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Titre : Villiers de l'Isle-Adam : 32 portraits et documents / Fernand Clerget
Auteur : Clerget, Fernand (1865-1931)
Éditeur : L. Michaud (Paris)
Date d'édition : 1912-1920
Sujet : Villiers de L'Isle-Adam, Auguste de (1838-1889)
Type : monographie imprimée
Langue : Français
Format : 1 vol. (190 p.) : fig., portr., fac-similé, couv. ill. ; in-16
Format : application/pdf
Droits : domaine public
Identifiant : ark:/12148/bpt6k113925m
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 8-G-8745 (13)
Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb319528494
Description : Collection : La vie anecdotique et pittoresque des grands écrivains
Provenance : bnf.fr
Date de mise en ligne : 15/10/2007
villiers de l'isle-adam: 177 pages found
p.NP (3)
. Ó A. de Musset. Gabriel CLOUZET et CHARLES FEGDAL Lamartine. FERNAND CLERGE Villiers de l'Isle-Adam. lirait. d« traduction et de reproduction réserve* pour tout pays.
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= La Vie anecdetiqae et pittoresque = des Grands Ecrivains CLERGET ̃ •̃'̃' ̃ » & -•y VILLIERS nE li'ISItE-ADAH 32 Portraits et Documents SOCIÉTE DES ÉDITIONS LOUIS-MICHAUD 168, Bouloiard Saint-Germain, 168 PARIS
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-Philippe-Auguste de Villiers de l'Isle-Adam, suprême rejeton d'une lignée active, passionnée pour des rêves d'ambition, victorieuse aux débuts, effacée par la suite, malheureuse à la fin, allait la résumer par un dénouement où tout cela se retrouverait activité fiévreuse, rêve magnifique, entrée lumineuse
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6 VILLIERS DE L'ISLE-ADAM de ses quatre sœurs, l'aînée, Pauline, devint religieuse de l'Ordre de la Croix, à Guingamp, et Gabrielle, religieuse du Sacré-Cœur, à Avignon les autres, Julie et Delphine, se marièrent, sans laisser de postérité. De ses deux frères, l'un, Victor, devint curé
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une concession de terrain sans valeur, dépendant d'un vieux château de la famille, près de Quintin. Il embaucha (1) Désigné souvent par le titre de marquis, et quelquefois par celui de baron. Son fils, par la suite, signera fréquemment « Comte Villiers de l'Isle-Adam. »
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10 VILLIERS DE L'ISLE-ADAM Le garçonnet croissait donc en caprice, commandant au lieu d'obéir, apprenant la vie par ces contours arrondis, veloutés, dont elle est si avare qu'il vaut mieux connaître d'abord ses trop nombreuses rudesses. Heureusement douée d'observation et de mémoire, cette jeune
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L'ENFANCE ET LA JEUNESSE 11 kingham, de la branche des Villiers qui avaient suivi Guillaume le Bâtard en Angleterre; et d'autres qui, dignement, soutinrent, sur les mers, le nom illustre et la double devise: Yaoultre! La main l'œuvre (1), quand les aïeux eurent quitté l'Ile-de-France pour venir
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12 VILLIEHS DE L'ISLE-ADAM un peu vaine, s'extasiait devant lui, se montrait tendrement sa sujette. « Jamais grand artiste n'eut de mère plus admirable. Pendant toute sa longue vie, elle ne douta pas un instant de lui, de son génie avec la même simplicilé, la même confiance naïve, elle croyait à
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-Adam, avec portraits et gravures diverses. Saint-Brieuc, 1906. Cette causerie littéraire renseigne sur l'enfance et l'adoJe»cence de Villiers.
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14 VILLIERS DE L'ISLE-ADAM voisin de pupitre se moqua de ses prétentions littéraires. Ah! répliqua-t-il vivement, tu t'imagines que je manque de souffle et de méthode? Tu verras que je puis te prouver lé contraire. Et il commença des pages, intitulées les Chants du Bossu, les accumula durant
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16 VILLIERS DE L'ISLE-ADAM de la Mayenne, les églises, les châteaux des comtes, durent lui agréer mieux que les quartiers modernes distribués sur la plaine de gauche. Il y rima des vers, ses premiers peut-être. Ce serait là aussi qu'il connut Amédée Le Menant, lequel devint son ami. Le Menant avait
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18 VILLIERS DE L'ISLE-ADAM Et plus tard encore, trente années après l'inoubliable idylle, il s'écriera Éterniser une seule heure de l'amour, la plus belle, celle, par exemple, où le mutuel aveu se perdit sous l'éclair du premier baiser, oh! l'arrêter au passage, la fixer et s'y définir! y incarner
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L'ENFANCE ET LA JEUNESSE 19 Elle avait dix-sept ans, j'avais son âge à peine. Souvent le rossignol retenait son haleine En écoutant nos pas légers. Qu'avait-elle donc fait pour mourir la première ? Est-ce un crime de vivre, et l'amour sur la terre N'est-il pas le pardon de Dieu ? « Villiers n'aima
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20 VILLIERS DE L'ISLE-ADAM lueur troublante; sa tête blonde échevelée, ses gestes bizarres, le négligé de son accoutrement, effaraient la correcte société provinciale où, d'ailleurs, il fréquentait peu mais les rares privilégiés qui entraient dans le cercle de son intimité y restaient fascinés
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22 VILLIERS DE L'ISLE-ADAM et à habiter avec elle où bon lui semblerait. Tout dépendait donc de sa décision. Elle aimait trop les siens pour ne pas s'offrir tout de suite à faire ce qu'il fallait. « Les biens furent vendus, les propriétés réalisées, et malgré de grosses pertes résultant
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la seule attention d'un petit cercle de lettrés. En face, triomphaient la fausse littérature, le vaudeville, l'opérette, le feuilleton, ces amusettes qui suffisent au monde. Villiers dut essayer de rencontrer quelques-uns des écrivains de race; mais on ne lui connaît alors d'autre relation qu'Amédée
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24 VILLIERS DE L'ISLE-ADAM à la prédestination de Villiers, mais il se demandait avec inquiétude, lui, catholique fervent, quel serait le rôle de la foi dans l'évolution de ce génie. Villiers avait perdu la foi de son enfance, sa douce foi de fils pieux de la Bretagne et de l'Eglise, la jolie foi
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LES ROMANTIQUES DU SECOND EMPIRE 25 Sans doute Paris froissait ses rèves, narguait sa sensisibilité, méprisait son désintéressement. « Allait-il se plier aux exigences de la vie? Allait-il au contraire se révolter?. Il semble que Villiers de l'Isle-Adam n'hésita pas; la noblesse mystique de son
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26 VILLIERS DE L'ISLE-ADAM réalisation de ses idées étranges, jusque-là un peu vagues. Plein de ses rêves, impatient de la forme toujours trop lente à venir, il les parlait, les vivait, dans les promenades nocturnes, aux cafés, devant les amis surpris de cette fl;1mme, voire à des camarades
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de pipes et de cigarettes. La philosophie allemande passionnait alors le maître du logis elle s'empara bientôt de l'esprit profond de Villiers de l'Isle-Adam. Son ami l'initia aux brillantes théories spiritualistes de Hegel, dont il était le fervent disciple. La vaste poésie du penseur allemand
