INTRODUCTION
b) Le gaélique d'Écosse, usuellement gaélique tout court, se
défend mieux, dans les âpres régions qui lui font une sorte de cita-
delle mais les sources en sont bien moins anciennes et moins
sûres, et d'ailleurs il ne diffère pas assez de l'irlandais pour qu'on
invoque son autorité autrement qu'à titre accessoire et supplémen-
taire'.
c) Le manx ou gaélique de l'lle de Man doit à sa situation insulaire
quelques particularités, d'assez médiocre intérêt quant à l'ensemble
du celtique.
3. A la différence des Gâdels, qui ne connurent pas la conquête
romaine et vécurent, longtemps aussi, indépendants de la conquête
anglaise, ce qui leur permit de constituer dans leur triple contrée
une vaste unité territoriale, les Brittons subirent les premiers
assauts de l'une et de l'autre, et la seconde les morcela en trois
tronçons, dont deux survivent jusqu'à présent, de très inégale
importance.
Les Celtes qui peuplaient le sud et le centre de la Grande-Bretagne
se désignaient eux-mêmes sous le terme commun de Brittones1.
Soumis par César comme les Gaulois, mais plus fidèles à leur passé,
ils gardèrent leur langue sous la domination romaine, moins forte,
d'ailleurs, et plus éphémère dans l'lle que sur le continent. La fon-
dation de l'heptarchie anglo-saxonne (Ve siècle) les absorba ou les
dispersa. La langue des vainqueurs prévalut partout, sauf dans
quelques régions montagneuses ou maritimes, où la conquête pénétra
peu ou plus tardivement, et où les Celtes demeurèrent maîtres de
leurs destinées.
a) La principale de ces forteresses celtiques fut le rude pays de
allemand puis, si l'on veut, car la prononciation s'est modifiée d'âge en âge, dh
et gh comme y du mot yeux, th comme h, bh comme o, et mh comme un a nasal
pareil à celui du breton hcuïc, lefio, etc.
1. On prononcera loagues, les voyelles marquées d'un accent giure ê et 6, longs
et fermés; les diphtongues très fuyantes; ea, ei et eu à peine diphtongués; le reste,
comme en irlandais.
2. Dans le nord de l'ile (Ecosse actuelle), les Pictes, restés toujours insoumis,
parlaient un celtique que le critérium du p fait rattacher de plus près au brittonique
qu'au gâdôlique; mais on ne possède de ce dialecte que quelques noms propres.
Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Littérature et art, 8-Z-14097 (3)