14 ESSAI XLVIIe PROPOSITION. Il faut élire un candidat qui soit agréable au monde chrétien; en d'autres termes, il faut consul- ter et écouter le monde chrétien dans le choix du prétendant au trône de Pologne. REMARQUE. Le but de la chrétienté est le même que celui de la Po- logne. Or ceux qui ont un but commun ont aussi le même bien et sont amis, et les amis de leurs amis sont communs. Or le duc de Neubourg est le seul qui soit porté par un con- cours unanime de la chrétienté. Tous les autres sont écartés par elle. Neubourg seul peut s'appeler le candidat du monde chrétien. XLVIII° PROPOSITION. Évitons de nommer un ennemi de la Pologne. REMARQUE. Cette proposition est directement contraire à Condé et au Russe. L'un et l'autre ont nui, l'un et l'autre ont nui précisement au sujet de l'élection. Les troubles, les fac- tions, les menaces, les proscriptions, par lesquels Coudé a soutenu sa brigue, sont connus. Les deuils de beaucoup de familles, les mariages, la monnaie, la cour, le sénat, les tribunaux et la campagne elle-même le disent assez haut. C'est sa faction qui a soulevé cette question malheureuse et funeste à la liberté de la succession au trône de Pologne, qui a rempli ce pays de femmes françaises, qui a marché à son but par la corruption, qui a disposé de tous les em- plois vacants en faveur de ses créatures, qui n'a pas craint d'aborder les hommes les plus intègres avec des présents, qui a nourri la discorde dans ce royaume, qui a cherché à y exciter des troubles militaires, qui a voulu jeter la Po-