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28 VILLIERS DE L'ISLE-ADAM Fatte des vanités humaines, A ses pieds saignent bien des haines Souvent il voile bien des peines La foule obscure reste au seuil. Sapin couvert d'hermines blanches, Il a sceptre et lauriers pour branches Il est formé de quatre planches, Absolument comme un cercueil
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. Une vieille bonne, chargée de le surveiller, alla ouvrir. Villiers entra en coup de vent, sauta par-dessus la table derrière laquelle se tenait Robert, qu'il saisit dans ses bras en criant « Bonjour, petit! Tu ne me connais pas? Je suis le cousin Mathias 1 » Si Robert le connaissait Depuis longtemps
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30 VILLIERS DE L'iSLE-ADAM de grand appétit, questionnant, riant au moindre mot de l'étudiant tout de suite mis à l'aise, relevant sans cesse de la main une grosse mèche blonde qui retombait aussitôt sur les yeux. La vieille bonne le considérait, stupéfaite. Vous savez, lui dit-il tout à coup
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). » Au printemps, ils poussèrent plus loin leurs agréables excursions, des bords du Meu et du Gapan à la plaine maraîchère -de Rennes, des basses collines de Saint-Gilles et Bédée à la forêt de Paimpont. Villiers lisait aussi beaucoup, exercice fructueux pour sa solide mémoire. En été, il corrigea
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32 VILLIERS DE L'ISLE-ADAM trace dans l'oeuvre littéraire des Parnassiens, et cependant, avant la formation du groupe, il était très écouté Villiers aimait ce censeur éclairé, sévère. Un Bordelais nouvellement arrivé, Catulle Mendès, réunit vers ce temps les jeunes lettrés à la Revue lantaisiste
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, ce regard très doux de visionnaire et d'enfant, ce petit rire amusé dont Villiers de l'Isle-Adam coupait naïvement et accentuait curieusement son récit, le geste enfin fréquent, élégant et inquiétant par lequel le conteur portait la main, une main d'évêque grand seigneur, à ses beaux cheveux, pour
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34 VILLIERS DE L'ISLE-ADAM ou ramener son imagination vagabonde des confins même de la folie. Et cette vision du conteur était souvent plus fantastique que le conte lui-même (1). » En décembre de cette année 1859, parurent à Lyon, chez Scheuring et Ci, ses Premières Poésies, recueil romantique
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SaintBrieuc, sans doute au commencement de 1860. Ce fut de là que Villiers écrivit à saudelaire « Monsieur, Il Je sais, dans ma très petite expérience, combien il est pénible d'écrire une lettre. On n'écrit presque jamais (j'entends les esprits à de certaines allures) que par nécessité ou besoin
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36 VILLIERS DE L'TSLE-ADAM M. R. (charmant compagnon, du reste, par exemple !) lorsqu'il me demandait ce que vous aviez créé « Qu'entendez-vous par créer? Qui est-ce qui crée « ou ne crée pas? Que signifie cette chanson, et ce « refrain d'avant le déluge? Baudelaire est le plus puissant
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38 VILLIERS DE L'ISLE-ADAIi tout, comme de raison, quand j'écris une lettre et lorsque j'écris une page littéraire. Vous ne me jugerez pas sur mon déplorable bouquin, et vous aurez de l'indulgence. Je vous affirme que je fais du beau et du très beau dans ce moment-ci, et que vous n'en serez peut
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, la préoccupation de la science et aussi des sciences occultes, de l'amertume, des jugements cruels déjà, enfin la croyance en des luttes décisives pour les plus grands intérêts humains voilà ce qui apparaît dans ce livre, ce qui achève d'éclairer l'évolution de Villiers. Le deuxième volume, a-t-on dit, fut
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40 vILLIERS DE L'ISLE-ADAM mieux terminée de toutes ses fabuleuses histoires (1)? u Villiers n'était plus à Paris quand ce volume fut lancé. Sur le conseil de Le Menant, il s'était rendu à l'abbaye de Solesmes. Dans ce cloître dominant la Sarthe, où soixante bénédictins laborieux mirent à
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42 VILLIERS DE L'iSLE-ADAM Ce n'est pas vous, c'est un homme de cinquante ans qui a fait votre livre vous êtes un monstre Mot sûrement agréable à Villiers, dans cette période où, comme bien d'autres, il recherchait l'excessif. Mais il n'imitait pas toujours les camarades, se replongeait parfois
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en noir les bras et la figure. « Qu'à cela ne tienne! s'écria le « Lion », je serai votre homme. « Villiers le fit répéter, lui indiqua le teinturier; puis le rendez-vous fut fixé au lieu de réunion de la bande poétique pour répéter en costume. Je n'ai pas besoin de dire qu'il n'avait jamais été question
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44 VILLIERS DE L'ISLE-ADAM interruption, la Revue fantaisiste groupait de nouveau les jeunes écrivains. Ses bureaux étaient maintenant rue de Douai. Villiers s'y retrouvait avec Glatigny, Léon Cladel, Mallarmé, Dierx, d'Hervilly, Valade, Mérat, Gabriel Marc, Jean Marras, Coppée; et il rencontrait
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LES ROMANTIQUES DU SECOND EMPIRE 45 en Bretagne essayer de réaliser quelque argent. Et Villiers partit de son côté, en des garnis trop nombreux pour être connus. La pauvreté commençait. Sans argent, trop fier pour s'astreindre à des besognes de journalisme, et trop indépendant pour se plier
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46 VILLIERS DE L'ISLE-ADAM nages sont des idées, ait fortement déplu, en un temps qui exclut si résolument l'idée de sa littérature (1). » Ce fut au temps de l'apparition d'EGén que cessa la correspondance entre Amédée Le Menant et son ami. Le Menant, invariable en sa foi catholique, s'attristait
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, Villiers de l'Isle-Adam, etc. Hérédia, Coppée, Verlaine, Mallarmé, Lepelletier, y firent leurs vrais débuts. Le Parnasse fut un redressement du romantisme proprement dit, qui avait vieilli, et de l'idéalisme moderne, devenu morne, insipide. Cependant le public ne venait
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48 VILLIERS DE L'ISLE-ADAM guère à ces poètes, et la critique restait froide ou hostile. Il y eut jusqu'à trente-sept collaborateurs au Parnasse contemporain. Mais le succès étant surtout idéal, Ricard et Lemerre durent terminer à peu près seuls la publication; le dix-huitième et dernier numéro
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VILLIERS ET LE PARNASSE CONTEMPORAIN é9 qui sont devenus célèbres par leurs oeuvres eh bien! l'impression de cette lecture fut profonde. « Vers quatre heures du matin, lorsque nous quittâmes la maison, et lorsque nous nous retrouvâmes sur le bou- levard désert et rilacé, nous étions encore sous
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50 VILLIERS DE L'ISLE-ADAM n'est certes plus de l'amoureux de seize ans « Poésie et femme? Deux ennemis mortels! Plaire au physique, c'est le secret. Il faut luire, captiver, enlacer, miroiter, étinceler. Au fond des choses, croyez-moi, la femme n'a jamais aimé que le serpent. » Il est une poésie
