12 PROJET DE CONQUÊTE sables de l'Arabie, par des défilés où 20,000 hommes pourront fer. mer la marche à 100,000, cette voie est impraticable. Rien de plus périlleux qu'une parcille traversée, à cause du vent qui vous aveugle de sable. Il n'y a dans l'année qu'une saison où l'on puisse l'entreprendre; ce temps passé, elle devient impossible jusqu'à son retour. Je ne parle pas d'une autre considération c'est que l'ar- mée chrétienne peut, en s'cmparant des passages voisins de la Sy- rie, près d'Alexandrette, intercepter toute communication de la Syrie et de la Palestine avec l'Asie Mineure, Elle abandonnerait, dans cette supposition, les plus longs et plus difficiles circuits, qui seraient facilement défendus par la Perse; car l'armée turque, pour éviter les déserts et les montagnes, serait forcée de raser son territoire. Que si, pendant cet intervalle, la fleur de la milice turque est occupée en Europe, soit dans la Hongrie, soit avec la Pologne, la France a le temps de s'emparer de l'Égypte. Rien n'est plus lent, en effet, que la marche des Turcs, surtout dans des ré- gions désertes, comme le sont la plupart de leurs États, avec les embarras des ravitaillements d'nn côté, et du transport maritime de l'autre. Mais les forces turques, dispersées dans les provinces orientales, la alésopotamir. la Syrie, la Cappadoce, ont si peu de puissance qu'elles ont beaucoup de peine à les défendre contre les Scythes, les Perses et les Géorgien. Elles ne résisteraient pas à une garnison accourue pour protéger l'Égypte. Peut-être même la Turquie en souffrirait-elle double dommage, d'une part en échouant à l'égard de l'Égypte, et de l'autre en perdant ses pro- vinces dégarnies de défenseurs. Un exemple enfin prouvera qu'il est facile de fermer l'entrée de l'Egypte par terre à l'ennemi le plus puissant. Lorsque Tamerlan, après avoir pris le sultan des Turcs, et soumis l'Asie presque tout entière, se présenta devant cette porte de l'Egypte avec 1,200,000 hommes, 30,000 Mameloncks suf- firent pour le repousser honteusement. XIII. r.A DÉCADENCE DE L'EMPIRE OTTOMAN. Elle est plus prononcée que vulgairement on ne le pense. Cet nrnpire a surtout besoin de force maritime elle lui fait défaut. De jour en jour il se dépeuple, et son commerce s'anéantit. Le corps a beau s'accroître en dimension un vice secret ronge ses en-