INTRODUCTION
Galles. Les Celtes qui s'y réfugièrent se nomment eux-mêmes
Cymmry « les compatriotes »' d'où le nom de cymrique ou gallois
que porte leur langue, dont la difficulté ne doit point être mesurée
aux complications de son orthographe*. On y distinguera chronologi-
quement le vieux-cymrique, qui se confond avec le vieux-breton
celui du moyen âge, représenté surtout par le [recueil de contes dit
Mabinogion « les Jeunesses » (XII' siècle) et le gallois actuel, très
vivace encore, qui ne cède que bien lentement devant la prépondé-
rance de la langue anglaise.
b) La longue et étroite presqu'île à laquelle sa population valut,
comme à la Cornouaille française, le nom de Cornwall, ouvrit au
celtique un autre asile. Il y vécut, sous le nom de comique, jusqu'au
siècle dernier*. Sa maigre littérature, exclusivement biblique, ne
remonte pas au delà du XVe siècle mais il est connu sous sa
forme moyenne, par un vocabulaire du XIIIe, qui paraît être la copie
d'un original plus ancien. Antérieurement, le vieux-cornique se
confond avec le vieux-breton.
c) Même avant la conquête saxonne, des émigrants bretons pas-
sèrent la Manche et s'établirent sur le littoral peu peuplé qui faisait
face au leur; plus tard, les Celtes, refoulés vers la mer, affluèrent
en plus grand nombre ainsi s'accomplit la colonisation qui valut à
la vieille Armorique son nom actuel de Bretagne, et maintient à
l'extrémité occidentale de la France un dialecte celtique, exactement
« breton armoricain a, usuellement breton tout court. – Sa divi-
sion chronologique comporte trois stades vieux-breton, depuis le
VIII° siècle', ancêtre commun du cymrique, du cornique et du br$4on,
1. Voir au lexique le mot br6. °
2. Voici les règles essentielles de prononciation u,intermédiaire entre u et i français;
y, de même, après «r, ou dans un monosyllabe, ou en syllabe finale, mais en toute
autre position comme e muet faisant syllabe w devant voyelle, comme te anglais, mais
entre esmsonnes comme ou français; c, comme A, en toute position; ff comme/, et f
comme 0 bilabial; th et dd, respectivement, comme th anglais dur et doux; les con-
sonnes suivies d'h, sans sonorité; U est presque indéfinissable. -(
3. On prononcera le cornique à peu près tel qu'il est écrit, si l'on peut, car
certains mots sont d'aspect assez rébarbatif; mais cela n'a guère d'importance. Le
dh est un th anglais doux. Voir au lexique le mot Kerné.
4. Les mots antérieurs sont tous latinises.
Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Littérature et art, 8-Z-14097 (3)