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, et toute cette méfiance tombait. Un conte précieux, l'Intersigne, croyance au pressentiment, révèle le bon, l'exquis Villiers que son temps a découragé. Il est dédié à son oncle, Victor de Villiers de l'Isle-Adam, curé de Ploumilliau. Il l'aurait écrit près de lui, dans la deuxième quinzaine d'octobre 1866. Il serait
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52 VILLIERS DE L'ISLE-ADAM nion). Cet oncle, brave et digne curé de campagne, fidèle aux coutumes, parlant le breton populaire, était très aimé, surtout des pauvres envers lesquels sa charité était inépuisable; tous les matins, au sortir de sa messe, il donnait audience à la file de miséreux
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VILLIERS ET LE PARNASSE CONTEMPORAIN 53 Gouzien. La collaboration comprenait Leconte de Lisle, Banville, Ricard, Mistral, Mallarmé, Asselineau, de Hérédia, Judith Walter (Judith Gautier), Mérat, d'Hervilly et quelques autres Parnassiens. Il y eut vingt-quatre numéros le premier parut le 13 octobre
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54 YILLIEÜS DE L'ISLE-ADAM Lourd d'une tristesse royale, Mon front songe aux soleils enfuis. Oh cache-moi dans ton sein pâle Ce sera le calme des nuits! La Revue des Lettres et des Arts disparue, faute d'argent, et Ies parents ne pouvaient aider, le comte Joseph persévérant dans ses entreprises
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VILLIERS ET LE PARNASSE CONTEMPORAIN 55 bon répéter ces grandes, ces éternelles, ces inutiles vérités (1)? » La veille donc du départ pour Munich, où l'on allait jouer les Maîtres Ch.anteurs de Nuremberg, l'assistance exigea la lecture de La Révolte. Villiers s'exécuta. « Il n'était plus question
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56 VILMERS DE L'iSLE-ADAM n'est pas de notre avis. Il est vrai que Munich manque un peu de sergents de ville, qu'on n'y chante pas les 1-loinpiers de Nanterre, qu'on y remarque une absence de viols, d'escroqueries et d'assassinats vraiment désolante pour l'avenir de cette capitale. Par contre
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58 VILLIERS DE L'ISLE-ADAM réunions courtoises, spirituelles; on savait encore parler, on pouvait encore trouver le loisir de s'évader hors des banalités; on était encore capable, en certains coins agréables, de se préoccuper d'autre chose que des crinolines, de l'exposition universelle
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variés et comportaient les genres les plus divers. On ne jouait jamais, mais la veille était quand même prolongée, car on soupait et l'on buvait (1). » Parmi les écrivains, les artistes assidus aux soirées de Nina, figuraient Villiers de l'Isle-Adam, Paul Verlaine, Stéphane Mallarmé, François Coppée
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et la profondeur de ses mots (1). » Le 26 juin 1869, la Liberté publia Azraël (l'Annonciateur, épilogue des Contes cruels). « L'esprit de Villiers de l'Isle-Adam vagabonde à travers l'irréel, et, à côté de paysages ou de descriptions actuelles très rares, il vous transmet des visions lointaines
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, constitue une portion de génie. » Nitia de ('alli. Wagner, Gau- tier, Franz Liszt, Leconte de Lisle, Dumas fils, défendirent aussi l'œuvre. Mais Barbey d'Aurevilly, dans le Parlement du 11 mai, publia « M. Villiers de l'Isle-Adam Quel grand nom pour faire des choses si petites Avec ce nom-là
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62 VILLIERS DB L'ISLE-ADADi Ce regret est juste, en principe mais l'idéal rossé, et pis encore, n'est-ce pas bien de nos temps? La pièce, jouée quatre fois, fut arrêtée « comme blessante pour la dignité et la moralité du public de la Bourse et des boulevards a, nota Villiers dans une préface
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VILLIERS ET LE PARNASSE CONTEMPORAIN 63 gré tout, sur quelques passages inexterminables de cette œuvre pour sauver ce qui n'en pourra pas être compris » Les principales œuvres de Wagner devant être jouées, en ce même temps, sur le petit théâtre de Weimar, à l'occasion d'un festival offert au tsar
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64 VILLIBAS DE L'ISLE-ADAM morose et dédaigneux. Ainsi, toujours, l'opinion qui le portait à voir en grandeur tout ce qui était royal ou nobiliaire, lui voilait en même temps ce qu'il entre de décor et d'imagination dans ces grandeurs si spéciales. De retour à Paris, Villiers s'occupa de l'édition
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inspirer la haine et l'horreur de ces grandes tueries, racontera ceci « Villiers de l'Isle-Adam, un jour, nous confia là-dessus un projet de conte. On sait la charge historique des cuirassiers de Reischoffen. Villiers imaginait que pas un homme ne réchappa, que presque tous les chevaux aussi furent
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66 VILLIERS DE L'ISLE-ADAM un hymne guerrier, que la musicienne venait d'écrire sous les sifflements des obus. Les trois hommes portaient la casaque de soldats. Vers minuit, Regnault modula encore une mélodie de Saint-Saëns, avec un accent tel qu'on fut ému et qu'on ressentit une impression étrange
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ingrat; je ne porterai pas de flambeau, ie ne frapperai pas d'ennemis. » « Pour ce drame, Villiers s'était profondément instruit dans la kabbale et avait étudié dans le passé et dans le présent les sciences occultes. Cependant, il était d'un esprit trop puissant et trop analytique pour s'éprendre
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pourtant sur lui un souvenir vivant, net et caractéristique. Le voici « Un soir, en sortant du théâtre avec Albert Mérat et deux autres amis, je rencontrai sur le boulevard Montmartre Villiers de l'Isle-Adam, qu'accompagnait le (1) La Plume, 15 avril 1890. (2) Mercure de France, mars 1890.
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70 VILLIERS DE LISLE-ADAM cigarettes, une franche et allègre cordialité. On parla des beautés à la mode et des poètes nouveaux; on conta des histoires galantes, on dit des vers, on devint expansif. « Villiers, d'abord silencieux et rêveur, sembla tout ragaillardi aux sonorités harmonieuses
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l'en- -meaux La Mort des amants, de Baudelaire. Musique de Villiers de l'Isle-Adam, notée par Mln° Judith Gautier. « Mais soudain, comme à un signal intérieur, les paupières s'abaissent, le visage se fige dans une gravité froide, la voix se tait. Un silence. « Avant qu'ait repris la conversation
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72 VILLIERS DE LtISLE-ADAhI attaque ensuite l'air des fifres du roi Louis XIII. Il se retourne vers nous, rit, met un instant sa tête entre ses mains, se lève, dit ce seul mot « Baudelaire! », improvise un prélude d'une solennelle tendresse et se met àchanter la Mort des amants. Jamais je n'ai rien
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us SACIRIFIÉ 73 Villiera de l'Isle-Adam. Eau-forte tic Loys Delteil. d'après la photographie Carjat (vers 1875). « Quand Villiers de l'Islc-Adam se retourna de nouveau vers nous, ses yeux étaient voilés de larmes, tout son être vibrait comme une lyre. « Telle est l'image que je garde
