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Title : Oeuvres de Leibniz. Tome 6 / publiées pour la première fois d'après les manuscrits originaux, avec notes et introductions par A. Foucher de Careil

Author : Leibniz, Gottfried Wilhelm (1646-1716)

Publisher : Firmin Didot frères, fils et Cie (Paris)

Date of publication : 1859-1875

Contributor : Foucher de Careil, Louis-Alexandre (1826-1891). Éditeur scientifique. Annotateur. Préfacier

Type : monographie imprimée

Language : French

Format : 7 vol. ; in-8

Format : application/pdf

Copyright : domaine public

Identifier : ark:/12148/bpt6k111381r

Source : Bibliothèque nationale de France, Z-19517

Relation : Notice d'ensemble : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb30452778f

Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb30452778f

Provenance : bnf.fr

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Title : Oeuvres de Leibniz. Tome 6 / publiées pour la première fois d'après les manuscrits originaux, avec notes et introductions par A. Foucher de Careil

Author : Leibniz, Gottfried Wilhelm (1646-1716)

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12 ESSAI

XLIe, XLII, PROPOSITIONS.

L'amitié vraie est rare entre les princes, et nulle
entre les États.

REMAHQUE.

Les princes ont peu d'amitiés vraies et ne sauraient en
avoir. Il leur faut une âme dégagée de la passion, pour pou-
voir veiller uniquement à la raison d'État. Il y a des exem-
ples innombrables des vrais intérêts des princes compromis
par eux inter poeula. Au congrès des trois grands souverains
Maximilien Ier, Sigismond de Pologne et Louis de Hongrie,
fut conclue cette alliance matrimoniale avec les Autrichiens
qui donna à ceux-ci entrée en Hongrie et en Bohême. Au
congrès de Dresde, les archiducs d'Autriche se rencon-
trèrent avec l'électeur de Saxe, un peu avant la guerre de
Pologne, de perfides conseils faillirent perdre ce dernier.
Les ministres des puissances sont en outre très-accessibles à
l'or. La voix commune, en Allemagne, est que les Autri-
chiens ont plus avancé leurs affaires en Westphalie et à
Nuremberg par les festins, que dans tout l'Empire par les
armes. Commines remarque avec raison que les congrès des
grands princes sont dangereux, et il le prouve par l'exemple
de Charles de Bourgogne et d'Édouard d'Angleterre. On y
fait assaut d'ostentation, et cette vaine parade fait naître
plus d'envie que d'amour. Un bon mot a laissé quelquefois
dans la plaie un aiguillon qui ne s'efface plus. Jagellon,
sauvé par Vitold, fit massacrer son père; Navarre et Guise,
ligués d'abord, donnèrent jour à leur mortelle haine sur le
théâtre de la France. Quant aux États, ce sont personnes
civiles, qui n'ont point d'âmes, ou du moins les âmes des
particuliers sont dans un flux perpétuel. Il ne peut donc y
avoir entre les États ni amitié ni haine éternelles. On parle
beaucoup des mutuelles antipathies de race à race et de
peuple à peuple, de celle des Espagnols et des Français,
par exemple (dans les livres de Garcias et de La Mothe le

Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, Z-19517

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