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DE L'ÉDITEUR. vij

circonstances qui l'avaient fait naître. Et, en effet,

si l'on songe qu'il y soutenait des thèses de droit

politique entièrement neuves pour l'époque, qu'il y

tentait une conciliation de la pluralité des souverai-

netés avec l'unité de l'Empire en Allemagne on

sera forcé de reconnaître que Leibniz n'avait pas

tort, et que le livre garde un intérêt historique sé-

rieux, même pour notre époque.

Voici la méthode que nous avons suivie pour

cette seconde édition des Entretiens de Philarète et

d'Eugène.

Il y a à Hanovre plusieurs exemplaires de la pre-

mière, couverts de notes marginales de Leibniz.

Nous avons suivi celui que Leibniz paraissait

avoir destiné au libraire, sans négliger les autres,

dont nous avons donné les variantes en note et les

additions dans le texte, mais d'un caractère pluspetit.

Un Allemand vient de nous précéder de quelques

mois dans ce travail de réédition. Nous sommes

heureux que les Allemands comprennent enfin

l'importance des œuvres françaises de Leibniz,

qu'ils ont dédaignées pendant soixante ans. Mais

on peut s'étonner, Leibniz annonçant dans sa pré-

face une version allemande de son ouvrage (1),

que cet éditeur n'ait pas tenu à la donner à ses

compatriotes avec l'opuscule français.

(1) « Ces entretiens étant fort clairs et nets, mais peu connus

en Allemagne, on a trouvé à propos d'en donner une nouvelle

édition avec la version allemande, et quelque remarque qu'un

jurisconsulte célèbre a pris la peine de faire (Préface, p. 325). »

Ce dédain de la version allemande, par un Allemand, est étrange;

mais il est flatteur pour la France, dont Leibniz a si souvent em-

prunté la langue..
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