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74 VILLIERS DE L'iSLE-ADAM Ces heures d'insouciance joyeuse, où toutefois ricanait le rire amer du pessimisme, devaient être rares. La dure pauvreté abattait ces élans. Villiers, né, comme tout écrivain véritable, pour gagner sa vie avec sa plume, ne trouvait guère à exercer sa profession naturelle
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! Oublions! Retrouvons! Recommençons et passons Ventre à terre! Bah le néant saura bien reconnaître les sieng. » Adrien Remacle, dans ses Cahiers de ma vie, dont j'aurai à reparler, a noté « Inventeur factice par divination d'art, Villiers créait le conte pour lui-même et le refaisait, le fond assez
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76 VILLIERS DE L'ISLE-ADAM savants, hommes d'affaires, bateleurs, etc. a remarqué V.-E. Michelet. D'autres l'ont aussi affirmé, notamment Remy de ( Jourmont « Il portait en sa tête des quantités infinies de projets il récitait des livres entiers dont pas une ligne n'était écrite, et ces récitations
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. » Et il ajoute, songeusement « Si vous saviez quelle quantité de silence nous portons en nous! » En ce même mois de janvier, le 22, le jury du concours américain attribua, extraordinairement, mais parmi des manœuvres frauduleuses qui laissèrent planer un doute, le prix au Nouveau Monde. Et Villiers
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, jusqu'à la mort. Villiers était décidément de ces malheureux. Pauvreté, défaites, injustices, rien ne le rendait « raisonnable Il continua ses travaux, collaborant, avons-nous dit, à la République des lettre, au Spectateur, et aussi à la Revue du Monde nouveaac (trois numéros rédigés en chef
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, perfection de beauté, de charme et même d'intelligence. « L'idéal féminin, pour Villiers, s'incarne en un rêve de grâce mystérieuse et d'idéalité surnaturelle. Les femmes qui apparaissent en ses poèmes ont une étrangeté extraterrestre leurs yeux sont mélancoliques comme les claires nuits d'automne
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80 VILLIERS DE L'ISLE-ADAM Mais voici le poète aux bras de la justice! En été de 1876, le Châtelet reprit une pièce Perrinct Leclerc, d'Anicet Bourgeois et Lockroy père, où le maréchal Jean de Villiers était représenté comme traître et lâche. Villiers s'indigna, fit une vaine protestation
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surtout, nie disait-on, un noctambule, et Portrait-charge de Villiers de l'isle-Adam. presque tous ceux qui m'en parlaient avaient fait sa connaissance à des heures étonnantes, dans de.i brasseries extraordinaires; tous ces renseignements ne m'étaient pas très utiles, et je désespérais un peu. lorsqu'une
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82 VILLIERS DE L'ISLE-ADAM soudaine m'oblige à chercher refuge à l'entrée du passage Jouffroy; je considérais machinalement les jeux d'ombre et de lumière que faisait l'averse, lorsque, tout à coup, je le reconnus. » Pourtant la misère l'avait bien changé « Il arrivait du fond du passage, un gros
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qu'il cherchait, dans ce procès, une réclame. Et l'année 1877 s'ouvrit par cette lettre rectificative de Villiers à la presse « Monsieur le Rédacteur en chef, « Voici ma réponse à l'article que vous avez publié à mon sujet. Je désire qu'elle suffise, pour le moment, à tous vos collègues de la presse
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84 VILLIERS DE L'ISLE-ADAM réclame à cette occasion. L'homme n'est que la pensée qu'il a. Pour toute réponse, je prie ceux qui ont eu cette pensée à mon égard de vouloir bien la conserver précieusement. Ils en sont dignes et je me garderai bien de revendiquer leur estime ou leur sympathie
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PLAIDEUR, BOHÈME ET CANDIDAT 85 « Il n'en est pas moins certain, cependant, qu'une ordonnance royale, insérée au Bulletin des Lois, à la date du 7 septembre 1815, autorisa à ajouter à son nom de Villiers, celui de l'Isle-Adam, mon grand-père le vicomte Joseph-Gabriel. » Le duel en resta là. Robert
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; j'entrai très avant dans le secret de sa nature et j'eus la vision de la fleur idéale et splendide qu'il cachait jalousement au plus profond de son cœur; je connus enfin un Villiers de l'Isle-Adam ne ressemblant que de très loin à celui qui charmait par son esprit, par l'étrangeté de ses imaginations
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cousin voulut tenter la force; il demanda un rendez-vous à M. Godfrin, directeur du Théâtre-Français de Bordeaux, qui le donna de suite, et mena, le lendemain soir, dans le cabinet directorial, où se trouvait Aimée Tessandier, Villiers mécontent, morne, soupçonneux. Une lecture fut entreprise, dans
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88 VILLIERS DE L'ISLE-ADAM marge de la société d'affaires, il lui fallut vivre avec d'autres pauvres, les errants du rêve et de la vie, la bohème à grands gestes, à paroles sonores, affamée, révoltée, étouffée. Il traîna les soirs dans les brasseries montmartroises, vagua les nuits par les rues
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cette gaieté diabolique des vieux bonshommes que les livres fantastiques de l'Allemagne signalent dans de séculaires beffrois (1). » Villiers reparut chez Nina de Callias, dite alors de Villard, en son hôtel de la rue des Moines. Nina était toujours secondée par sa mère, Mmo Gaillard. Une habituée
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90 VILLIERS DE L'ISLE-ADAM japonaise c'était un vêtement de satin noir, tout brodé de fleurs éclatantes et merveilleuses, acheté pour elle à Yeddo. Elle avait sur le haut de sa tête, massés en un nœud lourd, ses admirables cheveux sombres, luisants et lisses; des épingles brillantes et bizarres
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dans le libre cénacle. Les esprits alors s'armaient de becs affilés pour éloigner ces int ws. Villiers a conté plus tard, dans son livre Chez tes Passants, une de ces scènes d'exclusion. A une soirée où se trouvaient, avec lui, Charles Cros, Augusta Holmès, Franc-Lamy, Auguste de Châtillon
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92 VILLIERS DE L'ISLE-ADAM Non, monsieur, répondit Villiers en s'inclinant il vous laisse ce soin. Il avait fallu cette ironie directe pour décider l'étranger à redescendre les flancs stricts et narquois du Parnasse. Des charades en vers improvisées à ces soirées, il est regrettable
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PLAIDEUR, BOHÈME ET CANDIDAT 93 criant: Misérables! Puis, il retourne les infortunés; stupéfait, il les contemple, et dit: Oh! oh 11 s'était trompé d'étage. » Il arrivait à Villiers de s'installer n'importe où pour écrire, quand la fièvre de l'inspiration le harcelait. Le peintre Franc-Lamy
