolemée
un corinium allez près & en deçà de la Sa-
verne, proche de la fourte de la Tamife <
au lieu eft à prefent le Comté de Glo-
ceftre &: comme il n'y a pas grande dif-
ference"entre Corinianet & Coriûciana regio
nous trouvons d'autant plus probable que
c'étoit le païs de faint Brieuc que cette po-
fitbn eft affez voifine de la Cambrie, d'où
il paroît qu'étoient les Princes dont il étoit
parent; & qu'elle n'eft pas fi éloignée des
lieux faint Germain d'Auxerre prêcha
que Brieuc n'ait pu l'y aller voir. Quoiqu'il
en foit il doit demeurer pour confiant
qu'il étoit Breton.

Ses parens n'étoient pas moins riches,
qu'ils étoient nobles mais Bollandus ne peut
croire qu'ils fuifent encore Païens car tous
les Bretons dit-il, étoient depuis long-tems
convertis à la foy. Cette difficulté paroît
bien plus grande encore dans l'opinion de
ceux qui font naître faint Brieuc au tems de
faint Germain Evêque de Paris près de fix
vingt ou de cent quarante ans depuis que
faint Germain d'Auxerre eut prêché dans
l'Ifle la Grace de J. C. Car fi tout étoic
Chrétien dès le tems de S. Germain d'Au-
xerre en 43 o. Comment pourra-t-on croire
qu'il y eût des contrées toutes idolâtres au
tems de faint Germain Evêque de Paris
vers 570. ou 575 ? Cependant on ne peut
affurer plus positivement ni plus claire-
ment, que fait la legende de faint Brieuc, a
que fes parens &c fes compatriotes étoient
encore dans les tenebres du paganiûne >
lorfqu'il nacquit Se il n'y a que l'abrégé de
fa vie dont on a parlé qui n'en dit rien
foit que l'auteur de cet abregé n'ait pas trou-
cela dans fon original foit ( ce qui eft
plus vraifemblable ) qu'il l'ait retranché.
On peut entendre en deux maniere^cette
idolâtrie des parens de S. Brieuc Si de fon
païs. La première en difant, conformément
au texte, qu'il y avoir efFeftivement encore
alors dans la Cambrie Se dans le canton
de Gloceftre des païs écartez > la lu-
miere de l'Evangile n'avoitpas pénétré ce
qui ne paroîtra pas beaucoup étrange à ceux
qui feront reflexion à la fituation de ces
deux contrées aux érections des fiéges de
Landaff, de faint Daviez de Kaerleon
Si de faint Afaph de Bangor en Cambrie, >
& de Wigorn pour Gloceftre érections
pofterienres à la naiffance Se à l'éducation
de faint Brieuc difciple de faint Germain
d'Auxerre 5 Se enfin qu'il eft dit d.ms la vie
de faint Samfon qu'il y avoit encore de
fon tems plufieurs Païens au deça de la Sa-
verne dans le Sommerfec & le Dsvon-shire»
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