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SAINTE URSULE.

ir.-

ÔCTOB.

21

xG.

pagnes mais au lieu d'onze mille, > il lui en
donne foixante-onze mille onze mille fille
de condition noble, deftinées pour les offi-
ciers & les foldats de diftincYion de l'armée
imaginaire du fabuleux Conan Meriadec S S:
foixante mille roturières deftinées à épou-
fer les fimples foldats les goujars & les
vivandiers de cette armée triomphante.
Le feul recit de cette fable en fait la re-
futation. Mais l'Eglife s'elt-elle donc trom-
pée, en rendant un culte religieux, depuis
un tems immémorial à des perfonnes qui
n'ont point exifté Non fans doute mais
le culte qu'elle rend à fainte Urfule & à Ces
compagnes n'autorife en aucune maniere
les narrations chimeriques Si les extrava-
gances des écrivans qui ont voulu abufer
de la crédulité du public pour donner cours
à leurs vifions pleines de folie. Ingomar
auteur fenfé du IXe. fiéele nous apprend
dans la genealogie de faint Jucticaè'l qu'il
fait remonter jufqu'à Riv/al qui amena les
Bretons dans l'Armorique que Rwal avoic
un frere appellé Dionot. C'eû le même
apparemment que les legendes fabu-
îeufes dans le relle Se veritables en cet
article, font pere de fainte Urfule. Il paroîr
donc ( Se c'eft auffi le fentiment de Harpf-
feld auteur Anglois ) que dans la défolation
générale de la Bretagne infulaire caufée par
l'invafion des Saxons, pluiieurs Bretons étant
̃ paflêz dans l'Armorique Se y ayant trou-
un établiflement meilleur & plus paifl»
ble qu'ils ne l'avoient efperé mandérent
à leurs femmes Se à leurs filles de les venir
trouver > Se qu'alors Urfule &fes compa-
gnes s'embarquèrent pour aller joindre leurs
parensi mais que, furprifes d'une tempête,
elles furent jettées à l'embouchuee du Rhin,
elles rencontrèrent une troupe de bar-
bares qui les firent captives, les emmenè-
rentjulqu'aupres de Cologne & trouvant
toutes plus jaloufcs de la confervation
de leur pudicité & de leur foy que de la
confervation de leur vie, reiiftoientgene-
reufernent à leurs recherches brutales ils
les malTacrérent impitoyablement dans un
îranfport de fureur que quelque débauche
d'idolâtrie & le mépris de leur pa/Tïon
avoit allumée.

Ce fyftêmc n'a rien qui puiffe obliger
la raifon à le rebuter. Et fi ceux qui le fui-
vent ont de la peine à faire trouver à point
nommé vne armée de Huns fur les bords
du Rhin quelques années après qu'Attila
̃fut chaffé des Gaules du moins peuvent-
ils donner une bonne raifon de l'affembléc
& de l'embarquement de ce grand nombre
de Martyres. Le nom même de l'Empe-
reur Maxime fous l'Empire duquel la plu-

OCTOB*

Avril,

part ont placé cette avanture s'y rencon-
tre heureufemenc » pourvu que l'on dife
que ces Martyres furent égorgées du tems
de Petrone-Maxime fuccefieur de Valen-
tinien ce qui s'accorde affez. bien avec
la chronologie, & l'on ne peut nier j qu'au
défaut des Huns il couroit de toutes parts
en ce tems-là des troupes de barbares auffi
cruels Se auffi impudiques que les Huns.
Mais en fuivant ce fyflême qui paroît fi
probable, on fera oblige de convenir que
toutes les compagnes de fainte Urfule n'é-
toient pas des vierges. Elles n'en font pas
moins dignes de nos refpe&s Si du culte
que l'Eglife leur rend depuis fi long-rems.
On ne fçait pas précifément pourquoi la
maifon de Sorbonne a choifi fainte Urfule
pour patrone de fon Eglife. La fête de cette
Sainte y eft célébrée tous les ans avec beau-
coup de folennité & l'on y prononce deux
panegyriques en fon honneur l'un en latin.,
Se l'autre en francois.

La fête de fainte Urfule 6e des onze
mille vierges eft marquée à trois leçons»
dans la plupart des anciens calendriers de
Bretagne au 21. d'Octobre. L'Eglife de
Vannes, dans fon propre imprimé en 1 66qÎ
fait office femi -double le z. de May de
fainte A vie ou Avoie Vierge Se Mar-
tyre, ou autrement dite fainte Avée dont
une Eglife du diocefe porte le nom & l'on
croit que cette Sainte a été l'une des coma
pagnes defainte Urfule.

Dans la paroiffe de St. Juyat auprès de
Dinan, au diocefe de St. Malo fe fait, le
z i. Ocîobre la fête de faint Juvat fous le
rite de Martyr non Pontife Se l'on ren-
voie la fête de fainte Urfule au premier jour
fuivant qui fc trouve libre. On n'y a de ce
Saint ni leçons ni oraifons propres ce
qui fait voir que l'on ignore les particuia-
ritez de fa vie Se du tems auquel il a-ivecu.
L'Eglife qui porte fon nom eft ancienne, &:
dans des a£tes de l'an 1 182. elle eft appd-
lée Ecclefia fancîijwvati. On invoque auffi
ce Saint dans les Litanies qui font à l'ufage
de la paroiffe fous le nom de Sainte Juvate.
On affure mais ce n'eft qu'une tradition
populaire, qu'il étoit Prêtre Se qu'il fouf-
frit le martyre avec fainte Urfule, dont on
veut qu'il ait été directeur.

SAINT PJTERN

Premier Evêque de Vannes, CûK/~f~
V. SIECLE.

ENviron l'an 465.il il Ce tint un Concile
de Íix Evêques à Vannes Pater-
nus figna après Perpetuus Evêque de Tours,
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