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94 ViLLIERS DE L'ISLE-ADAM tout cela dans des cercles d'artistes, au coin de son feu, dans des réunions d'amis, dans les salons auprès des femmes du monde. Pauvre, réduit à la vie de bohème, il lui fallut le noctambulisme à outrance, le brouhaha des brasseries, le heurt brutal des idées
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sur la pensée somptueuse d'un Chateaubriand, mais avec moins de sérénité picturale, avec cette morsure d'eauforte qu'ont infligée trois quarts de siècle sans cesse plus réaliste et qu'impose de plus au style la forte déduction de Villiers de l'Isle-Adam. Un rapprochement à signaler: moins de deux
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96 VILLIERS DE L'ïSLE-ADAM fragile dans la réalisation de ce beau projet. Cependant, à ma grande surprise, Villiers écrivit la première lettre, à laquelle je répondis, et puis ce fut tout. « J'ai gardé pieusement cette première lettre, signée du nom que Villiers s'était choisi en la lisant
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PLAIDEUR, BOHÈME ET CANDIDAT 97 7 Stéphane Mallarmé. Phot. Nadar. figurer Jean de Villiers de l'Isle-Adam parmi ceux qu'aima Isabeau de » Plus tard, Isabeau parut sous un autre titre. Et Clément Rochel a publié les trois contes en 1896, dans la
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98 VILL1ERS DE L'ISLE-ADAM Nouvelle Revue, la Revue encyclopédique et la Revue Bianche. De 1878 date la période amicale des relations de Villiers de '6'Isle-Adam et de Stéphane Mallarmé, plus jeune de quatre ans. Camarades d'avant le Parnasse, écartés ensuite du groupe par leur œuvre de plus
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PLAÏDEUH, BOHÈME ET. CANDIDAT 99 plus tard, et l'on trouva près de lui un mannequin admirablement fait, représentant une jeune fille londonienne. Elle avait été sa fiancée, affirma l'attaché dans un petit cercle où se trouvait Villiers. Mais il adorait le corps et. avait horreur de l'âme. Je suis
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100 VILLIERS DE L'iSLE-ADAM a Elle avait pour lui des délicatesses qu'eût enviées la maitresse la plus passionnée. L'écrivain, avec cette indifférence du bohème qui ne possède rien, laissait habituellement sa clef sur la porte, lorsqu'il rentrait à l'aube, exténué de ses nuits passées à pérorer, à
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PLAIDEUR, BOHÈME ET CANDIDAT 101 les dernières amertumes de la vie, qu'elle partagea ses misères, soigna ses infirmités, qu'en lui donnant un fils, elle lui procura la seule pure joie qu'il ait goûtée ici-bas. Je sais, enfin, qu'à, son lit de mort, en face de l'éternité, Villiers de l'Isle-Adam
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102 VILLIERS DE L'ISLE-ADAM Les cravates étaient pour des réunions électorales. Deux conférences furent faites, des journaux plaisantèrent. Mais la de France appuya l'écrivain, qui tint bon, tout en disant: Je n'ai accepté que pour l'honneur de la défaite. Deux ou trois jours avant celui
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VI « Nouveau Monde » et monde nouveau Es ripostes de Villiers, dans la vie, avaient le surgisseL ment, et par conséquent la vigueur satirique de ses mots écrits. Aussi durent-elles contribuer à lui faire des ennemis parmi les esprits étroits, rancuniers. A un étranger qui lui demandait
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104 VILLIERS DE L'ISLE-ADAM Rougemont. Mais il y a ceux qui comprennent, les admirateurs du poète, les amants éternels de l'art suprême, dont la ferveur respectueuse grandira de connaître ou de relire simplement l'histoire de ces douleurs (1). » S'il gagnait un peu d'argent, il allait le partager
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If NOUVEAU MONDE ET MONDE NOUVEAU 105 Paul Verlaine. Par Eugéno Carrière. Ce fut en 1880 que fut édité, chez Richard et ('il', le Xoureau Monde, drame en cinq actes en prose. Villiers, qui aurait voulu restaurer le théâtre historique par des personnages symbolisant une nation, des événements
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106 VILLIERS DE L'ISLE-ADAM solitaire se mêle à cette vie large, à la nature exubérante de ce monde lointain et neuf. Il s'y laisse revivre. Dernier combattant d'une lignée, ne voyant plus d'ordinaire que découragement et mort dans une société vieillie comme lui-même, il redevient primitif pour
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« NOUVEAU MONDE ET MONDE NOUVEAU 107 PERSONNAGES Annotations de Villiers pour le Nouveau Monde. (Bibliothèque de M. V.-K. Micliekt.) viennent de mourir pleins de gloire. » Si la bohème tente ses dernières aventures, facticement aux Vivants, plus réellement aux Hirsutes, aux Hydropathes, d'autres
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108 VILLIERS DE L'ISLE-ADAM Tristesses, et Léo Trézenik fonde Lutèce, où s'éveille une jeunesse frondeuse, légère, mais française. Au cours de 1881, Villiers et Marie Dantine eurent un fils. Evénement capital. La survenue du petit Victor ne pouvait stimuler l'énergie d'un écrivain aussi acharné à
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T NOUVEAU MONDE ET MONDE NOUVEAU 109 du chantp, puis levant les bras en l'air en inclinant tout son buste sur la table qui les sépare (I). » Le 12 avril 1882, la comtesse de Villiers mourut, au 51 de la rue Saint-Roch. Son fils habitait, alors 38, rue de Bruxelles. Dans le chagrin profond
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11O VILLIERS DE L'ISLE-ADAM « De plus, L. va avoir une belle terre avec un magnifique château féodal avec tourelles, parc, terres, prés et vignes, et une forêt de plusieurs lieues, où nous pourrons exercer nos talents de chasseurs. Et nous allons posséder d'une manière régulière et parfaite
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a NOUVEAU MONDE » ET MONDE NOUVEAU 11i Marras et quelques zélés entreprirent de faire jouer le Nouveau Monde. Une troupe fut constituée, le Théâtre des Nations loué, et le sacrifié de 1876 put croire un instant à une revanche. « Un drame de M. Villiers de l'Isle-Adam va être joué, écrivit Paul
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112 VILLIERS DE L'iSLE-ADAM des intérieurs. Les meubles y semblaient en visite. Et quels étranges meubles Sur la cheminée, une pendule d'hôtel sans globe. Près de la fenêtre, un piano monumental à longue traîne, un piano de gala dont les cordes chevrotaient des marches héroïques avec des voix
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8 VII Villiers-le-Cruel N même temps que Villiers, devant les répétitions désE ordonnées du Nouveau Monde, préparait son sifflet, il guettait l'effet de son livre Contes cruels, édité chez Calmann Lévy en ce mois de février 1883. « Surtout, pas de génie » s'y écriait-il au nom du sens commun
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114 VILLIERS DE L'ISLE-ADAM tié de son âme qui pense, décide et agit devant nous. Il ne faut pas chercher dans son existence des aventures romanesques, des passions à relief, des entreprises anormales. Quand on a parlé de son enfance distraite, de sa jeunesse à rêves grandioses, de sa participation
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qu'elle se présentait, plutôt (1) René Martineau, Un Vivant et Deux Mort», Léon Bloy, Ernest Hello, Villiers de l'Isle-Adam. Chez l'auteur, Tours, 1901 (auj. Versailles).
