DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
la Tamise en 1364. La descendance de celui-ci s'éteignit avec
Jeanne de Boubers ou d'Abbeville-Boubers, héritière de la seigneurie
de Boubers et d'autres domaines considérables, qui épousa Jean
de Melun, sire d'Antoing et d'Épinoy, connétable de Flandre, décédé
en 1420. Jean d'Abbeville, Sgr d'Ivrégny, frère puîné de Guillaume
de Boubers décédé en 1316, fut l'auteur d'une branche cadette dont
le dernier représentant, Louis, chevalier, Sgr d'Ivrégny, Mons, etc.,
échevin d'Abbeville en 1489, puis maïeur de la même ville, n'eut que
des filles.
La famille de Boubers, qui a occupé un rang honorable dans la
noblesse de Picardie et qui s'est perpétuée jusqu'à nos jours, ne put,
lors des diverses recherches ordonnées par Louis XIV, justifier sa
filiation que depuis Antoine de Boubers, écuyer, Sgr de Bernâtre,.
dont la veuve, Françoise de la Rosière, passa une transaction le
3 août 1529 au nom de ses enfants mineurs. Des auteurs contempo-
rains ont fait remonter la filiation suivie jusqu'à Jean de Boubers,
arrière-grand-père d'Antoine, qui avait épousé Mahaut, dame de Ber-
nâtre, et qui était en 1320 seigneur de la Motte-les-Auxy. Il est vrai-
semblable que ce gentilhomme appartenait à un rameau collatéral
de la famille des seigneurs primitifs de Boubers dont ses descendants
ont toujours porté les armoiries avec une simple modification dans
les émaux. Cependant on a essayé de le faire descendre de la maison
d'Abbeville, mentionnée plus haut, qui vers l'an 1200 recueillit par
mariage la seigneurie de Boubers et qui en porta dès lors le nom.
Lainé, dans son Nobiliaire de Picardie, a émis l'opinion que la famille
de Boubers qui s'est perpétuée jusqu'à nos jours ne descendait
d'aucune de ces deux familles, mais avait eu pour berceau la sei-
gneurie de Boubers-sur-Canche, située à trois lieues de Hesdin, en
Artois. Quoi qu'il en soit, Jean de Boubers aurait laissé de Mahaut de
Bernâtre deux fils, Pierre, Sgr de Bernâtre, sénéchal de Domart, marié
successivement à Jeanne de Neufmez, dame de Neufmez, et à Valen-
tine de Pardieu, et Baudouin de Boubers, Sgr de Tuncq, marié à
Béatrice de la Ratte, qui auraient été les auteurs de deux branches.
La branche cadette alla se fixer en Soissonnais où elle avait acquis
la seigneurie de Vaugenlieu; ses représentants, Aymar et Nicolas de
Boubers, Sgrs de Bayancourt et de Vaugenlieu, demeurant en l'élection
de Compiègne, furent maintenus dans leur noblesse en janvier 1668
par arrêt du Conseil d'État. Elle s'éteignit peu de temps après.
Pierre de Boubers, auteur de la branche aînée, est mentionné
dans un acte de 1375 il laissa de sa seconde union un fils, Colart de
Boubers, qui épousa Béatrice de Hardenthun et qui était seigneur de
Bernâtre en 1440. Antoine de Boubers, écuyer, Sgr de Bernâtre, fils
Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 8-LM1-164 (6)