loix ont inftitué pour établir furemcnt la verité dans les efprits.
Nous negrofllrons point cette Préface du détail de la nature 6c
du mérite des pieces & des auteurs dont nous nous femmes (ervis
pour la compoiîtion de cet ouvrage. Les Cources où nous avons
puifé, nous les avons indiquées au commencement de chaque vie,
&C fouvent même dans le tiffu de la narration. Il nous eft quel-
quefois arrivé de nous fervir des' propres expreflions des au-
teurs que nous avons fuivis mais nous ne croïons pas pour cela,
devoir pafTer pour plegiaires. Cette mauvaife qualité n'ell dûë qu'à
ceux qui profitent du travail des autres fans les citer & fans leur
rendre l'honneur qui leur appartient en un mot, qui voudraient
paffer pour auteurs quand ils ne font qu'abbreviateurs ou
copiftes.
On a long-tems délibéré s'il feroit expédient de donner à la
fuite de cette hiftoire les acT;es mêmes des Saints dans leur lan-
gue originale. Le public en eût trouvé de nouveaux qui n'ont
point encore paru, ô£ d'autres plus anciens Se plus corrects que
ceux dont on a déja connoiffance..Mais quel parti auroit-on pû
prendre au fujet de ces a£les En les donnant entiers comme
les Bollandiftes ÔC quelques autres ont fait les leur que de
fables Le public n'en a déjà que trop de cette nature 3 &c les
libertins abufent de ces faulTetez étrangères au fujet, pour rendre
douteux le fujet même & le décrier. D'un autre côté fi l'on eût
ufé de retranchement dans ces actes on ne l'eût fouvent pû faire
fans ôter avec des fables la connoiffance de quelques points
importaus de difcipîine> &C de beaucoup d'ufages particuliers
dont il n'eft pas inutile d'être inftruit; Se d'ailleurs le lecteur
auroic peucêtre eu lieu de former des foupçons contre la bonne
foi ou la vigilance de l'auteur, ou de douter de la fureté de
fon choix ou de fon goût. Dans cette incertitude, nous avons
crû devoir ne point toucher à ces actes &l les laifler dans le
cabinet en attendant quel fera là-deffus le fentiment du public.
Nous ne nous fommes pas bornez à donner ici la feule hiftoire
des Saints &£ des Saintes de nôtre Province, que l'Eglifc honore
d'un culte public. Nous y avons joint celle des perfonnes dont
la pieté héroïque Se perfeverante a laiffé leur mémoire en vene-
ration dans la Bretagne. S'il ne nous eft pas encore permis de
leur acfrefTer publiquement des prieres du moins avons-nous
dans leurs exemples de puiffans motifs pour nous attacher à nos
devoirs 5 èc ces exemples ont d'autant plus de force, qu'ils font
pour la plupart & plus furs & plus près de nôtre rems. Dieu
s'eft fervi de ces perionnes dont nous en avons connu quel-
ques-unes, pour nous faire voir que fa grace eft toûjours la mê^
me, que fa main puifTante s'ouvre encore pour faire les mêmes
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Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, FOL-LN20-35(A)