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116 VILLIERS DE L'ISLE-ADAM que de manquer l'occasion car, en ces choses, un rien de temps compromet tout, la flèche ailée se fait lourde poutre. Inscrivons ici cette anecdote et ce mot que m'a cités V.-E. Michelet, Villiers rencontra un de ces journalistes qui, par leurs moqueries niaises
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VILLIERS-LE-CRUEL 117 l'électricité, et, de temps à autre, remettait A.el sur le chantier. Il écrivait aussi des contes et souvenirs pour un nouveau recueil l'Amour suprrmc. Enfin il restait fidèle aux camarades, si nécessaires à sa verve imaginative, les retrouvait, le soir, aux cafés
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118 VILLIERS DE L'ISLE-ADAM « C'était Verlaine, accompagné de Sivry, son beau-frère; Villiers de l'Isle-Adam, les yeux noyés d'extase dans sa face émaciée de buveur d'absinthe Laurent Tailhade, rêvant déjà du Pays du Mufle; Haraucourt, guetté par les grandes revues Caran d'Ache et sa jolie tournure
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vers, dans un milieu fantaisiste comme le Chat-Noir, peuvent aider à prouver que Villiers restait partout lui-même, à moins qu'il n'ait voulu faire de la contradiction à l'ambiance, par ironie. Cela devenait un rôle, la rectification de tout ce qui clochait dans l'époque. Il était comme à l'affût
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120 VILLIERS DE L'ISLE-ADAM pièces, etc. Une nuit, Villiers annonça joyeusement à unami: Ah tu sais, je vais lance un pétard étonnant. Shakespeare n'est pas Anglais, il est Bourguignon. Cela se voyait, du reste, dans ses pièces. Cet homme-là avait du vin de Bourgogne dans les veines. Enfin
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oubliée, la pauvre Nina; à peine vingt per- Victor Villiers de l'Iile-Adain. Aquarelle de .1.-li. Guth. (Communiqué par Mn" V" Yillicrsde 1 Isle-Adiiin.) sonnes suivirent son convoi. Il parut, quelque temps après, un recueil de ses vers Feu lcls parisiens. Sauf Stéphane Mallarmé revu souvent
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122 VILLIERS DE L'ISLE-ADAM s'occupèrent de lui jusqu'à ses dernières heures. Remy de Gourmont le vit à la Bibliothèque nationale, où d'ailleurs il venait peu. Il se lia définitivement avec Huysmans, après A Rebours; ce fut une affection prévoyante et virile, qui le ranima plus d'une fois. Vers
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VILLIERS-LE-CRUEL 123 disait-il, je me retournerai sur la vie et nous verrons s'il n'y a des trésors que dans Aœel Il affirmait joyeusement avoir trouvé le moyen d'enlever l'or de la Banque de France, mais pas le moyen de l'emporter Plusieurs fois, il dit de lui Je suis peut-être le porte-voix
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124 VILLIERS DE L'ISLE-ADAM réussi. puisqu'on lui élève une statue. J'aurais pas cru (1). » Heureusement pour Villiers, il y avait de petits cercles intimes qui ne le pillaient pas. Les dîners du dimanche soir, chez Huysmans, durent commencer en 1885. Y venaient au début, Villiers de l'Isle-Adam
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un auditeur; mais peu à peu, ce but s'obscurcissait c'était le subconscient qui parlait pour lui. « Je suis persuadé que Villiers de l'Isle-Adam n'a jamais cessé un instant de travailler, même pendant son sommeil. Il ne connaissait pas le crépuscule du réveil après la nuit la plus brève
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de solitude, il aimait promener l'enfant avec lui, l'emmenant même volontiers chez les amis et camarades. Ils devenaient plus nombreux, les camarades, surtout parmi les jeunes, auxquels Villiérs de l'Isle-Adam, comme Paul Verlaine, apparaissait en visage de légende. On y vantait de confiance son
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villiebs-l'ancien 127 de Clichy, beaucoup moins animé qu'aujourd'hui, lorsque, place Blanche, Villiers de l'Isle-Adam passa devant eux, tenant Victor par la main et se dirigeant vers le café Coquet. Le renom légendaire de Villiers, et, par cette froide nuit, son allure sombre qui évoquait
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128 VILLIERS DE L'ISLE-ADAM Le charmant van Lerberghe, trop tôt disparu, m'écrivait à cette époque « C'est l'œuvre du grand Villiers qui « me manque le plus. Je viens de lire dans l'édition de Rops « son immortel et triomphant Akédyssêril. Je lis encore « Axel, aussi immense, Je voudrais lire
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villiers-l'ancien 129 9 rillier8 dr ï Islc- Adam vers ISS't Phot. Allevy. décidèrent de publier une revue. Hemacle fit admettre ce principe: Il Je crois qu'il faut nous proposer une direction vers le plus noble en toutes choses, la beauté morale, de nature et dans l'art, en politique et sociale
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130 VILLIERS DE l'ïSLE-ADAM et respect de l'individu. Grande propreté, et de la tenue, langage et idées. » Le premier numéro de la Revue con- temporaine paruf le 25 janvier 1885. « Ses rédacteurs, disait-on au programme, ont l'entêtement de préférer au goût de tout le monde
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VILLIERS-L'ANCIEN 131 mon grand écrivain outragé, je lui ai répondu avec la gravité nécessaire et suffisante, soumis, même inquiet de la valeur dès lors douteuse de mon œilvre « Ah vous « croyez, Rod ?. Hélas vous avez sans doute raison » Et, j'ai porté à Emile Michelet, pour sa revue. » Suivirent
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132 VILLIERS DE L'ISLE-ADAM peuvent bien subir, à l'état de veille, ces apparitions vraies que le grand nombre ne voit qu'en rêve. Et cela révèle bien l'autre aspect de l'écrivain, non plus le satirique, mais le songeur fabuleux sans cesse tourné vers le passé. A côté de Villiers-le-Cruel, prophète
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la mort (2). « Être atteint d'âme est, pour Villiers de l'Isle-Adam, la suprême glorification d'un de ses héros. C'est être d'une spontanéité naïve, d'un caractère franc, ouvert; c'est aimer se réfugier dans les plus éblouissantes profondeurs des réflexions, des raisonnements, des médita(1) Contes
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bien mieux en elle-rnéme. » Et Remy de Gourmont concluait « Villiers de l'Isle-Adam fut tout rêve. Il rêvait de lui, de lui seul. Ses personnages sont créés avec des parcelles de son âme, élevées à l'état d'âmes authentiques et totales. » Son rêve, il le voit et le veut toujours idéal, créé
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villiers-l'ancien 135 point le plus lointain, le plus effarant, le plus sourcilleux « Ce n'est que dans les nuits désespérées, noires et désolatrices, aux airs inspirateurs de mourir, où nul regret des choses perdues, nul désir des choses rêvées ne palpitent plus dans l'être. c'est en ce vide seul
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136 VILLIERS DE L'ISLE-ADAM manger notre omelette sans se lever, jetant sa serviette, et courir, en frayeur et souvenir de « snobismes» » ou prétendues incorrections, à l'imprimerie. » Cette année 1885, Villiers collaborait, en plus de la Revue contemporaine, au Figaro, à la Revue wagnérienne
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Autographe de Villiers de l'Itle-Âdam. (Fragment d'une lettre à M. V.-E. Michelet.)
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138 VILUERS DE L'iSLE-ADAM des méconnaissances, des jalousies, des refoulades perfides ? Au début de 1886, Axel continue à la .Feune France, l'Ève Future à la Vie moderne. Le 25 mars, la Revue contemporaine publie 1'Évasion, écrite en 1871. « C'est, en deux mots, un conte cruel (1). Puis
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IX Réalisation de son rêve féminin EVANT l'idéal féminin de Villiers de l'Isle-Adam on D serait tenté d'écrire le mot formidable, ou quelque autre adjectif inaccessible tiré du vocabulaire romantique de Hugo, si certaines lignes souples des corps, les délicatesses charmantes ou les ruses
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140 VILLIERS DE L'ISLE-ADAM cette femme non pareille à qui nul ne résistera. Il en avait un besoin si furieux qu'après l'avoir cherchée, vingt ans, parmi les fantômes de ses rêves, il essaya résolument de la créer. L'Ève future est le résultat de cet effort de Titan (1). » Mais, attention! Villiers
