16 ESSAI REMARQUE. Les Jagellons ont possédé la Lithuanie par droit hérédi- taire non-seulement la Lithuanie, mais ses annexes, la Sa- mogitie, la Polésie, la Podlachie, les palatinats de Vitepsc, de Polosc, de Smolensc, de Mscislav, de Keif, la Sévérie, la Volynie, et une partie de la Podolie. Le droit des femmes est aussi en leur faveur. Sigismond-Auguste a le premier renoncé à ce droit, après avoir procuré la réunion du royaume de Pologne et du grand-duché de Litbuanie. Cette renonciation n'est opposable qu'à ses descendants, et non à ses collatéraux. Il faut craindre, si on n'élit pas un Jagellon, que d'autres membres de la famille ne se portent préten- dants en Lithuanie, et ne cherchent à troubler l'État. Enfin c'est une coutume en Europe de conserver les familles ré- gnantes même sur les trônes électifs. La mémoire des Ja- gellons est sainte en Pologne. Les ordres du royaume qui destinaient Anne, fille posthume du dernier roi Jagellon, à Henri de Valois, prescrivirent après sa fuite, au nouvel élu Étienne Bathori, palatin de Transylvanie, d'épouser la jeune reine, à moins que celle-ci ne vînt à mourir, ou n'éprouvât pour cette alliance une répugnance trop forte. Cet usage éta- blit les droits de Neubourg par-dessus ceux du Lorrain, qui seul ose prétendre en avoir de son chef à succéder: préten- tion risible et déjà réfutée. LX, PROPOSITION. Nommons un étranger, et pas un Piasti. REMARQUE. Piasti est nouveau, et par conséquent dangereux dans les circonstances présentes, où toute innovation est dangereuse, où son élection peut entraîner des troubles. Piasti a des pro- priétés privées en Pologne. Enfin Piasti est dangereux par toute sorte de motifs, par la nouveauté, par la multitude de ses électeurs nobles, au nombre d'environ deux cent mille,