SAINT PATERN.
16.
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T.
MAY.
11?.
Avr.ii,
ou félon quelques rnanufcrits [e troifiémc,
c'eft-à-dire après Nunnechius Evêque de
Nantes. On,croit que cette affembléefe fit
pour l'ordination de faint Patern comme
le porte le titre de ce Concile, dans le re-
cueil des Conciles du P. Labbe & avec
fondement ̃> puifque la lettre qui eft à la
tête de ce même Concile fait foi que ce
qui avoit raffemblé ces Prélats étoit le
delTein d'ordonner un Evêque: causa ordi.
nanài Epifcopi. L'ancienne édition porte
causa erdinandi Epîfcopatus le deflein de
regler l'Evêché ce qui confirme l'ancien-
ne Se conftante tradition de l'Eglife de Van-
ries, que S. Patern a été le premier Evêque
de cette ville. C'eft tout ce que nous avons
d'allure touchant ce faint Prekt car le
jour même de fa mort marqué au 16.
d'Avril a été emprunté d'un autre faint
Patern Evêque d'Avranches qui a vêcu
long-tems après celui-ci, & qui déceda en
effet le 1 6. d'Avril. Quant aux aftes les
Eglifes de Qu imper 8c de Vannes avoient
autrefois adopté ceux d'un Patern fabuleux,
que les Bretons de l'Iile auteurs de ces
at"bes faifoient vivre près de cent ans aprés
ie nôtre & lui attribuoient mille chofés qui
ne fe peuvent lire ferieufement, Se qui n'ont
d'autre fondement qu'une imagination
feconde en rêveries. On' a eu honte dans la
fuite d'avoir adopté ces fables Si on les a
rejettées des nouveaux. Bréviaires ou tou-
tes, ou la plus grande partie. On fait quel-
ques difficultez fur la fignature de faint Pa-
eern au Concile de Vannes & l'on pré-
tend contefter qu'il y ait été ordonne Evê-
que, à caufe que ton nom précède dans les
fignatures ceux de quelques autres Evêques
plus anciens que lui. On peut répondre à
cela ou qu'on lui ceda l'honneur de ligner
des premiers parce qu'il étoit dans ion
Evcché ou qu'en ce tems là on n'étoit
pas pointilleux fur le cérémonial ou que
les copiftes peuvent avoir tranfpofé les fi-
gnatures Ou enfin que Patern pouvoic
effectivement être plus ancien que ceux de-
vant qu'il a fîgné S£ avoir été ordonné
Evêque dans rifle de Bretagne 5 auquel cas
il faudroit préférer l'ancienne leçon jE~
'.opatus à celle d'Epifcopi gc dire les
Evêques affemblez à Vannes s'y étoient
réunis non pas pour ordonner l'Evêque,
mais pour regler l'Evêché le former &c
sn marquer les bornes causa ordinandi
Epifcopœtus.
L'Egife de Vannes, outre le jour du
lecez au 16. d'Avril celebre le 2.1. Juin
atranflation de faint Patern. Quand l'Evê.
}ue Salvator & quelques autres prirent
a fuite, à la fin du neuviéme fiécle, pour
Bij ij
dérober à h fureur des Normans plufieurs
corps de nos Saints le corps de faint Pa-
tern, ou la plus grande partie, fut du nom-
bre des Reliques qui furent enlevées de Bre-
tagne & portées en France. On dit que le
corps de faint Patern fut depofe à Mar-
moutier auprès de Tours mais on fe trom-
pe, ou bien faut dire qu'il fut depuis tranf-
porté de Mannoutier à l'Abbaye d'Iïïoudun
en Berri qui poiTedoit autrefois les Reli-
ques de faint Patern Evêque de Vannes,
qui ont été ôtées de l'Eglifi de l'Abbaïe
pour être mifes dans un Prieuré qui en dé-
pend, comme nous l'apprenons du voïage
littéraire de Doni Edmond Martcnnc page
az. On a bâti, à l'honneur de laint Patem,
une grande Eglifc paroiiîulc dans l'un des
fauxbourgs de Vannes. Le nom du S. Evê-
que fe trouve dans les Litanies Angloifcsdu
VII. iîécle. Il y a auflulans l'Evêché de St.
Malo une Eglife paroi/liale quifemble por-
ter fon nom j elle fe nomme fàint Pern &c
c'eft aufTi le nom qu'a pris une famille noble
de la province de Bretagne.
S A INT BKÏEV C a
Premier Evêque t;e an Diocef» qui porte
fon nom &* Confijjèar,
V. SIECLE.
N n'a pi! trouver qu'une partie de la
légende originale de S. Brieuc que
Boliap.dus fouhaitoit de voir pour décou-
vrir fi le Bréviaire moderne de S. Brieuc
n'a rien fupprimé qui pût fervir à en éclai-
cir l'iiiitoirc, ou s'il n'y a rien ajouré qui
la corrompe. Cc fragment qui com prend
prefque toute la légende cil dans un Le-
ctionnaire snanuferit de l'Abbaïe de S. Serge
d'Angers l'écriture en paroît, au moins 5
de fix cens ans j Se c'eft delà que l'ancien
Bréviaire du diocefedeS. Brieuc a pris mot
pour mot fes leçons. Nous avons encore vu 3
dans les mémoires m.inufcnts duP. Augu-
flin du Paz quelques autres morceaux de
legende qu'on peut confidercr comme le
fupplément de ce qui a été omis dans l'an-
cien Bréviaire pour y reduire la légende
entiere à douze leçons maison n'en a pu j:
recouvrer le texte original, On y voit l'hi-:i<
ftdire de l'arrivée du Saint dans l'Armori-
que, dont le Légionnaire de faint Serge ne
dit pas un mot. Enfin nous avons vu, de
plus un petit abrégé manufcrit de la vie
du même Saint qui eft dans une collection
de pièces anciennes conùrvée aux archi-
ves de l'Eglife de Nantes, Si Bollandus avoic
n
Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, FOL-LN20-35(A)