vj AVERTISSEMENT de Cœsarinus Furstenerius de jure suprematus qui avait été reçu avec beaucoup d'applaudissement à Ni- mègue pendant la conférence qui précéda la paix, ouvrage, ajoute-t-il qui fict conçu par un ordre supérieur, qui passa par la censure d'une assemblée de ministres très-éclairés, et fut publié et répandu par l'entremise de personnes éminentes en dignité et en mérite. L'ouvrage ayant paru sans nom d'auteur, on s'amusa à chercher quel il pouvait être, et le vé- r°itable auteur, ajoute finement Leibniz, eut la satis- l'action de voir qu'au moins on ne le dégradait pas. Ce fut là l'origine de cette seconde édition revue, corrigée et augmentée des Entretiens. — Mais, dira- t-on alors, pourquoi Leibniz, qui l'avait préparée avec tant de soin, ne la donna-t-il pas au public? C'est là une question à laquelle il est aisé de ré- pondre, lorsqu'on connaît un peu Leibniz. Non- seulement il ne publiait pas les secondes éditions de certaines de ses œuvres toutes préparées pour l'impression mais souvent même il ne publiait pas la première édition d'œuvres considérables, comme les Nouveaux Essais sur l'entendement, par exemple, parce que le moment lui en paraissait passé. Ici toutefois, ce qui prouve l'importance qu'il attachait à cette réédition, c'est qu'il y est revenu à une époque évidemment assez éloignée de la pre- mière, qui est de 1677, donc, dans la maturité de l'âge et peut-être même vers la fin de sa carrière. C'est donc qu'il trouvait au Cœsarinus Furstene- rius, et à ces Entretiens destinés à le rendre popu- laire, un intérêt durable et qui devait survivre aux