DE L'ÉGYPTE. 1 dcpuis,ricu n'est changé, si ce n'est que leurs mœurs sont devenues plus sauvages; les gouverneurs s'opposent eux-mêmes cc qu'ils deviennent Turcs, comme le proposaient quelques-uns, de peur de voir diminuer les revenus. A la bataifle d'Agra, la nouvelle s'étant répandue que les Turcs avaient été battus, aussitôt les Albanais, Épirotes et Illyriens crièrent Aux armes! La Transylvanie, la Va- lachie, la Moldavie et la Géorgie ont pour chefs des chrétiens. Les sangiaks, ou gouverneurs, du Kurdistan, sont chrétiens. Qu'on se rappelle ce que le roi de Portugal écrivait à Ximénès, des chrétiens soumis au soudan d'Egypte, qui étaient prêts à tout dès qu'ils ver- raient briller nos armes dans leurs parages. On sait que les Maro- nites se sont débarrassés par la force de la domination musul- mane leurs voisins les Druses sont les débris que les chrétiens d'Europe ont laissés de leurs expéditions en Palestine; c'est de leur sang que descendent les émirs de Tyr et de Sidon, aujourd'hui en- core tout disposés à une régénération en faveur de la chrétienté. Et l'un d'eux, l'émir Fécardinn, est venu dans ce dessein jusqu'en Italie, demander aux princes chrétiens lequel serait assez brave pour descendre en Ègypte. Naguère encore un émir des Arabes, peu éloigné, voyant qu'aucun champion ne relevait cette offre, envoya secrètement des présents au roi d'Espagne, ayant bien certaine- ment dans le cœur le projet de se soulever. Plus récemment, un parent et successeur de ce Fécardinn a témoigné aux frères mi- neurs de Jérusalem les dispositions les plus favorables; nous en avons des preuves dignes de t·oi. Nous savons enlin qu'il s'est intro- duit jusque dans le sérail, entre les janissaires et les spahis, une secte semi-ehrélienne, qui, aux yeux des gens prévoyants, doit avec letemps produire d'heureux résultats pour l'humanité, puisque le vrai Dieu commence à régner au milieu de ses ennemis. XVIII. DISSENSIONS DES TUIICS ES ÉGYPTE MÊME. Avant d'abandonner ce chapitre des divisions, il faut que je dise un mot de ces discordes. Le gouvernement de l'Egypte est par- tagé entre douze saugiaks ou beys. Comme il n'était pas facile de l'arracher à d'antiques familles, il est devenu héréditaire. Les heys sont les suzerains des Timariotes quand ces derniers se sentent forts, ils leur suscitent mille petites querelles. Ils n'ont pas