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de chiffres, de lettres, d'expressions logarithmiques?. » L'œuvre y aurait perdu son agrément littéraire, sa puissance satirique, et surtout cette recherche passionnée de la femme parfaite, qui préoccupe sans cesse Villiers. Toujours il a poursuivi cet idéal. Il se plaisait chez Nina, l'Égérie libre
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142 VILLIERS DE L'ISLE-ADAM thèse, je n'eusse pas manqué d'avoir commises. Mais, en procédant de cette manière, l'œuvre cessait d'être ce que ma conception d'ensemble la voulait être. » L'Eve future paraît en mai 1886, avec une couverture de Gorguet, chez de Brunoff. Trente ans Villiers avait fait
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qui existent sur la Terre, nous ne savons plus qu'ajouter 1 à 1, puis 1 à 2, ainsi de suite; seulement nous menons cette marche de taupes et de tortues assez loin voilà le sens de ces louanges de Villiers, et son ironie en a distillé ainsi d'innombrables. Et il est difficile aux faux savants (car
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144 VILLIERS DE L'ISLE-ADAM effroyablement matériel, et qui, même en sa géhenne, nous fait encore savourer les plus fines ironies. Voyez comme cet observateur s'est bien observé luimême, et comme ils furent naïfs, les « roublards qui avaient cru se moquer de lui par leurs flatteries autant
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, c'est cette poupée mécanique qui vit! Invention inouïe, cherchée 'passionnément, froidement exécutée. Villiers est délivré de son obsession perpétuelle, son coeurne s'exaltera plus à poursuivre des chimères; il est si content, si rassasié L'Amour Suprême. Illustration de A.-F. Gor^iiet. (Communiqué
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146 VILLIERS DE L'IBLE-ADAM ment amoureux d'Isis, toutefois dans un autre sens « Que vouliez-vous donc qu'il arrivât?. » La presse évita, généralement, de parler de Y Eve Future. Deux mois après, en juillet, parut, chez de Brunoff, l'Amour suprême. C'est la nouvelle, hâtive, superficielle
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148 VILLIERS DE L'ISLE-ADAM et les Déliquescences, d'Adoré Floupette titre et nom qui semblent trahir. Raffaëlli expose ses banlieues, Willette fait triompher la fantaisie. Cazals inaugure ses portraits de Verlaine, en quelque hôpital qui va devenir légendaire. Et des feuilles éphémères
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RÉALISATION DE SON RÊVE FÉMININ 149 instant pénétrée de ce sentiment, il sera facile de découvrir des traces continuelles de l'importance qu'eut son autorité sur la plupart des symbolistes. » Villiers sera donc symboliste. Mais, si longtemps privé des hommages qui lui étaient dus, allait
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150 VILLIERS DE L'ISLE-ADAM Villiers de l'Isle-Adam, l'un des parnassiens, je me dirais un romantique-classique. J'aurais fait un bon curé de campagne, un peu effrayant pour les oies et les ouailles. Dieu m'a voulu poète, pour mon salut (1). » Les publications de Villiers. ses efforts mieux
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RÉALISATION DE SON RÊVE FÉMININ 151 bande de terre, où se croisent Normandie et Bretagne, et tournée vers la mer voisine, que naquirent à quatorze, vingt-six et trente ans d'intervalle, Chateaubriand et Lamennais à Saint-Malo, Barbey d'Aurevilly à SaintSauveur-le-Vicomte, Villiers de l'Isle-Adam à
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152 VILLIERS DE L'ISLE-ADAM d'éblouissantes images les choses les plus disparates, car la mémoire de Villiers était fantastique et je l'ai entendu citer des versets de la Bible ou des mots de vaudeville avec la même facilité. Ces réunions d'intellectuels, gardant une allure encore du temps jadis
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, Villiers, une fois de plus, ridiculise le sens commun. Il revient ainsi, à maints détours de ses ouvrages satiriques, à cette « bête noire p, qui assume tant de petitesses, d'égoïsmes masqués d'hypocrisie. Dès qu'il Yilliers de l'Isle-Adam. Par F. Valloton. (Remy de Gourmont, Le Livre des Masques
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154 VILLIERS DE L'ISLE-ADAM pousse jusqu'à la raison prépondérante en nos temps Ces nations occidentales, qui, sous couleur d'établir enfin sur la terre le règne régulier de la justice, vont, se dénuant, à plaisir, de ces instincts de l'en-haut qui, seuls, constituent l'homme réel, et préfèrent
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RÉALISATION DE SON RÊVE FÉMININ 155 Les 9 et 10 du même mois, la presse et le monde littéraire reçurent l'invitation suivante « M. le comte de Villiers de l'Isle-Adam, M. Jules Vidal, M. Arthur Byl, vous prient de leur faire l'honneur d'assister à la représentation qui sera donnée au ThéâtreLibre
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156 VILLIERS DE L'ISLE-ADAM et sur sa beauté. » Et it notait son impression, à propos de ce causeur qui laissait en s'éloignant comme une atmosphère noire où vit dans les yeux le souvenir à la fois d'un feu d'artifice, d'un incendie, d'une série d'éclairs et du soleil P. Ernest Raynaud fit
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x Est-ce la gloire et l'argent? On a aisément remarqué que, depuis 1880, l'existence de Villiers a été des plus actives. Six volumes publiés, de nombreux contes, des nouvelles, des souvenirs, un peu de critique, éparpillés en des revues variées et quelques quotidiens, la préparation de nouveaux
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158 VILLIERS DE L'ISLE-ADAM En rentrant chez lui, après ses visites aux éditeurs, au Figaro, au Gil Blas ou à quelques amis, Villiers s'adaptait facilement à cette vie intérieure, simple, de travail. Il ne recevait guère que Mallarmé, Huysmans, quelquefois Rémy de Gourmont; rien que des intimes
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EST-CE LA GLOIRE ET L'ARGENT? 159 prême), chez Flammarion, cent francs. Au Figaro, Villiers recevait deux cents francs par article au Gil Blas, cent cinquante francs. Les reproductions furent peu rémunératrices. Même aux dernières années, et grâce surtout aux ressources tirées des journaux
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160 VILLIERS DE l/ïSLE-ADAM quelques extraits. Je vais mardi à Liège, puis à Anvers, Gand, etc. Je serai à Paris sous dix jours. » Un peu après, au même Vous ne m'envoyez pas de livres et cependant vous ne sauriez croire l'enthousiasme avec lequel je suis reçu ici, et comme plus de deux ou trois
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Le Gofric rillierê de l'Isle-Adam. Par Guth. dans ses Romanciers d'aujourd'hui En voici le ton « C'est le plus beau vide avec la plus belle affectation de la profondeur que je sache. Il n'y a rien de neuf chez lui. Son style, je me garderai d'en rien dire. » Vers juin-juillet, la mort de Charles
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162 VILLIERS DE L'iSLE-ADAM Nina de Villard, une soirée d'étoiles ». Il publie, en quelques mois, une dizaine de contes. Et les Nouveaux Contes cruels paraissent en novembre, à la Librairie Illustrée, sans les Propos d'au-delà, joints à ce recueil cinq ans après. Vers la fin le l'année
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lui annonçant un ouvrage coiffé d'un titre cynique, dignement il répondit Il ne faut pas écrire ces choses. Ce sont là des mots qui reviennent au lit de mort. y Sur la religion de Villiers, il est bon de connaître l'opinion d'auteurs très différents. Voici ce que dit Léon Bloy « N'ayant pas, comme
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164 VII,LIERS DE L'ISLE-ADAM « Villiers de l'Isle-Adam, tout soumis qu'il fût au credo d'une foi précise, lui obéit avec un respect ailé d'indépendance, et ce croyant réjouit bien souvent les plus libres rêveurs dans la sphère des spéculations pures (1). p Henri Chapoutot signale « Villiers
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H.d'Argis. Verlaine. G. Vicaire. Sophie Harlav. Itachilde. L. Tailhade. V. de l'Isle-Adam. F. Clerget. Jean MorOas. Jules Tellier. Paterne Berrichon. Cazals. Arv Renan L'ne soirée chez Pan! l'erlaine en (Dessin de F.
