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INTRODUCTION

du celtique. Il est superflu de dire qu'un dictionnaire étymologique
n'a^ point à connaître de ces nécessaires mais déplorables néolo-
gismes. On ne rencontrera au lexique que les emprunts au français
sur lesquels une personne connaissant les deux langues sans en
connaitre exactement l'histoire serait excusable d'hésiter un instant.
VI. Il serait évidemment excessif de tirer d'un travail aussi parcel-
laire une conclusion quelconque quant à l'ensemble de l'étymologie
celtique. Il est pourtant une remarque qui s'impose en feuilletant,
soit ce lexique brittonique, soit son ainé de quatre ans et sa contre-
partie gâdélique, le dictionnaire de M. Macbain, on sera frappé de la
fréquence de la mention « Étymologie inconnue». Ce n'est pas que
proportionnellement peut-être elle revienne beaucoup plus souvent
que dans un vocabulaire sanscrit, grec, ou surtout latin, dont l'auteur
eût religieusement noté ses incertitudes et ses repentirs. Toute éty-
mologie laisse nécessairement un semblable résidu. Lorsqu'il n'est
pas imputable à l'imperfection de nos connaissances et de nos moyens
d'investigation, il relève d'une circonstance aussi aisée à présumer
que difficile à vérifier le domaine conquis par chacune des peu-
plades indo-européennes était occupé avant elle par des tribus de
race différente; les Grecs, par exemple, avaient gardé le souvenir de
semblables devanciers sous le nom de Pélasges; et, comme ces
autochtones furent partout asservis, nulle part en tout cas complè-
tement anéantis, il est à supposer que quelques mots de leur langue
survivent à notre insu dans le langage indo-européen de leurs vain-
queurs. Mais ce qui semble exceptionnel dans le celtisme, c'est que,
parmi ces mots qui demeurent en l'air, qui ne s'expliquent, ni par
l'indo-européen, ni par un emprunt au latin ou au français, à
l'anglo-saxon ou à l'anglais, il y en ait beaucoup de fort usuels, qui
devaient appartenir à la vie de tous les jours car les mots de
ce genre sont généralement indigènes dans chaque langue; c'est
que des mots comme beûrê « matin n, bloas a année », kàs « vieux ),
sellout « voir n, n'aient point du tout de répondant en dehors du
celtique, que d'autres comme kenn « peau » n'en aient qu'au prix
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