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Title : Les vies des saints de Bretagne et des personnes d'une éminente piété qui ont vécu dans la même province , avec une addition à l'Histoire de Bretagne, par Dom Gui-Alexis Lobineau,...

Author : Lobineau, Guy-Alexis (1666-1727)

Publisher : par la Compagnie des imprimeurs-libraires (Rennes)

Date of publication : 1725

Subject : Saints -- France -- Bretagne (France) -- Biographies

Type : monographie imprimée

Language : French

Format : 576 p. : fig. ; in-fol.

Format : application/pdf

Copyright : domaine public

Identifier : ark:/12148/bpt6k114592x

Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, FOL-LN20-35(A)

Relation : Notice d'ensemble : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb30826013z

Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb30826013z

Provenance : bnf.fr

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Title : Les vies des saints de Bretagne et des personnes d'une éminente piété qui ont vécu dans la même province , avec une addition à l'Histoire de Bretagne, par Dom Gui-Alexis Lobineau,...

Author : Lobineau, Guy-Alexis (1666-1727)

Url of the page : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k114592x/f43


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SAINTE URSULE.

ai.

PCTOE.

at.

nom fut raïé du catalogue des Papes s Se
toute la troupe des vierges perdit dès es
moment la faveur de la Cour Romaine. La
milice Romaine étoit gouvernée par deux
feelerats, Maxime fie Afïïicain,qui voïanc
cette grande multitude de vierges qui atti-
roient beaucoup de monde après elles
hommes & femmes craignirent qae i.i re-
ligion Chrétienne ne prît de trop grands
accroiflemens par leur moïen. Après s'être
donc fait informer de leur route ils en-
voïérent prier Jules leur coufin, Prince de
la nation des Huns, de conduire fon année
contre fes filles quand ellcs feroient à Co-
iogne ] Se de lés faire mourir. Le bienheu-
reux Cyriaque forcit de Rome avec cette
noble multitude de vierge fuivi de Vincent
Prêtre Cardinal, Si d'un certain Jacque ori-
ginaire de rifle de Bretagne qui étant allé
à Antioche ,yavoit été Patriarche pendant
fept ans. Il étôit venu voir le Pape fon com-
patriote, & s'en retournoit à fon Patriarcat i
mais. averti de l'arrivée des vierges il
voit rebrouffé chemin, & fe rendit compa-
gnon de leur voïage pour l'être de leur
nunyre. Maurice Evêque d'une ville, que les
a&cs fabuleux nomment Levitane, oncle de
BabileA: de Julienne; Folkrius,oti Solicius
Evéque de Lucquss » Se Sulpife Evêque de
Ravenne s'attachérent aufïï aux vierges»
Le père d'Ethcréc époux futur de fainte Ur-
fule » étoit mort la prcmiere année de la
conversion de ton fils & lui avoit laifle le
.Royaume. Quand les vierges partirent de
Rome > Etherée fut averti divinement de
faire baptifer fa mere Se d'aller à Cologne
à la rencontre de fon époufe pour y être
martyrisé avec clic. Il fit donner le baptême
à la Reine fa mère Si partit avec elle
avec fa petite feeur Florentine, aufîî Chré-
tienne St. l'Evêque Clément. Arcaldus 3
ou Marfulus Evoque de quelque ville en
Grèce fit aufli le voïage dans la compa-
gnie d'Urfule avec fa nièce Confiance
fille de Dorothée Roy de Conftantinople
laquelle avoit été fiancée avec un jeune
homme fils d'un Roy inconnu mais de-
meurée veuve avant les nôces; elle avoit
voué fa virginité à Dieu. L'oncle & la nié-
ce > avertis par une viGan > étoient venus
à Rome pour fe joindre à la Compagnie
Se «lier cueillir avec elle la palme du. mar-
tyre. Les vierges accompagnées de ces
Evéques ie rendirent devant Cologne
qu'elles trouvércnt afïiegée par les Huns.
Les Barbares les attaquèrent & tuérent
toute cette multitude. Ils épargnèrent Ur-
fule, Zc la trouvant fi belle ils la préfen-
térent à leur Prince qui tâcha de la con-
foler de la mort de toutes fes compagnes >

B

Ocres.

en lui promettant de l'époufer. Ellerefuface
trifte honneur, & le Barbare choqué de t
fon refus lui tira une flèche dont il lui
ôta la vie. Une feule des vierges appelles
Cordule avoir pris la fuite de fr.fieur
& s'étoit cachée dans un navire elle
pafla la nuit. Elle eut honte de fa lâcheté »
Se le lendemain elle s'offrit volontairement.
à la mort qu'on ne refufa pas de lui don-
ner. Comme à caufe de fa faite on
faifoit pas fa fête avec celle des onze mille
autres elle apparut depuis à une Rcclufe s
Se lui commanda que fa fête fût célébrée
le lendemain de celle des autres. La paf
fion de ces faintes vieïges eft datée par la
plus ancienne légende de Tan de J. C.
Z38. Elle raconte de plus qu'un certain
Abbé aïant obtenu de l'Abbcfle de Colo-
gne le corps d'une des vierges qu'il avois
promis de mettre fous l'autel de fan Eglile
dans une caiffe d'argent ne le mit que dans
une caifle de bois. Une nuit comme il
chantoit Matines avec fa communauté 3 cet-
te fainte vierge parut defeendre de l'Autel ?
y faire' la révérence » 5c s'en aller à tra»
vers le choeur des Religieux. On alla voir
à fa chalfe que l'on trouva vuide au
grand étonnement de l'Abbé Se de tous tes
moines. Il retourna prier l'Abbefle de lui
donner un autre corps de ces faintes vier-
ges mais il ne pur rien obtenir quoiqu'il
promit défaire une chafle très précieufe*
Un bon Religieux, fort dévot à ces faintes
filles étant tombé dangereulcment mala-
de, vit une vierge d'une grande beauté qui
fe préfentoie à lui Se qui lui demandoitfi
die étoit connue de lui. Il avoüa for. igno-
rance defïiis i & la vierge qui lui appa-
roiffoit lui dit qu'elle étoit une des onze
mille envers lesquelles il avoit tant de dé-
votion j elle ajouta que li à leur hon-
neur, il vouloit dire onze mille fois le Pa-
ter il les aurait à fon fecours à l'heure de
la mort. Le pauvre malade fe hâta de te.
citer cette longue tâche Se ne l'eue pas
plûiôc finie, qu'ii appella fon Abbé pour
avoir l'extrcme-onclion. Comme on en fi-
nifToitla cérémonie il s'écria Retins, vous,
faites place aux vierges faintes. L'Abbé vou-
lut fçavoir ce que c'étoit. Le malade lui dit
que c'étoit fainte Urfule & fes compagnes.
La communauté leur céda la place avec
refpect Se quand elle fut rentrée, elle trou-
va que le malade avoit pafTé tranquillement
au féjour des bienheureux.

Voilà le premier canevas du martyre de.
fainte Urfule. uir lequel on a beaucoup
brodé depuis Geoffroy do Monmouth
entr'autres, a faifi pour fon Conan Meria-
dec Se fes troupes, fainte Urfuk &c fes cora-

Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, FOL-LN20-35(A)

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