INTRODUCTION
7. Le groupe germanique a trois subdivisions.
a) Le germanique oriental n'est représenté que par le gotique,
aujourd'hui éteint, mais bien connu par une traduction d'une partie
du Nouveau Testament qui remonte au IV" siècle, constituant par
conséquent la forme la plus archaïque du germanique qui nous soit
directement accessible. Grâce à ce précieux intermédiaire, l'évo-
lution de la phonétique et de la grammaire de l'anglais et de l'alle-
mand se manifeste avec autant de netteté et de rigueur que celle
même du grec et du sanscrit'.
b) Le germanique septentrional ou scandinave remonte aussi
haut que le gotique, mais seulement par quelques inscriptions en
caractères dits runiques. Par ailleurs, il ne dépasse pas le Xl° siècle
(vieil-islandais), mais se perpétue par le danois, le norvégien, le
suédois et l'islandais actuels.
c) Le germanique occidental comprend essentiellement trois classes
d'idiomes, puis chronologiquement dans chacune d'elles – l'anglo-
saxon (VIIIe-XI° siècles), le moyen-anglais (XIe-XVe siècles), et
l'anglais moderne; le vieux-saxon, le moyen-néerlandais et le bas-
allemand moderne; le vieux-haut-allemand (VIlIe-XI0 siècles), le
moyen-haut-allemand (XIe-XIVe), et le haut-allemand moderne.
En dehors de l'importance linguistique générale de tous ces
idiomes, l'anglo-saxon en a, pour le celtique insulaire, une toute
particulière langue des conquérants de la Grande-Bretagne, il a dû
nécessairement s'infiltrer de fort bonne heure dans la langue des
vaincus; beaucoup moins pourtant que le latin, car les Saxons et
les Angles étaient bien moins civilisés que les populations britto-
niques qu'ils asservirent en premier lieu9.
8. La répartition du groupe letto-slave ou balto-slave est celle
1. On prononcera ai et du gotiques en diphtongues, mais al et ad respectivement
comme e et o ouverts; ei, comme i long; u comme u allemand; te et th, respective-
ment, comme w et th anglais (dur). Le reste est sans importance ni difficulté.
2. On prononcera l'anglo-saxon, non comme l'anglais actuel, mais tel qu'il est écrit,
en observant bien les signes de longueur; toutefois, le c comme k en toute position,
l'y comme u français. et le th comme th anglais dur.
Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Littérature et art, 8-Z-14097 (3)