ANAOUÉ-ANKOÉ Anaoué, s. m., anathème, excommunication le sens originaire a dû étre simplement « nomination [solennelle] ». V. sous 2 hanà\ Aaaoun, s. f. pl., les morts, exactement « les âmes », mbr. anacon = celt. "ana-mon-es1, dont la racine est ANÂ gr. àlvs,uoî « vent », lat. animus et anima, got. anan « respirer », etc. V. d'autres formes de la racine sous alan et éné. Anaout, vb., connaître, aussi anaoout* et anaedxout (L.), anaouein (V.j: dér. du même radical que anat. Anat, adj., connu, mbr. aznat et haxnat (avec aspiration illégitime): représente un celt. *adi-gna-fo- « bien connu », conservé tout entier dans le n. pr. gaul. Ategnatos. Le second terme est le ppe passé de la rac. GNO « connaître » sk. jM-iâ-8 « connu », gr. iw-tô-s, lat. gnôtus > nôtus, ir. gnàth, cymr. gnawt « tenu pour » (al. kundv, « notoire »), etc. Aftk, s. m., angle, coin. Empr. fr. altéré angle. Ankelc'her, s. m., feu-follet, lutin, mbr. enquelezr « géant », corn. enchinethel, encinedel, qui se ramènent à un celt. *ande-kene-tla-, soit « gé- nération contraire », d'où « monstrueuse », cf. corn. kinethel « génération M, ir. cenél « race ». V. la rac. KEN sous keht, et le préf. sous *an- (4°) ». Anken, s. f., chagrin, mbr. anquen, cymr. angen « nécessité », ir. éeen id. d'un celt. *ank-enà, dont on peut rapprocher le gr. âv-drpc-ij « néces- sité » et peut-être le lat. nec-esse °. Ankoé, s. m., luette: dér. de la rac. ANK « crochu », au même titre que sk. ank-â « crochet », gr. àyx.-JXo-î « crochu », aY*^?* « ancre », o-pt-o-; il serait en celt. *ati-gna'but-âko*. Le sud. d'adj. -âko- est le même que dans amciek et autres. Quant à l'élément -but-, qui est à la base de tous les inlinitifs bretons en -out, il se ramène au subst. i.-e, *bhù-U- « état » (cf. gr. ?û- « na-
ture »}, dér. de la rac. BHÛ « être », sk. ùhàe-ati « il est », gr. fû-s-ra:, lat. fu-it,
ag. to be, al. ich bin, etc.,
1. Cette étymologie a contre elle la forme canaoué (Le Gon.) mais il est probable
que celle-ci est purement analogique de asnaotn>anaout.
2. Pluriel du même type que le lat. hom-in-ës, etc.
3. Cette dernière forme rend plus visible l'élément radical -but- qui s'est superposé
à la racine. CL anaoudek et la note.
4. Pour le premier, voir sous *ad- (préfixe). Noter toutefois que anat ne saurait
être identiquement le même mot que ainat, puisqu'on trouve de très bonne heure
les formes anat étonnât «spécial» en cymrique.
5. Mais la métathèse qui a donné naissance à la forme actuelle bretonne a évidem-
ment été favorisée par la circonstance que ces êtres fantastiques dansent en rond
(an-ketc'/i-er comme qui dirait « eu-cercst-eur ») autour de leur victime. Cf. kelc'h.
6. Aucun rapport, par conséquent, avec br. atlkoa ni avec fr. angoisse, dont la rac.
est ANGH (V. sous ert/c). Mais il se peut qu'à ta base de toutes ces formations se trouve
la rac. bien connue ANK « crochu », d'où « pénétrant, torturant ».