134 VILLIERS DE L'ISLE-ADAIi tions c'est avoir un esprit en fleurs, rayonnant, lumineux et vibrant. C'est aimer l'art, l'espace, les forêts, la poésie, la musique (1,. Lui-même s'est exprimé et expliqué à ce sujet, dans un fragment de brouillon, publié par Remy de Gour- mont au Mercure de France d'août 1890. Voici ces lignes catégoriques « Les sites poétiques me laissent presque toujours assez froid, attendu que le milieu le pius suggestif d'idées réellement poétiques n'est autre que quatre murs, une table et de la paix. Ceux-là qui ne portent pas en eux l'âme de tout ce que le monde peut leur montrer, auront beau le regarder ils ne le reconnaîtront pas, toute chose n'étant belle que selon la pensée de celui qui la regarde et la réfléchit en lui-même. En poésie comme en religion, il faut la foi, et la foi n'a pas besoin de voir avec les yeux du corps pour contempler ce qu'elle reconnaît bien mieux en elle-rnéme. » Et Remy de Gourmont concluait « Villiers de l'Isle-Adam fut tout rêve. Il rêvait de lui, de lui seul. Ses personnages sont créés avec des par- celles de son âme, élevées à l'état d'âmes authentiques et totales. » Son rêve, il le voit et le veut toujours idéal, créé par la foi, étranger à toute logique courante « Qui je suis?. Un être de rêve. Oh ne te réveille pas de moi Ne me bannis pas, sous un prétexte que la raison traître, qui ne peut qu'anéantir, déjà te souffle tout bas (2). Aussi mène-t-il chaque chose à ses principes, et même plus loin, à des affirmations quelque peu anarchiques « Nul ne délimitera la justice d'aucun droit chez les mortels (3). » Où en était-il de ses idées sur l'amour? Également au (1) Henri Chapoutot, op. cit. (2) G'Ève future. Paris, Fasquelle. (3) Akèdysiéril.