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a voulu fanctifier tous les Etats t pour nous faire voir qu'il n'y en
a point où il n'ait des Elus. S a gr ace pui fiante pénètre par tout', elle
détruit l'orgueil dans les Grands elle induit la délicate/e à fubir
les aufleriîez, de la pénitence elle détache le liiche de l'amour des
biens temporels elle étouffe les murmures du Pauvre elle rend le
Servant humble & l'Ignorant éclairé s elle infpire le âéjir de l'obfcu-
nié à ceux qui pouvaient le plus briller dans lejséclej elle tire des
ténèbres ceux que le mépris d'eux-mêmes y avoir en fevelis elle in f-
pire aux Puiffances du mépris pour l'éclat qui lés environne elle
donne à la foibleffe des forces inconnues a lanatun & la bonté
divine riche & libérale envers tous répand diverfement fes bien-
faits afin de donner à tous ceux qui en entendent le récit 3 des
motifs de confiance & de courage. Non-feulement les Jiécles ipafiezj
on vu fleurir la pieté dans, la Bretagne elle fcmble y avoir re-
pris de nouvelles forces dans le notre & dans celuy qui l'a précédé
immédiatement. Les deux moyens qui fervent le plus à maintenir
l'innocence des mœurs ou a remédier promptememt aux chutes ott
nous entraînent la foibleffe & la corruption ont ejîé infpirezj de
Dieu- a nôtre Province avant qu'ils fujpnt en pratique dans les
autres; je veux dire les Adijfians & les Retraites j &xsjl dechezj
nous que ces heurtufes fources ont porté dans -les pais voijîns les
torrens de grâce & de bénédiction. Vous auriez, fans dKoute
MES SE I G NE V RS trouvé mauvais qu'un bien qui 'vous
ejl propre eut été confier é à d'autres qu'à vous. Ainji que ce grand
homme que Dieu defiina autrefois pour ejlre l'exemple la confo-
lation & le foutien de fes frères dans la captivité vous pouvez,
dire Nous fommes les enfans des Saines,, & comme tels nous Tob.:
attendons cette vie heureufe que Dieu a promife à ceux qui ne
ceilenc point d'efberer en lui y en a parmi vous } dont l'o-
rigine remonte jufquaux Saints des fécles les plus reculez^, &
qui poffedent par le droit du fang les mêmes terres & les mêmes s
fiefs dont ils ont joui. Mais fi vous avez, droit de vous dire les
enfans des Saints ceft encore plus fur l'efpritj que fur la chair
que cette parenté doit efire fondée. Il en efi comme de la pofter'uè
d Abraham s cejl fa foi qui l'a rendu le père de tous les croyans i
Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, FOL-LN20-35(A)