ABEIt-AKÊTAOU
Juteras, f., embouchure, confluent, baie close, havre (mais sans aucun
rapport étymologique avec fr. havre1, qui a pu toutefois influer sur le
sens), corn, aber « conftuent », cymr. aper > aber, gael. abbov > abar
à l'initiale d'un grand nombre de noms de lieux d'un celt. *ad-ber- ou
*od-ber- suivi d'un suffixe nominal formatif, exactement « ap-port » ou
« ex-port », rac. BHER « porter Il précédée d'un préfixe. Cf. abardaes,
ledmérout, etc.
Afcevlec'h, s. m., abreuvoir. Empr. fr., mais bien curieusement retra-
vaillé par l'étymologie populaire, qui y a vu les mots éca « boire » et lec'h
« lieu »•. V. ces mots (sous 1 léac'h).
Aboez-pann, loe. adv., à tue-tête: juxtaposée de a-, poez et penn. V. ises
mots.
Aboetol, s. m. (pl. èbeatel), apôtre, Ëpitre dite à la messe (parce que l'au-
teur fut un apôtre). Empr. lat. apostoltts et epixtola confondus.
Abostoler, s. m., sous-diacre (qui lit l'Épître de la messe).
AbraAt, s. f., sourcil, corn. abrans, vir. abrait pl., ir. et gael. abhra)
fabkra, « paupière, sourcil ». Étymologie peu claire peut-être un préfixe
delà valeur de a-, devant un mot celtique correspondant au lat. frôns
(front-is), comme qui dirait « [ce qui est] au devant » ou « au dessous du
fronts; mais il faut peut-être tenir compte aussi de l'existence des mots
synonymes et quasi similaires, sk. bkrâ « sourcil », gr. o-çpi-ç et macé-
donien à-6po'JT-64 pl. (toutefois M. Kretschmer, Einleitg in die Gesch. der
Gr. Spr., p. 287, propose la correction très plausible à-6soûf-Eî); cf. ag.
brow et al. braue, encore d'une autre origine.
Abréd, adv., de bonne heure, à temps. V. sous a- et 1 préd.
Aked, aket, s. m., attention, diligence. Empr. fr. aguet « attention » (être
aux aguets), plus ou moins confondu avec aequesl au sens de « recherche
minutieuse (quérir. quêter). V. le suivant.
Akétaou, adv., tantôt, ce matin: altération par confusion de sens avec le
1. En effet, 1* le genre n'est pas le même, mais cette preuve n'est pas décisive, car
le breton a opéré beaucoup de changements de genre; S* le mot existe identique, non
seulement dans tout le brittonique, mais encore dans les noms de lieux du gaélique,
qui sûrement n'a pu l'emprunter au français 3° dans toutes ces langues, excepté en
cymrique, il ne signifie jamais que « confluent, embouchure », et non point « havre ».
8. La métathèse tient ses débuts du français (patoisé) lui-même le Bas-Maine a
une forme abirweé Dn.
3. D'une locution telle que skei a boes hé swree'h « frapper à tour de bras »,
exactement « de [tout] le poids de ses bras », où l'emploi du mot poet s'entend de lui-
même, ce mot a 6té abstrait et transporte à d'autres façons de parler où il n'avait pri-
mitivement que faire.
Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Littérature et art, 8-Z-14097 (3)