INTRODUCTION
rende compte, le fait demeure irréfragable au IVe siècle', toute la
Gaule y compris l'Armorique parlait latin. Celle-ci s'est
« receltisée par immigration, ainsi qu'on va le voir. Prendre les
Bretons actuels pour les continuateurs immédiats des Gaulois
Armoricains, est une des pires erreurs qui faussent encore dans
certains esprits la conception du celtisme.
La précoce extinction du gaulois, jointe à la circonstance qu'il ne
possédait point de littérature écrite, la tradition druidique étant
purement orale, suffit à justifier la rareté des vestiges qu'il a
laissés une trentaine d'inscriptions qui ne sont pas toutes com-
prises, quelques mots épars dans les auteurs anciens, des noms
propres et des appellations géographiques', c'est tout ce qu'il en
subsiste. En fait, nous ne connaissons pas le gaulois et ne le con-
nattrons jamais; nous nous le figurons seulement, avec quelque
vraisemblance, d'après ces rares documents et le témoignage de ses
congénères plus heureux qui lui ont survécu.
2. L'Irlande, en effet, et la Grande-Bretagne septentrionale
(Écosse) ne subirent pas la conquête romaine, et le celtique gâdé-
lique s'y maintint, obscurément du reste, jusqu'au jour où la pré-
dication chrétienne le vint réveiller et où il émerge dès lors dans
l'histoire'.
a) De ce jour (VHP siècle) apparaît, avec sa riche littérature,
sacrée ou profane, le gaélique d'Irlande, qu'on appelle plus usuelle-
ment irlandais tout court. Il se nomme vieil-irlandais jusqu'au
XIe siècle, moyen-irlandais jusqu,au. XVIe, irlandais moderne,
enfin, de nos jours, où il est réduit à presque rien par la concurrence
de l'anglais4. `
1. Dans la France du nord, du moins dans les campagnes recalées, le gaulois parait
s'être maintenu jusqu'au VI* et même par delà.
2. Encore ne nous sont-ils parvenus, pour la plupart, que sous une forme entière-
ment latinisée. Voir l'index gaulois a la fin du volume.
3. Toutefois il existe quelques inscriptions gadéliques, dites ogamiques, qui remontent
au paganisme et aux premiers siècles de notre ère; mais c'est une mince ressource.
4. On prononcera les voyelles et diphtongues telles qu'elles sont écrites, mais
longues les voyelles accentuées; c, comme k, devant toute voyelle; eh, comme en
Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Littérature et art, 8-Z-14097 (3)