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2 AM-AMBROUK

2 Am-, particule privative, à mutation'doucé. Ce n'est pas la particule pri-
vative i.-e. *ç-, si répandue partout ailleurs' sk. a-, an-, gr. & àv-,
lat. in-, germ. (ag., al., ete.) un-. L'am- négatif br. ne diffère pas du
précédent: en d'autres termes, partant du sens « autour » et passant par
celui de « à coté », am- en est venu à prendre la fonction de l'ancien an-
négatif qu'il a entièrement supplanté. Ërn.. ̃̃“'•-
Ama, aman, adv., ici: prêt, a-, devant un nom perdu partout ailleurs
(mais cf. axé et méat), qui équivaut à l'ir. magen « lieu », dér. du celt.
*mag-o- (même sens). r .1
Amann, s. m., beurre, corn. amen-en, cymr. ymen-yn, gael. et ir. im, vir.
imb, d'un celt. *emb-en, dont la rac. est la même que celle du sk. anj
« oindre », ànj-as « onguent », lat. ungu-ere, ungu-en, ungu-en-tu-m, al.
ank-e « beurre ».. J r
Ambi}, adj., qui va en tête contamination possible de la locution *en-ibil
avec la locution fr. en cheville, dont elle est la traduction, et qui se dit
dans le Bas-Maine « des bœufs et des chevaux qu'on place en tête des
attelages » Dn. Conj.* a ̃

Ambren (T., V.), s. f., délire rexactement « dérèglement », prêt. am->amb-,
et rén*. V. ces mots, et cf. rambré et katiirèa. -r
Ambrouk, s. m., conduite en cérémonie, mbr. hambrouc, corn. hembrouk
« il reconduira », hornbronkyas « il reconduisit », mais hebrenohiat « re-
conducteur », cymr. hebryngiad (id.), hebrwng « reconduire » s. Le mot
J
1. En effet, indépendamment de l'm au lien d'n, cette particule, ne se terminant
point par une voyelle, ne produit pas et ne saurait produire mutation douce dans les
rares mots bretons elle a subsisté (cf. koun elaAkounac'h). °

2. Soit, par exemple, déré « décent » et am-sêré « à côté du décent », d'où « indé-
cent », et ainsi des antres. >

3. Ainsi s'expliquerait ï'i final. Le rapprochement avec dlbil, dispil, etc. (Ern.,
p. 186) est bien douteux et d'ailleurs dubitatif. Une locution mare h ambi\ « cheval qui
va l'amble», à laquelle j'avais songe d'abord, est moins satisfaisante que l'bypotbèse
portée au texte.
4. D'après cette étymologie, le mot devrait être masculin il a passé au féminin,
panse que tel est le genre de la majorité des noms terminés eu -en. Quant à l'inser-
tion du b entre m et r, of. lat. caméra > fr. chambre, et cent autres exemples du
même phénomène dans les langues les plus diverses.

5. Le br. a partout la nasale en première syllabe; le cymr. ne l'a jamais; le corn.
alterne en l'état, il est impossible de savoir si l'une et l'autre forme ne seraient
pas légitimes, auquel cas on aurait affaire à deux préfixes différents, ou si, par
exemple, le br. hambrouk ne serait pas altéré par métalhèse d'un plus ancien *ha-
brounk = cymr. he-bneng, La seule «ihose sûre, c'est que ce préfixe commençait par
un h et par suite procédait d'un adverbe i.-e. commençant par un a, soit *sen- ou
*sêd-, qui signifie « & part » cf. sk. sanaidr « part », gr. S-rtp « sans », al. sonder
« séparément », lat. sM- dans sed-itiô, së-eerntre, etc., etc. c
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