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166 VILLIERS DE L'ISLE-ADAM c'était le mercredi), dans son dessin si connu Une soirée chez Paul Verlaine. La plupart des jeunes assidus sont là, côte à côte avec quelques anciens. Villiers ne se discutait plus, depuis longtemps, dans ces milieux de jeunes. Là, il avait la gloire, il le savait
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EST-CE LA GLOIRE ET L'ARGENT? 167 manier. Fuyez les humbles et les tristes, et les pauvres. » De retour à Paris, ou supposant y rentrer, ce 27 janvier 1889, qu'est-ce que Villiers voit sur tous les murs? Les affiches électorales du citoyen Pied! C'était fatal. Et comme le démagogue fait valoir
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168 VILLIERS DE L'iSLE-ADAM quelque drame écrit dans un style fatigant et dont le sujet nous déplaît, ainsi je vivais par politesse. » Puis des coups de lumière brusque, sur des vérités si en relief qu'elles semblent d'abord anormales « Un fou ne saurait être égalé en perfection sur le point où
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EST-CE LA GLOIRE ET L'ARGENT? 169 Villiers de l'isle-Adam. Peinture de F. Brou. (Cummuuiqué par M. V.-E. Michelot.) pagne, et Victor, âgé de huit ans, qu'il aimait tant promener avec lui, habitaient 45, rue Fontaine l'écrivain restait fidèle à Montmartre. Il y corrigeait de nouveau Axel, pour
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170 VILLIERS DE LtIBLE-ADAM dit E. de Rougemont; il lui écrivit, le 12 janvier 1889 « Voyons, je vous en prie, ne m'apportez pas de gourmandises et ne venez pas, en souveraine, dans mon taudion de prince moderne. Cela me crisperait de ne pouvoir vous accueillir avec les effets de candélabres
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d'alors, décadence, symbolisme, etc., cette trinité Villiers, Verlaine, Mallarmé. Il dit, de Villiers de l'Isle-Adam « En lui le mysticisme et la science se rencontrent pour concourir au triomphe de l'un par l'autre. L'horreur de la honte vitale n'a pour accent de rancune que l'ironie d'une âme claire
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172 TILLIERS DE L'ISLE-ADAM Théâtre Idéaliste, qu'il fondit avec le Théâtre d'Art de Léonard Rivière, pour en faire le Théâtre Mixte, se ralliera surtout à la vision de Villiers, à l'occulte attirance du mystère qui gonflait les nouvelles âmes en ces années d'attente, de trouble, d'espoir
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des pages de son; Absente, et Jean Moréas, de son Pèlerin passionné. Tous ceux-là, et bien d'autres, décadents ou de vie profonde, étaient ou des admirateurs sincères ou des amis respectueux qu"ils le connussent ou non de Villiers de l'Isle-Adam. Il le savait. Il pouvait même distinguer, par son observation
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XI La mort Villiers se mourait d'un cancer à l'estomac, résultat de Y sa vie trop souvent inégale ou douloureuse. Et il n'avait que cinquante ans. Il ignorait la nature de sa maladie, ne s'inquiétait guère, ranimait de vieux espoirs dès qu'il se sentait mieux. CI[ Il se fit conduire, en petite
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LA MORT 175 ment réussi devant le peuple, auquel s'étaient d'ailleurs mêlés, en une fusion sympathique, l'élite de la jeunesse des écoles et bon nombre de poètes et artistes nouveaux. » Beaucoup moias enthousiaste sera M. Demolins Le devoir strict de Villiers était de célébrer le triomphe de la vie
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176 VILLIERS DE L'ISLE-ADAM au 19 de la rue Oudinot, dans une petite chambre dont la fenêtre s'ouvrait sur le jardin. Il s'y ranima d'abord, fit des projets, sç. remit aux épreuves et remaniements d'Axel. Cent quatre-vingtdouze pages étaient imprimées il corrigea encore deux feuilles, mais sans
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, de quelques paroles semblables à un souffle. Ils s'éloignent, vers le soir, et Huysmans écrit à Mme Méry Laurent Villiers de l'Islt-Âdam sur son lit de mort. (Communiqué par If. V.-E. Michelet.)
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178 VILLIEHS DE L'ISLE-ADAM « Je reviens encore de chez notre pauvre ami, il est bien mal, lutte avec espoir de s'en tirer, mais il s'affaiblit, la tête, si creusée déjà, s'amoindrit encore, c'est effrayant. Maintenant il ne peut même plus se soulever lui-même sur son lit, parle à peine, murmure
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LA MORT 179 Adam. Après quelques pages publiées dans la revue L'Idée, il devait, miné par la pauvreté, s'éteindre à vingt ans, en mai 1901.) Parmi l'assistance, on remarquait, avec Mallarmé, Dierx et Huysmans, Leconte de Lisle, Léon Cladel, Jean Marras, Emmanuel Chabrier, Coquelin cadet, Élémir
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180 VILLIERS DE L'ISLE-ADAM part de Viliiers. Lu Rodenbach sur Villiers. Ne pas mourir si tristement serait mon vœu. Encore lui a sa femme et son fils » Préoccupé par cette disparition d'un écrivain qui le touche de près, il écrit encore, le samedi 24 « A peine arrivé ici, j'apprends par un article
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LA MORT 181 Tombeau de Villiers de l'Itle-Adam. au Père-Lachaise. énorme la mort liltrrale d'une âme, puis close subsidiairement par la de la machine inventée par lui (petit dommage !). Lt romain finit par l'anéantissement moral de l'Édison fictif devant ce résultat. Hetia donc ça et Aktdysséril
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182 VILLIERS DE 'L'ISLE-ADAM parler analyse. Oserai-je ajouter Féval un brin ? (mais Féval n'a rien de méprisable et on y reviendra) (1). » Villiers, mort, eut enfin une nombreuse publicité que, vivant, on lui avait si âprement mesurée. Un bon article, bien documenté, de Gustave Guiches, parut
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LA MORT 183 « Villiers de l'Isle-Adam n'était qu'un Baudelaire ruolzé et prosaïque, fou comme lui, mais sans avoir comme lui des moments lucides pour forger des vers solidement-martelés. « On a fait un demi-dieu de Villiers de l'Isle-Adam depuis qu'il est mort. Il n'est pas de journal qui n'ait
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la fosse commune. Le 11 janvier 1895, la veuve obtint un sursis de six mois. Et Lucien Descaves, dans le Journal, demanda un tombeau pour Villiers de l'Isle-Adam « Elle disparaissait sous la neige, deux fois triste et froide, la pauvre tombe, dit-il, avec son entourage de bois noir, provisoire
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LA MORT 185 « A. de Villiers, de l'Isle-Adam, né à Saint-Brieuc, le 7 novembre 1838, mort à Paris, le 18 août 1889. » Saint-Brieuc a commencé de songer à cette gloire locale. M. Le Noir de Tournemine y a fort contribué par son livre. Un buste attend, je crois, làbas, d'être érigé sur quelque place
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-.Adam La gloire vient, la gloire toute nue, sans ailes ni auréoles, la gloire des misérables. Elle le tire de son sépulcre et, dressant le cercueil, elle en arrache les planches d'une irrésistible main. Un monument à Villiers de l'Isle-Adam! Qui donc en a parlé? Personne. Il est arrivé simplement
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les fines nuances de l'ironie, ou même les énergies railleuses, doivent se résigner; du moins trouveront-ils, dans ce que Villiers de l'Isle-Adam a pu écrire, une révélation suffisante de son caractère, de ce don de beau visionnaire transformé par l'ambiance en un surgissement de grand satirique. /̃#̃' 'V
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?. 157 XI. La mort.. 174 TABLE DES GRAVURES Philippe de Villiers, dernier grand-maitre de 9 13 Maison natale de Villiers de l'lsle..Adam 17 Lavel. 21 Richard Wagner. 25 33 Le programme d'Elën (fac-simile) 41 Villiers de vers 49 Tribulat Bonbomet, par F. Rops (frontispice de Chez lès 57 Nina de Callias
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190 VILLIERS DE L'ISLE-ADAM La Mort des Amant», musique de Villiers de l'Isle-Adam 71 Villiers de l'Isle-Adam vers 1875, eau-forte de Loys Delteil 73 Portrait-charge de Vîlliers de 81 Stéphane Mallarmé 97 Paul Verlaine, par Eugène Carrière 105 Annotations de Villiers pour le Nouveau Monde 107