DE L'ÉGYPTE. 17 y. 2 que, sous couleur d'autres motifs, il envoya les plus turbulents se fairetuer à laguerre. Mais il a porté l'Etat à la ruine les ja- nissaires estant la rorce de Cempire. Chose inouïe dans ce pays- là, Coprogli a laissé dans le visir actuel, son fils, un héritier de cette politique, et est parvenu à faire considérer au sultan son salut comme attaché dans cette question à celui de son ministre. C'est à l'ombre du même dessein que celui-ci a obtenu la garde du corps; et il l'a composée d'Albanais, hommes barbares dont il est le com- patriote. Tout cela peut tourner à la perte du grand seigneur lui- même, et la débàcle éclater à l'occasion de la déroute des Turcs en Égypte, On a beaucoup parlé des démêlés du sultan avec sa mère et son frère; mais pour moi je n'ai rien à en dire. Rien n'est plus fré- quent que les révoltes de pachas voyez celles de Gazel, de Zelib, de Calender et de Morabut en Afrique. Nous avons eu de notre temps la fameuse révolte d'Ali, pacha d'Alep, qui le premier arma les Segbans et les Sergiens pour les opposer aux spahis etaux janis- saires. Inchi-Pacha, Felicia-Pacha, et à notre souvenir Ftassan-Pa- cha, ont depuis marché sur ses traces. Il faut noter aussi la révolte du pacha de Babylone; il vient de livrer la ville aux Perses, et un autre, Tauris. Le Géorgien Nehi avait soulevé tous les spahis d'Asie Mineure; il a eu pour imitateur Hassan-Pacha, puis Mortaza, pacha de Babylone. Si Hassan s'y était bien pris, le sultan était perdu, car il était désarmé et ses troupes avaient sur les bras la dernière guerre de Hongrie. Ç'a été jusqu'à ce jour un bien grand bonheur pour la Turquie, que deux pachas ne se soient jamais révoltes ensemble! La raison de cela, c'est qu'ils n'oseraient se communiquer ce qu'ils pensent, et que d'ailleurs aucune amitié véritable ne saurait naître entre des âmes serviles et d'une même trempe. Mais qu'un prince étranges entame avec plusieurs pa- chas à la fois des intelligences, c'est le seul moyen d'allumer l'incendie en même temps sur plusieurs points; ce qui doit né- cessairement avoir lieu lors de l'expédition que j'expose. En effet, aujourd'hui, je ne sais comment, les pachas, dans beaucoup d'en- droits, se sont émancipés. Le pacha de Bassora règne presque en souverain. La Porte a été obligée d'introduire un tiers entre les pachas d'Alep et de Diarbequir. Celui de Cochaba s'est retiré dans les montagnes. Ils commencent à désapprendre cette supers- tition antique et traditionnelle qui portait de pauvres fanatiques à regarder comme un don de béatitude le cordon que le sultan leur envoyait pour s'étrangler. Le pouvoir des pachas est absolu presque partout, et la seule force qui les maintienne est la désolation et la misère des peuples; car le soldat, quand on en lève, n'y peut point