DE DÉMONSTRATIONS POLITIQUES. 9 mais il ne voulait pas paraître accepter la loi de ses sujets. Lorsqu'il se vit assez puissant pour le faire sans honte, il n'hésita pas à faire profession ouverte de sa foi. En est-il de même du Moscovite? Qui donc peut s'imaginer qu'il se soumettrait aux dogmes catholiques, s'il n'avait devant les yeux l'appât d'une couronne? XXIVe, XXV, XXVIe PROPOSITIONS. Il faut élire un roi juste, prudent et expérimenté. REMARQUE. La justice et la prudence contiennent virtuellement toutes les autres qualités requises pour bien gouverner. Cette thèse est en faveur de Neubourg et de Condé, et contre le Moscovite et le Lorrain. Les deux premiers ont donné des preuves non équivoques de leur mérite. Le Moscovite est un enfant. a Le Lorrain, dit un auteur, n'a pris que très-peu de part aux affaires publiques, et encore sans grand suc- cès. Condé a soutenu sa brigue par des moyens qui pou- vaient être bons en France, mais qui ne sauraient réussir en Pologne, où l'indépendance est la première vertu, et que tous les trésors de la France ne sauraient acheter. Il a ouvert trop tôt sa brigue, et encouru l'odieux d'avoir pré- paré ses intrigues du vivant de la reine. Neubourg est le seul qui, dans cette affaire, ait donné de continuelles preuves de prudence et de modération. Il a de longue main préparé les esprits, il sut se concilier les bonnes grâces des rois Ladislas et Casimir, il conserva encore l'amitié du dernier survivant. Il est recommandé par des Autrichiens, des Français, des Suèdes et même des Anglais. Il a su détacher les autres et en obtenir la neutralité. Neubourg enfin est seul dans la maturité de l'âge et de l'esprit, et capable de longs desseins et de politique. » Tel est le passage de mon auteur, dont je reconnais la vérité, sans en approuver la violence.