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INTRODUCTION. III

à Paris, pourcoutinuer ses recherches et en entrete-
nir l'Académie. Il n'y a qu'un malheur, c'est que
Guhrauer n'a jamais vu le document original. A Ha
novre, il était allé, on ne le lui a pas montré, ou il
n'a pas su le découvrir; à Paris; il n'a pu voir que
ce qui s'y trouvait, à savoir l'abrégé mentionné plus
haut et quelques notes mais il n'a pas connu le do-
cument que nous publions.

Singulière préoccupation d'un esprit prévenu par
ses propres découvertes Guhrauer a écrit deux vo-
lumes sur ce projet d'expédition d'Égypte, et sa con-
clusion est celle-ci « Je crois avoir irrévocablement
démontré que le mémoire en latin de Leibniz dé-
couvert l'an passé dans la bibliothèque de l'Institut,
que l'Académie entière a considéré comme le grand
mémoire à Louis XIV, opinion que M. Mignet a sou-
tenue dans l'analyse de mon mémoire, est au con-
traire un mémoire de Leibniz à l'électeur de Mayence,
Jean-Philippe. Or c'est précisément le contraire
ce mémoire est bien réellement un abrégé qui fut en-
voyé à Louis XIV, mais n'est nullement le grand mé-
moire dont il est question plus haut. En revanche,
ce grand mémoire, inconnu de Guhrauer, est bien
réellement sous la forme d'une lettre à Sa Majesté
le roi de France, et n'est pas adressé à l'électeur de
Mayence. Mais Guhrauer est tellement sous l'in-
fluence d'une idée fixe, qu'elle résiste aux preuves les
plus convaincantes. Il cite les paroles et les extraits
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